Maelthra Magthere

L'école des Dragonniers.
 
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 Retrouvailles [PV Idril] [FINI]

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Morzan Terinfiel
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MessageSujet: Retrouvailles [PV Idril] [FINI]   Dim 22 Juin - 21:52

Mercredi 16 mars, 6h00


Le ciel était brumeux, l'air frais, Morzan, vêtu de son armure, capuchon rabattu, comme toujours, sentait la brise caresser son visage. Il avait parcouru une longue distance pour venir ici, son voyage allait enfin se terminer, mais ses inquiétudes elles, n’étaient pas finies. Il lui avait fallu de nombreux jours avant de parvenir à Maelthra Magthere. Une monture robuste et obéissante lui avait été d'une grande aide. Ils avaient traversé beaucoup de paysages différents, des lieux mornes et sans vie lorsqu'ils sortaient à peine du continent Gwendirien, puis l'environnement s'était modifié, était passé de terrains quelque peu rocheux aux plaines calmes puis aux forêts pleine de vie, où les sources pures se succédaient. Les arrêts avaient été fréquents, les problèmes inexistants. Il avait été prévoyant et avait bien fait. Même s'il était légèrement fatigué, on l'avait porté, alors il ne voyait aucune raison de se plaindre. Le jeune homme avait refusé qu'une garde rapprochée l'accompagne. Les guerriers seraient bien plus utiles sur leurs terres qu'à voyager jours et nuits pour revenir. Morzan se demandait s'il avait fait le bon choix. C'était une des rares fois où il doutait de ses actes. Seul les événements suivants pourront lui dire s'il avait été bon de laisser son peuple. Des pensées, des souvenirs affluèrent dans son esprit, il repensa à son dernier combat. Curieusement, sa blessure à l'épaule n'avait toujours pas cicatrisé. Elle ne lui causait aucun élancement, aucune douleur, mais demeurait visible. Comme si elle voulait rappeler qu'il y avait une marque à cet endroit. Peut-être une blessure qui ne guérirait pas. Le prince se reprit, cela n'était en aucun cas important. La situation requérait toute son attention, pas besoin de se préoccuper d'une simple éraflure.

L'école maintenant en vue, il accéléra l'allure. Les portes de cette dernière passée, il trouva un membre du personnel à qui remettre l'animal. Après s'être assuré que ce dernier aurait les soins et le repos nécessaires, il plongea son regard dans les cieux. Même brumeux, ils demeuraient clairs. Il était tôt, il avait donc toute la journée devant lui. Il ne souhaitait pas voir son statut affiché comme une pancarte sur son front. Autant rester discret, cela ne pourrait lui être que bénéfique. Cette solution prise, il avança d'un pas calme en direction de l'administration, indication qu'il avait demandé auprès de la même personne. Son œuf de dragon l'attendait. Il marcha un instant qui lui sembla très court en vue des idées qui défilait dans sa tête, une toute nouvelle petite chose qui allait prendre place dans la vie de l'Ombre. Il attendit avec un calme et une patience qui lui était naturelle qu'on le reçoive. Il dût s'entretenir longuement avec une personne visiblement haut placé, expliquer la raison de sa venue, sujet qu'il dévia sans mentir pour autant, ses motivations, son engagement. Il ne masqua pas son statut, chose qu'il réservait aux élèves. Au final, on lui remis une sacoche dans laquelle se trouvait le précieux œuf qui lui semblait destiné, ainsi que le nom de la maison où il serait accueilli. On lui donna le nom des préfets -qu'il ne fut pas surpris d'entendre celui d'Idril !-, nombres de renseignements et toutes choses essentielles qu'il y avait à savoir. Il fut congédié d'un un sourire satisfait. Avant de partir il demanda un endroit calme où se poser, hormis sa maison. On lui conseilla le parc et le chemin, point compliqué à retenir, à prendre.

Le grand air lui semblait préférable aux salles fermées, du moins pour l'instant. Il marcha un temps qui lui sembla court avant d'arriver à destination, les idées défilant dans sa tête ne manquaient pas. Il pensa à la princesse amazone, précédemment évoquée, et sut que la première chose à faire serait de l'avertir de sa présence. Il repéra un arbre parmi d'autres et s'assit contre celui-ci. L'herbe était douce, le contact avec les mains du jeune homme n'en était que plus agréable. Après avoir inspiré une grande bouffée d'air, il sortit l'œuf du sac de cuir. Il dégageait une chaleur chaleureuse. Sa coque était cramoisie, comme les vêtements du prince. Il eut du mal à en détacher ses yeux. Il rangea ce dernier, pensant qu'il était meilleur pour le petit être qui logeait à l'intérieur de ne pas rester trop exposé à l'air frais. Il garda le sac serré contre son corps. Voilà une compagnie qui se faisait désirable ! Morzan s'autorisa un sourire sincère, le premier depuis son arrivée. Ses muscles se relâchèrent, il s'affaissa pour un position plus détendue, il était confortablement installé. Sans doute allait-il attendre ici encore un moment, puis trouverait Idril. Ainsi que le réfectoire. Il somnolait à présent, à peine conscient de ce qui l'entourait.


Dernière édition par Morzan Terinfiel le Ven 15 Aoû - 19:35, édité 3 fois (Raison : Changement de date)
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Idril Calafas
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MessageSujet: Re: Retrouvailles [PV Idril] [FINI]   Dim 22 Juin - 23:35

Idril était allongée dans son lit, les yeux grands ouverts, fixant le ciel brumeux à travers la fenêtre. Il y avait déjà bien longtemps qu'elle ne dormait plus. Tout comme ses camarades de chambres. Néanmoins, un silence pesant régnait dans le dortoir où certains lits étaient vides. Leurs propriétaires étaient avec un peu de chance à l'infirmerie ... ou alors, elles étaient tombées lors de la grande bataille. Mais les filles présentes n'avaient pas eu le courage d'imaginer leurs camarades mortes. Idril repoussa les draps et se leva. Elle se dirigea vers la salle de bain, sous les regards mi-perdus, mi-apeurés des autres filles de la maison Kiah'l. La plupart d'entre elles n'étaient pas préparés pour ce genre de choses. D'ailleurs, qui l'était vraiment ?

Idril fit couler de l'eau chaude et s'aspergea le visage. Elle avait vu des horreurs dans son pays. Mais on ne s'habitue pas à voir la Mort prendre ceux que l'on côtoie quotidiennement. Les monstres qu'ils avaient dû combattre étaient effroyables. Ils ne connaissaient ni la peur, ni la douleur. Ils étaient sanguinaires. Ils tuaient sans pitié. La princesse avait vu des élèves et même un professeur se faire sauvagement massacrer. Elle n'avait pas eu le temps de réaliser, bien trop occupée à sauver sa propre vie. Mais en y repensant, elle frémit de tout son corps. Les élèves n'étaient pas des guerriers pour la plupart. La défaite n'aurait pas été bien loin si un coup du sort n'avait pas permis aux occupants de Maelthra Magthere de reprendre le dessus. L'ennemi avait été repoussé. Les oeufs de dragons étaient en sûreté. Oui, mais pour combien de temps ?

Idril, après s'être lavée et habillée d'une robe beige, retourna dans le dortoir. Elle mit sa ceinture à laquelle était fixé le fourreau de son glaive et empoigna sa sacoche pour la passer par dessus son épaule. L'effort fut trop violent, Idril grimaça. La blessure qu'elle avait à la poitrine, malgré les soins prodigieux de l'infirmière Carthana, avait été malmenée durant la bataille et elle s'était donc réveillée, causant quelques tourments à la jeune fille. Sans un regard en arrière, elle sortit du dortoir, puis de la salle commune et commença sa longue traversée des couloirs, pour rejoindre l'entrée du château.

Lorsqu'elle poussa la lourde porte, elle sentit un petit vent frais venir lui fouetter le visage. Elle leva les yeux vers le ciel et espéra que le temps allait se dégager. Il ne manquerait plus qu'il pleuve pour finir de démoraliser les troupes ... L'amazone descendit les escaliers et se dirigea d'un pas déterminé vers les écuries du château. Heureusement, les chevaux avaient pu être mis en sûreté avant l'assaut de l'Alliance. Idril n'aurait sûrement pas supporté de perdre son vieux compagnon, Alzan. Lorsqu'elle fut dans les écuries, l'étalon reconnut immédiatement sa maîtresse et piaffa d'impatience. Elle vint flatter son encolure en lui chuchotant des mots rassurants. Elle lui passa un licol et une longe pour le sortir de son box. La pauvre bête avait dû être particulièrement stressée ces dernières heures ... Se balader lui ferait le plus grand bien. Et à sa cavalière également.

Idril tint la longe fermement et se promena au bord du lac, écoutant la nature s'éveillait comme s'il n'y avait jamais eu de bataille. Le chuchotement du vent, le chant des oiseaux, le bruissement de l'eau ... La jeune fille se perdit dans ses pensées, au fil de ses pas. Alzan était particulièrement docile, ce matin là. Puis, au fur et à mesure de leur promenade, ils revinrent au niveau du parc. A l'ordinaire, il y avait toujours une foule d'élèves qui se reposaient dans le parc. Mais l'heure était plutôt matinale et les récents évènements n'avaient pas dû donner envie à beaucoup de monde de venir se délasser dans les jardins du château. Mais tandis qu'Idril traversait les lieux, Alzan à ses côtés, elle remarqua que quelqu'un était adossé à un arbre, à quelques mètres d'elle. Son coeur fit un bond dans sa poitrine. Se pouvait-il que ... ? Elle s'approcha à pas feutrés. Plus elle s'avançait, plus son coeur s'emballait, plus son visage s'illuminait d'une espèce de joie indescriptible ... Elle lâcha la longe de sa monture qui resta docilement à sa place. Il n'y avait plus de doute possible : c'était bien Morzan qui était adossé contre un arbre. Il semblait dormir. Idril s'agenouilla à ses côtés. Quelques mèches cachaient le visage du jeune homme et l'amazone les repoussa doucement. Un sourire se dessina sur son visage. Ce sourire si particulier que seul Morzan pouvait connaître. Elle posa délicatement une main sur la sienne, se pencha vers son ami et lui chuchota à l'oreille :

Tu m'as manqué.

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Morzan Terinfiel
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MessageSujet: Re: Retrouvailles [PV Idril] [FINI]   Lun 23 Juin - 19:19

Le jeune homme était plongé dans le pays des songes, où se croisent rêves et souvenirs, mirages incertains et formes indéfinies, passé, présent et même futur, où les filaments de notre esprit, que sont en réalité pensées et idées frémissent à chaque respiration, chaque pulsion, et trouvent de nouvelles images à nous communiquer, où les voix que l’on croit entendre parfois ne sont que le revêtement de nos espérances, si fragiles et volatiles, prêtes à prendre la fuite pour une simple complication ou un autre sentiment, toutes au nom de l’espoir. Un espoir faible dont la lumière diminue chaque jour qui passe sans résultats, un espoir courageux qui subsiste dans les cœurs les plus braves, un espoir important qui dicte nos actes et mène notre combat, ce pour quoi on se bat si vaillamment et qui nous fait parfois chuter, ce que la raison n’est pas destinée à comprendre mais l’âme à connaître. Les sentiments. Tous aussi nombreux que différents. Ils changent les êtres à leur envie et causent parfois beaucoup de soucis. Ils donnent aussi le sourire, modifie notre humeur et ne peuvent être manipulés. Seul la raison parvient à s’y opposer. Mais ils sont instables, un éclat, un imprévu peut tout faire basculer. La conscience est tout aussi fragile. Elle flanche parfois lors d’un coup trop profond et ce qui nous entoure disparaît alors dans un abîme ténébreux. A la limite du sommeil et de la somnolence, elle vibre souvent et demeure à l’écoute d’une façon étrange, perçoit bruits et sons qu’elle ne transmet pas forcément au reste du corps. C’est ainsi que les pas d’Idril demeurèrent silencieux pour le prince, seule sa voix, si familière, et le contact chaleureux de sa main le tirèrent de ce demi-sommeil. Et ses yeux, qui s’ouvrirent aussitôt dans un agréable sursaut, tombèrent sur son visage radieux. Il lui rendit son sourire et répondit à ses douces paroles :

-Et toi plus que tu ne l’imagines.


Les temps avaient été plus pénibles pour l’Ombre sans la présence d’Idril, la situation avait empiré et les problèmes s’étaient multipliés, c’était d’ailleurs ce qui le conduisait ici. Une sorte de vide s’était créé autour et à l’intérieur du jeune homme depuis le jour où elle était partie. Et malheureusement, il avait eu besoin de sa compagnie plus que jamais. Il n’y avait pensé qu’inconscient, et s’était occupé de son peuple avec la même passion. Mais il n’était pas du genre à se reposer sur l’épaule de quelqu’un, bien au contraire. C’est vrai que Morzan avait toujours été un garçon qui gardait ses ennuis pour lui-même. Il n’aimait pas qu’on se préoccupe de lui, même s’il était toujours là pour les autres, et que c’était souvent réciproque. Il ne voulait pas inquiéter ses proches, s’il ne trouvait pas ça absolument nécessaire. Il se demandait si elle avait eu quelques problèmes, elle aussi, pendant son séjour à l’école, quand la réponse lui vint visuellement, alors qu’il n’y avait pas prêté attention auparavant.

-Je vois que ta galerie d’art s’est agrandie en mon absence.

Conservant son sourire amusé, il passa un doigt délicat sur la balafre que la princesse avait au visage. Elle commençait à guérir apparemment, c’était une bonne chose. A eux deux ils devaient avoir plus de cicatrices que tous les élèves, mais l’amazone devait sans aucun doute le dépasser. Il lâcha un léger rire en pensant à cela. Les batailles sont rudes, tout le monde le sait, mais peu sont fait pour, heureusement. La vie est cruelle mais vaut la peine d’être vécue. Depuis le temps qu’il connaissait Idril, et il la connaissait probablement mieux que personne, le jeune homme avait appris à déceler certaines choses dans son regard émeraude, pas toutes, car elle était sacrément douée pour cacher ses émotions et ses sentiments, un domaine dans lequel lui-même était plutôt doué, le statut oblige. Et justement, il vit que quelque chose clochait dans son regard, même si la joie s’y lisait amplement, une partie restait sombre, dans son coin. Elle semblait…ailleurs.

-Quelque chose semble te troubler.


Pas la peine de le dissimuler, il la connaissait. Mais si elle se contentait de lui répondre que tout allait bien, Morzan n’insisterait pas. Ce n’était pas son genre. Soit il le découvrirait plus tard, soit elle l’en informerait quand elle le voudrait. Il se redressa quelque peu afin d’être à sa hauteur et attendit calmement qu’elle réponde. Le ciel semblait se couvrir, derrière la brume qui l’abritait, des nuages allaient sans doute se former et la pluie allait peut-être s’y mettre qui sait…
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Idril Calafas
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MessageSujet: Re: Retrouvailles [PV Idril] [FINI]   Mar 24 Juin - 23:02

Aux chuchotements de la princesse amazone, Morzan ouvrit les yeux et sembla perdu l'espace d'une fraction de seconde. Puis, il posa les yeux sur Idril et son visage s'illumina d'un sourire radieux. Lorsqu'il confia que la présence de son amie lui avait manqué plus qu'elle ne l'imaginait, le sourire de cette dernière s'étira à nouveau et la joie se lut dans son regard d'émeraude. Elle était persuadée que Morzan avait dû souffrir de son absence, tout comme elle avait souffert en le quittant. Elle l'aimait d'un amour pur et sincère. Pour certains, ils étaient des amants. Pour d'autres, ils étaient comme des frères et soeurs. Peu importe ce que les autres pensaient de leur relation, Idril n'avait jamais eu peur d'afficher l'affection qu'elle portait au prince des ombres. Certes, en grandissant, ils avaient dû subir les piques de leurs cours respectives, mais leurs parents avaient toujours été favorables à cette amitié. Désormais, Morzan était la seule personne qu'aimait Idril. Elle n'avait plus d'amis, plus de famille. Seulement le prince des Ombres. Et aujourd'hui, puisqu'il était à ses côtés, cela lui suffisait amplement.

Le jeune homme, avec un sourire amusé, parcourut du bout des doigts la cicatrice encore récente qu'elle avait au visage, ponctuant son geste d'une petite touche d'humour. Instinctivement, Idril posa elle aussi le bout de ses doigts sur la blessure, tout en esquissant un timide sourire. Elle commençait à s'habituer à cette balafre qui lui parcourait la joue gauche, même si elle ne donnait pas particulièrement un bel aspect à la jeune femme. Elle renforçait l'impression de froideur et de dureté que donnait l'amazone et cette dernière en avait pleinement conscience. Elle détourna quelques instants le regard pour observer le ciel (mais surtout pour ne pas croiser celui de Morzan), tout en expliquant :

On ne peut pas dire que ce soit l'emplacement idéal pour une telle cicatrice. Ce n'est pas ce qu'il y a de plus joli sur le visage d'une demoiselle ...

Elle replongea à nouveau son regard d'émeraude dans les iris couleur rubis de son ami. Dès leur première rencontre, du haut de ses huit ans, Idril avait été fascinée par l'éclat des pupilles du jeune homme. C'était ce qu'elle préférait dans le physique de son compagnon. Sagesse et bienveillance. Elle avait toujours perçu ces deux traits de la personnalité de l'Ombre à travers son regard de braise. Ils se fixèrent ainsi quelques secondes, sans prononcer un mot, se contentant de la présence de l'autre. Ils l'avaient fait tellement de fois. Ils n'avaient plus besoin de mots pour se comprendre. Et c'est ainsi que Morzan perçut que quelque chose tourmentait la jeune fille. Inutile de démentir : il la connaissait par coeur. Idril se contenta de s'adosser elle aussi à l'arbre et de poser sa tête sur l'épaule de son ami. Elle resta silencieuse quelques secondes, avant d'entamer d'une voix grave :

Nous avons dû faire face à une attaque de l'Alliance dans la nuit de lundi à mardi. Je n'avais jamais vu des monstres tuer aussi sauvagement... Nous avons pu les repousser jusqu'à la forêt où ils ont battu en retraite. Mais tous les élèves n'ont pas pu se relever ...

Depuis que son peuple avait été exterminé, Idril n'avait cessé de culpabiliser. Même si elle vouait une haine sans limite au tyran Bennefoy, le tenant pour responsable, elle ne pouvait s'empêcher de s'approprier une partie des causes de l'anéantissement des siens. Elle n'avait pas pu protéger son peuple. Et hier, une situation similaire s'était produite : elle n'avait pas pu protéger tous les élèves Kiah'l qui étaient sous sa responsabilité. La jeune fille se redressa, ramena ses genoux contre sa poitrine et entoura ses jambes de ses bras. Elle regarda à nouveau Morzan droit dans les yeux. D'une voix douce et avec un sourire charmant, elle murmura :

Je suis heureuse que tu sois là. A mes côtés.

Elle jeta un coup d'oeil vers sa monture et vit qu'Alzan ne s'était pas éloigné. Il broutait paisiblement l'herbe encore humide de rosée. Idril reporta son attention sur son compagnon. Elle réalisa qu'il avait l'air épuisé. Que s'était-il passé en son absence? Morzan avait-il eu des ennuis? Elle lui demanda alors :

Quelles sont les nouvelles du Nord ? Comment se portent les tiens ?

Elle espérait de tout coeur que les Ombres et les autres peuples tenaient encore le coup, même si elle se doutait que le poids de la tyrannie se faisait de plus en plus difficile à supporter. Néanmoins, elle souhaitait vivement que les autres peuples nordiques ne soient pas confrontés au même sort que celui des amazones ...

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MessageSujet: Re: Retrouvailles [PV Idril] [FINI]   Mer 25 Juin - 14:42

Ils existent des liens entre certains individus, des liens particuliers qui peuvent être difficilement rompus par des personnes extérieures à ces derniers. Visibles ou invisibles, qu’importe. Ils demeurent présents et enserrent chaque esprit, chaque pensée, chaque volonté soumis à leurs lois. Les lois de la fraternité, de l’amitié, de l’amour et d’autres encore bien plus complexes rassemblant les trois, ou incluant un être tout autre comme un dragon. Ces liens sont destinés à nous rendre plus forts, à nous préparer aux obstacles qui parsèmeront notre vie. Ces lois, elles, nous brisent, nous font souffrir, déchirent notre âme et remplissent nos cœurs de sentiments nuisibles. La douleur de la séparation, la crainte de la distance, tous ces moments finissent par se produire. Mais les exceptions sont là aussi. Celles qui tiennent même si le chemin qu’elles ont pris s’avère rude. Cela fait maintenant dix ans qu’Idril et Morzan se connaissent, dix ans que leur relation dure. La force physique et morale de chacun forme la force mutuelle qui réside dans ce lien. Un lien qui n’avait fait qu’évoluer, se renforcer au fil du temps, ce dernier n’ayant pu l’éroder. Un lien qui emplissait souvent de motivation, d’acharnement. Un lien qui rendait à la fois les choses faciles et difficiles. Et le jeune homme savait que c’était d’autant plus dur pour la princesse qui n’avait plus que lui à présent. Comment éprouver un autre sentiment que l’amour pour la personne qui nous tient le plus à cœur ? Lire le sens profond de ce mot, ce sentiment qui nous lie, nous attire vers un être, c’est le percevoir sous toutes ses formes et significations. Un lien complexe qui ne peut à lui seul définir deux êtres, mais les rassembler…

Mais le plus effrayant dans une telle relation est de savoir qu’ils sont prêts à tout faire l’un pour l’autre, l’un comme l’autre.

L’Ombre se contenta de sourire aux paroles d’Idril, il suffisait de la connaître pour savoir que cette cicatrice n’atténuait en rien ce qu’elle était vraiment. Emeraudes, rubis, tous deux de précieuses pierres qui se reflétaient en cet instant, semblant se répéter inlassablement. Elle vint ensuite s’adosser à ses côtés et répondit à sa dernière remarque. L’Alliance…le visage du prince s’aggrava. Ainsi ses prévisions s’étaient annoncées justes une nouvelle fois. Il était arrivé trop tard, il l’avait deviné mais n’avait pu venir à temps. Mais il y aurait d’autres batailles, de ça il pouvait en être sûr. Et il serait là pour les mener. La Terreur, l’Alliance, deux mots d’ordinaire si contraires et maintenant assemblés pour le pire. Si les jeunes dragonniers venaient à tomber et le Gwendir se voir dévasté, le règne du tyran, poussé par ses nouveaux renforts, s’étendrait au-delà des frontières, même le reste du monde ne serait pas suffisant pour satisfaire ces deux puissances. Morzan ne pouvait se faire à cette idée, même si ce cauchemar se rapprochait et prenait nettement place dans son esprit. Il ferma un instant les yeux et chassa ces mauvais rêves.

Malheureusement ses lèvres restèrent encore scellées par le silence. Il aurait voulu dire à Idril que ce n’était pas sa faute, il le pensait. Il savait quel poids elle portait en elle, le lourd poids de la culpabilité qui l’envahissait lui aussi, se faisant de plus en plus pesant. Il n’avait pas été là pour sauver son père et les villageois et soldats qui avaient péri sous l’assaut des ennemis. Il n’était pas sûr que l’issue aurait été différente mais au moins il aurait été présent, prêt à donner sa vie pour son peuple. Au lieu de ça il n’avait pu qu’éliminer les fuyards. Sentant l’amazone changer de position, rappelant ainsi sa présence, il se défit de ses regrets instantanément et soutint son regard éclatant. A ses mots il posa une main sur les siennes et agrandit son sourire, faisant ainsi naître une étincelle dans ses propres prunelles. Il lui renvoya ainsi ses paroles, bien qu’elles fussent silencieuses. Il était heureux lui aussi, de pouvoir enfin contempler un visage n’exprimant pas le désespoir, la tristesse muette de ces faces blêmes que ses actes et discours ne pouvaient rassurer, son propre peuple. Alors oui il était d’heureux d’avoir cette lumière à côté de lui qui lui redonnait force et courage. Cette lumière pure et douce dont l’âme vaillante et brave se discernait dans deux pupilles magnifiques où peu de personnes pouvaient puiser une confiance inébranlable. Très peu, à vrai dire une seule. Lui.

Elle détourna le regard et Morzan le suivit, tombant ainsi sur son cheval blanc, Alzan. Il était content de savoir que ce dernier était resté à ses côtés. Et un souvenir revint au jeune homme. C’était le jour où Idril était venu lui présenter son nouveau compagnon. Alors qu’elle préparait son voyage de retour, il s’était approché de l’animal et lui avait demandé en Ancien langage de rester fidèle à la jeune femme, chose qu’elle ignorait encore. Une sorte de promesse qu’il avait tenu, inconsciemment ou non. Morzan l’en remercia mentalement. Il sentit le regard de son amie se poser sur lui et ses questions mirent fin à ses pensées nostalgiques et assombrirent son visage, accentuant ses traits délicats. Il mit un certain moment avant de répondre, douteux des mots qu’il devait employer, de ce qu’il devait dire et dissimuler. Il tenta de se constituer une expression solide, sans démontrer qu’il y avait bien plus que ce qu’il voulait dire. Le visage attristé, il savait qu’elle aurait des doutes concernant ses dires, c’était évident. Elle se demanderait s’il lui disait tout. Mais il ne voulait pas l’inquiéter davantage, elle sortait d’une bataille, et non loin de douter d’elle, c’est de sa propre incertitude et de son désarroi qu’il était inquiet.

-Je ne peux pas te cacher que la situation a quelque peu empiré. Je sais que les Elfes tiennent leurs positions, que les pertes des Nymphes sont nombreuses et qu’elles ont dû céder des terres à l’ennemi. Mon peuple résiste, même si les coups sont nombreux et le moral au plus bas. Récemment, une puissante troupe du tyran a pénétré au sein de mon village. Leur cible était la demeure royale. Nos guerriers les ont anéantis. Peu nombreuses sont les pertes, mais elles ne devraient être. Seulement, le commandant de la horde ne correspondait pas aux ennemis habituels qui servent le traître. C’était un monstre sauvage et sans pitié, venant sans aucun doute de l’Alliance.

Le prince s’arrêta là, Idril n’aurait pas besoin de l’entendre pour deviner ce qui s’ensuivait. Sa voix calme et grave s’était fermée. Il n’avait pas été là durant l’attaque. Comment aurait-il pu lui dire ça ? Que son père avait été empoisonné et qu’il se considérait comme responsable, que lui-même courait peut-être une mort similaire, qu’il allait devenir roi dans une année tout au plus et qu’il ne s’en sentait pas capable ? Qu’il perdait confiance en lui, qu’il voyait son peuple touché par le fléau, et qu’il le contemplait, impuissant. Qu’elle lui avait manquée plus qu’il ne voulait l’admettre et que son moral s’en était vu affaibli. Il doutait, il n’avait jamais autant douté de lui et ne pouvait le dire. Le courage renaissait peu à peu en sa présence, mais la culpabilité est un poison qui ronge bien plus vite que d’autres. Comment dire toutes ces choses qui peinent à sortir. Voir son peuple souffrir est-il aussi pénible que perdre toute famille ?
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Idril Calafas
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MessageSujet: Re: Retrouvailles [PV Idril] [FINI]   Jeu 26 Juin - 19:43

La compagnie de Morzan était le trésor le plus précieux d'Idril. Son sourire. Sa voix. Son odeur. Tout en lui ravissait ses sens, charmait son coeur. Lorsqu'il posa sa main sur les siennes et qu'il lui offrit un sourire tendre, plus rien autour d'eux n'existait pour la princesse amazone. Leurs regards se trouvèrent et ils restèrent ainsi à se contempler, trouvant dans leurs présences respectives tout ce dont il avait besoin. Tout ce dont ils avaient envie. Rien, ni personne n'avait pu briser le lien qui les unissait. Pas même le temps qui amène lassitude et ennui. Bien au contraire, l'amour qu'ils se portaient mutuellement se renforçait au fil des ans. Si Idril avait douté de son compagnon dans les plus sombres instants qu'elle avait vécu à Maelthra Magthere, cela ne s'était jamais produit que lorsqu'elle était au plus bas. Quand elle ne croyait plus en rien. Ni en elle, ni en ses idéaux. Mais aujourd'hui, en voyant Morzan à ses côtés, elle avait honte d'avoir cru qu'il ne viendrait pas la rejoindre. Dans la lueur de ses pupilles de rubis, elle retrouvait l'espoir, mais aussi la détermination qui la caractérisait si bien. Elle retrouvait l'envie de se battre pour celui qu'elle aimait plus que n'importe qui. Elle retrouvait la force de lutter, pour lui.

Idril demanda alors à son ami de lui donner des nouvelles de son pays natal. Le regard de Morzan s'assombrit, sa mine se fit grave. Il ne répondit pas tout de suite, prenant sans doute son temps pour formuler sa réponse. L'amazone attendit avec patience que son compagnon réussisse à lui expliquer ce que visiblement il avait du mal à accepter. D'une voix mélancolique, il commença son pénible récit. Les autres peuples résistaient toujours, même si cela s'avérait de plus en plus difficile. Idril réprima un soupir de soulagement. Si les Nymphes et les Elfes ne cédaient pas, il y avait encore de l'espoir pour sauver ce qui restait du continent nordique. Puis, le ton du jeune homme se fit plus grave. Il parla d'une attaque menée par un monstre, ayant pour cible la demeure royale. Il émit une hypothèse concernant l'appartenance du commandant à l'Alliance. Mais il ne parla pas des dégâts infligés par la troupe. Idril comprit que c'était volontaire et que son compagnon avait des difficultés à en parler. Elle ne voulut pas le brusquer. Alors, non pas par désintérêt, mais par pudeur et compréhension, elle ne demanda rien. Elle répondit seulement à la supposition du prince des Ombres.

Se pourrait-il que le Parjure ait trouvé du soutien auprès de l'Alliance ? Si cela s'avérait être le cas, la situation serait plus grave que nous le pensions. Ne penses-tu pas qu'il s'agissait simplement d'un groupe isolé, et non pas de soldats du tyran ?

Son visage s'était assombri mais pas autant que celui de son compagnon. Son expression reflétait le doute et l'incertitude. Avait-il peur du futur ? Avait-il perdu espoir ? La main droite de la jeune fille vint chercher celle de Morzan et leurs doigts s'entrelacèrent. Elle le contempla à nouveau. En cet instant, il semblait fragile et désemparé. La tristesse qui se lisait dans ses pupilles pourpres poignarda le coeur de la jeune fille. Jamais elle ne l'avait vu ainsi. Que s'était-il passé lors de cette attaque pour qu'il ait perdu l'espoir et l'acharnement qui s'étaient toujours refléter dans son regard ? La petite main froide d'Idril serra plus fort celle de son ami. Il avait dû vivre des instants sinistres depuis qu'elle était partie. Son peuple était oppressé et il devait se sentir impuissant. Idril connaissait bien ce sentiment pour l'avoir ressenti bien avant son compagnon, alors que les siens se faisaient massacrer par l'ennemi. Elle tenta de le réconforter en ces termes :

Ne perds pas espoir, Morzan. Nous réussirons à sauver ton peuple, quoiqu'il nous en coûte. Nous parviendrons à rallier à notre cause les derniers dragonniers. Alors, ne doute plus, je t'en conjure.

Sa petite main gauche était venue caresser la joue de son ami. Si sa présence était tout ce qui faisait son bonheur, sa peine faisait en revanche son tourment. Morzan ne voulait jamais préoccuper son amie avec ses soucis. Idril avait beau lui répéter que c'était inévitable, qu'elle l'aimait trop pour ne pas se soucier de lui, le jeune homme cherchait toujours à lui éviter les ennuis. Cependant, ils se connaissaient désormais trop bien pour pouvoir dissimuler intégralement ce qui les accablait. La princesse aurait aimé pouvoir le réconforter davantage, mais elle ne pouvait faire des promesses qu'elle n'était pas certaine de pouvoir tenir. Le vent se leva soudainement, faisant frémir les branchages et les feuilles des arbres du parc. Puis, le ciel s'obscurcit. Les nuages menaçaient à tout moment de déverser l'eau dont ils étaient emplis. Idril frissonna. Elle était sortie sans se couvrir assez chaudement, ne s'attendant pas à rester au pied d'un arbre pour discuter avec Morzan ... Elle espérait néanmoins qu'il n'allait pas pleuvoir dans l'immédiat.

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MessageSujet: Re: Retrouvailles [PV Idril] [FINI]   Dim 29 Juin - 22:29

Certaines sensations devraient rester enfouies au fond de notre âme, celles qui ne peuvent que nous déplaire, nous décevoir, nous blesser. Tapies à l’intérieur de notre être, elles évoluent, prennent de l’ampleur, deviennent beaucoup plus coriaces à éliminer, tel un vers parasite qui ronge sans arrêt les parois de notre esprit, déversant son poison dans les moindres parties de notre corps. On ne se rend pas forcément compte de leur présence, on les repousse, consciemment, inconsciemment. Et, faute de s’être évaporées, elles déteignent sur notre humeur, qui devient alors maussade, on se voit désagréable envers les autres, dédaigneux, oubliant parfois nos principes, notre objectif. On le perd de vue, puis on se perd soi-même. La situation n’est pas terminée pour autant, la vie n’est pas finie, loin de là, même si cela nous apparaît comme tel. Aussi désespéré que l’on peut être, il ne faut pas croire cette voix ni voir cette image.

Certaines personnes sont présentes, elles aussi, au plus profond de notre âme, celles dont on ne peut se détacher, quoi qu’il se passe, celles qui nous tiennent le plus à cœur. Il arrive qu’on les oublie, lors de sombres moments, périodes que l’on pense éphémère où se renforcent ces mauvaises sensations. Mais lorsqu’on les retrouve, elles nous aident à afficher un sourire que l’on pensait perdu. Il n’y a que dans leurs yeux que la vérité se cache, la vérité sur ce qu’on est vraiment, sur ce qui nous caractérise le mieux, ces idées qui nous définissent, cette personnalité qu’est la nôtre et qui s’éloigne de plus en plus rapidement au fond de nos iris. Ces personnes sont les seules à pouvoir faire disparaître ces sensations, tout comme Idril était la seule personne à pouvoir faire disparaître le doute qui habitait Morzan. La confusion qui embrumait son esprit ne l’avait jamais quitté depuis qu’il avait entreprit son voyage. Maintenant elle semblait lutter contre la présence de la princesse, elle qui pouvait rétablir l’état de l’Ombre, étant donné qu’il ne parvenait pas à se débarrasser de cette incertitude permanente. Alors qu’elle le questionnait à nouveau, tentant de savoir s’il y avait une autre possibilité à ce qu’il venait de dire, ses doigts vinrent se nouer à ceux du jeune homme. Il ne répondit pas immédiatement. Le regard de la jeune femme scrutait intensément le sien, l’examinant de part en part, découvrant cette peine qui s’accrochait à lui. Elle resserra fermement la prise qu’elle avait sur sa main, ce qui fit le même effet qu’une décharge électrique parcourant le corps du prince. Son cœur fit un bond, son esprit aussi. Les paroles qu’ajouta son amie finirent de ramener le prince déterminé qu’il était.

- Tu as raison, Idril. Rien n’est perdu, il y a toujours de l’espoir. Tant que tu seras là, il y en aura.


Sa main libre rejoignit celle qui était posé sur son visage, il la prit doucement, la posa sur son cœur et plongea son regard au fond des émeraudes de l’amazone. Il s’y reflétait clairement. C’était un Morzan qui enrageait contre lui-même de s’être laissé manipuler de cette manière. Manipuler par ces sentiments qui n’étaient pas les siens mais ceux de la majorité de son peuple, ce qui l’accablait énormément, car il n’y pouvait rien. Il avait douté, presque abandonné même. Il s’était montré faible devant son amie, désespéré, et ça, il ne se le pardonnerait pas de si tôt. Elle l’avait fait réagir, seulement parce qu’elle avait été heurté par son humeur si inhabituelle. Il cessa ces pensées coléreuses, il aurait le temps de s’en vouloir plus tard. Pour l’instant il était avec Idril et c’est tout ce qui comptait pour lui. Il répondit donc à sa précédente question, à laquelle il avait déjà mûrement réfléchi.

- Un groupe isolé ? Possible, mais peu probable. Leurs armes étaient similaires ainsi que leurs armures. Et même si c’était une troupe solitaire, que viendrait-elle faire dans les terres du Nord, sachant déjà que l’armée du traître s’y trouve ? Profiter des conflits, peut-être, mais cela n’explique pas la similitude entre ses soldats et ceux qui en faisaient partis.

Il s’autorisa un sourire, ce ton fin, analyseur, stratégique ne pouvait mieux le définir. L’envie de lui raconter tout ce qui c’était passé revint brutalement à l’assaut. Mais il ne pouvait pas. C’était de sa faute si les évènements s’étaient déroulés ainsi, c’était son problème et il y en avait d’autres bien plus importants. Il se résolut cependant à lui dire pourquoi il se sentait fautif, il lui devait bien ça, elle l’avait sorti de cette déprime totale. Seule sa présence suffisait, et il l’en remerciait. Il retint un soupir avant d’annoncer :

- Je n’étais pas là lorsque l’attaque a eu lieu. Je rentrais à peine de la réunion. Je n’ai pu qu’intercepter les survivants.

Il se tut. Ces phrases simples l’emplissaient de culpabilité certes, et il ferait tout pour se rattraper, et surtout respecter la volonté du roi. Son bras droit se crispa subitement, il lui faisait mal. Cela aurait pu passer inaperçu mais son souffle se coupa sur le coup et il lâcha un léger râle. Ses yeux ne purent dissimuler l'éclat surpris qui s'y installa brièvement.
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MessageSujet: Re: Retrouvailles [PV Idril] [FINI]   Mar 1 Juil - 14:19

L'esprit de Morzan semblait perdu dans un brouillard de pensées sinistres. Toute son attitude laissait deviner un profond tourment. Puis soudain, son regard sembla retrouver son éclat d'antan et revint vers celui de la jeune fille. Était le resserrement de l'étreinte de sa main ou ses paroles qui ramenèrent Morzan à la surface ? Sans doute un peu des deux. Il prit entre ses doigts la main qui avait trouvé refuge sur son visage pour l'amener à son coeur, après avoir murmuré quelques douces paroles. Idril lui répondit par un sourire. Tendre et aimant. Celui qu'elle affichait seulement quand il était à ses côtés. Il avait été celui qui l'avait protégé quand le règne des amazones s'était éteint. Il avait prit soin d'elle, à force de patience et d'amour. Il était aujourd'hui sa seule raison de sourire.

Le prince des Ombres répondit finalement à la supposition de son amie, au sujet de la possibilité que l'attaque soit issue d'un groupe isolé. Visiblement, il y avait déjà mûrement réfléchi. Pas très étonnant en réalité. Idril reconnut bien là le caractère de son compagnon : analyseur et vif. Il avait dû retourner sous toutes les coutures les éléments à sa disposition, pour en parvenir à cette conclusion. S'il pensait que l'Alliance et la Terreur agissaient ensemble, il y avait de fortes chances que ce soit le cas. Morzan n'était pas vraiment du genre à lancer des idées saugrenues et sans fondements. Le sourire de l'amazone s'effaça peu à peu pour laisser place à une mine sérieuse, voire grave. La situation était désormais bien plus problématique. Ce n'était pas un ennemi qu'ils auraient à combattre, mais deux. Dans un sens, si l'Alliance était de mèche avec la Terreur, le soutien des Dragonniers était presque assuré. La voix de Morzan résonna à nouveau. Idril n'en eut pas besoin davantage pour comprendre le désarroi qui avait occupé l'esprit de son compagnon jusqu'à présent. Le connaissant, il devait se tenir pour responsable du malheur qu'avait engendré cette attaque. Il n'avait pas été là pour protéger les siens lors du raid et il était évident que le lourd fardeau de la culpabilité pesait sur ses épaules. Mais comment le convaincre qu'il n'y était pour rien ?

Pour la jeune femme, lutter contre les démons de Morzan équivalait à se battre contre ses propres démons intérieurs. Comment pouvait-elle réussir à réconforter quelqu'un qui connaissait les mêmes tourments ? Pour bien des gens, cette épreuve se serait montrée particulièrement périlleuse. Pas pour Idril. Son attachement au prince des Ombres était bien trop sincère et pur pour qu'elle ne tente pas d'arracher les mauvaises pensées de son esprit tourmenté. Les paroles de l'amazone pouvaient paraître creuses, mais elle ne douta pas un instant que son compagnon n'y verrait pas des mots prononcés pour combler un silence qui se faisait trop pesant.

Malgré ce que tu penses, ce n'est pas ta faute. Tu oeuvrais pour le bien de ton peuple d'une autre manière. Le fait est que nous faisons des choix qui nous semblent judicieux sur l'instant présent. Ils peuvent s'avérer justes avec le temps, tout comme ils peuvent être sources de regrets. Mais est-ce en cela que nous pouvons nous juger coupable ? Nous ne pouvons prévoir la tournure des évènements et nous sommes donc obligés d'agir en fonction de ce que nous pensons être le mieux. En cela, tu ne dois pas faire reposer sur tes épaules le poids de la culpabilité.

Idril se tut. Ces paroles pouvaient tout aussi bien s'adresser à elle et elle en était pleinement consciente. Elle se trouva soudain peu crédible. Elle essayait de persuader Morzan d'une chose dont elle n'était même pas convaincue. Néanmoins, elle prit conscience que c'était exactement ce qu'elle avait fait : tenter de protéger les siens, en utilisant les éléments à sa disposition. Elle avait échoué mais en aurait-il était autrement si tel ou tel de ses choix avait été différent ? Pour ajouter un poids à son argumentation, elle continua :

Ni toi, ni moi ne sommes à blâmer.

En sous-entendant qu'elle n'était pas coupable, Idril admettait que sa théorie exposée précédemment été valide. Elle sentit Morzan se crisper et soupirer légèrement de douleur. Il avait dû être lui aussi blessé récemment, même si sa plaie n'était pas visible pour l'amazone. Avec un froncement de sourcils, Idril chercha l'origine de ce râle et ses yeux se posèrent sur le bras de son compagnon qui était tourné de manière peu habituelle. Sans doute pour éviter un autre pic de douleur. La jeune fille demanda alors :

Tu as été blessé ?

Puis avec un sourire en coin, elle pensa à sa précédente remarque. Elle ajouta alors le plus naturellement du monde, comme si leurs blessures respectives n'étaient rien d'important :

Je ne suis donc pas la seule à avoir compléter ma galerie d'art ...

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MessageSujet: Re: Retrouvailles [PV Idril] [FINI]   Jeu 7 Aoû - 18:57

Cacher ses sentiments est une chose qui peut s'avérer difficile, pénible. Certains y parviennent, habitués, d'autres moins, opposés. On tente de les dissimuler pour ne pas causer de torts, ne pas se révéler aux autres, être intouchable, sans failles. C'est une forme de protection pour soi et envers les autres, mais surtout une forme de mensonge. Cacher, mentir, peu de différences à ce niveau-là, mais c'est mieux pour notre conscience de simplement "cacher" plutôt que "mentir". Le résultat est pourtant le même, bien qu'un de ces termes passe plus facilement que l'autre. Mentir à ses proches, c'est se mentir à soi-même en quelque sorte, c'est refouler ses propres émotions, les enterrer profondément par peur de les voir ressurgir soudainement. Ce peut être pour de bonnes raisons, au fond, c'est souvent le cas, non? Sinon il n'y aurait aucune raison de cacher ce que l'on éprouve... Honte? Timidité? Que de sensations faibles et primaires qui ne pourraient résister à la volonté. C'est seulement pour protéger que l'on cache. Oui, cacher ses sentiments est difficile, les reconnaître l'est encore plus. Les accepter, en être conscient, ne pas être ignorant. Un concept particulier à visualiser. Morzan le savait. Il se sentait coupable tout en sachant qu'il ne l'était pas vraiment, mais il lui était impossible de se voir tout autre, de se croire tout autre. Conscient de sa culpabilité, qu'il n'aurait pu en être autrement, c'était une réflexion dans laquelle il évitait de se perdre sous peine de ne pas pouvoir s'en sortir. Les propos de l'amazone ne résonnaient pas creux, toute personne se voulant rassurante et que la culpabilité n'atteignait pas aurait dit les même, avec moins de profondeur certes. De sages paroles étant donné qu'elle aussi portait les stigmates de la culpabilité. Même si elle n'y croyait guère, c'était un bon pas en avant que d'en être conscient.

Et c’est mon rôle de faire en sorte de ne pas vivre avec des regrets.

L'Ombre garda ses pensées silencieuses, il méditait déjà profondément sur ce que son amie venait de dire, du moins jusqu'à ce que son bras le fasse subitement tressaillir. La remarque qui s’ensuivit lui tira un sourire amusé.

En effet.

Les piques amicales qu'ils étaient habitués à se lancer…un point sur lequel ils n'avaient pas changé! Il sentait ainsi sa présence s'intensifier, leurs habitudes communes qui revenaient, petit à petit. Être soi-même était l'une des plus belles choses qu'ils pouvaient s'offrir. C'est comme si elle avait toujours été là à présent, comme si elle jamais n'était partie. C'était l'impression qui envahissait le jeune homme en ce moment, une impression agréable et chaleureuse, qui les entourait tel un halo. Il détourna son regard de la jeune femme et le tourna vers le ciel nuageux. Un large sourire s'étendit sur ses lèvres alors qu'il fermait les yeux et laissait les souvenirs en compagnie d'Idril affluer. Ils étaient nombreux mais le prince ne s’éternisa pas. Le passé appartient au passé, il est bon de garder des souvenirs mais pas de vivre grâce à eux. Ils vivent en nous, et non l’inverse.
Le prince qui demeurait jusque-là muet, prit la parole quand une question qui le ramenait aux autres sujets évoqués lui traversa l’esprit.

Quand penses-tu qu’ils reviendront ?


Elle savait sans aucun doute de qui il parlait. La réalité était évidente, ils allaient revenir. Les troupes de l’Alliance devaient probablement attendre quelque part et reprendre des forces, bien que Morzan pensa qu’ils n’en avaient guère besoin vu leur nombre. Mais c’était en leur avantage et ils devaient en profiter pour trouver une autre stratégie. Oui, ils allaient revenir et le délai ne pouvait qu’être court, sauf changement miraculeux de leurs plans, chose qui ne laissait nul espoir. L’Ombre allait devoir s’entretenir avec les Fondateurs dans les jours à venir, c'était inévitable, il devrait aussi parler aux préfets. Le temps s'annonçait long et difficile, il était là pour un moment, sûrement tant que cette guerre durerait. Ce fut la pluie, grise et morne, qui les avertit des funestes batailles qui se préparaient. Elle tomba sans prévenir, n’épargnant pas les deux amis de son étreinte quelque peu…mouillée. Cheveux et vêtements trempes, Morzan se redressa, tendit une main à Idril tout en conservant son sourire, point déprimé par les gouttes qui glissaient le long de son visage et annonça d’un ton teintée d’ironie :

Nous ferions mieux de rentrer nous abriter. Je ne voudrai pas que tu attrapes froid…
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MessageSujet: Re: Retrouvailles [PV Idril] [FINI]   Dim 10 Aoû - 18:19

Le temps qui avait séparé les deux amis n'avait en rien affaibli cette complicité inhérente à leur relation. Compassion et tendresse, mêlées à une dose d'espièglerie. Tel était le rapport qu'ils entretenaient depuis des années. Inflexible et immuable. Le temps passé n'avait pas réussi à effriter cette amitié qui semblait destinée à ne jamais pouvoir être brisée. La joie provoquée par leurs retrouvailles en était le plus bel exemple, sans doute. Morzan ne s'attarda pas sur la remarque d'Idril, concernant sa blessure. Lorsque le Prince des Ombres regarda en direction du ciel, la jeune femme ne put que l'imiter. Le ciel s'obscurcissait à vue d'oeil. Elle reporta à nouveau son attention sur son compagnon et put voir un sourire s'étirer sur son doux visage. L'amazone sourit alors à son tour, heureuse de pouvoir contempler les traits familiers de son ami. Le silence s'imposa à nouveau quelques instants, jusqu'à ce que Morzan reprenne la parole d'une voix sérieuse et grave. La question n'était pas nouvelle pour la jeune femme, qui se l'était posé cette nuit, quand elle n'avait réussi à trouver le sommeil. Son expression se durcit à nouveau, tandis qu'elle reprenait la discussion :

J'ignore combien de temps s'écoulera avant la prochaine attaque de l'Alliance. Je ne pense pas me tromper en affirmant qu'ils vont reformer leurs rangs, en fonction d'une nouvelle stratégie. Je crois qu'ils ne s'attendaient pas à une résistance de la part des occupants du château ...


Il était possible qu'on entende plus parler de l'Alliance avant un petit moment. Du moins, c'est ce que la guerrière espérait. Une nouvelle bataille serait rude pour les habitants de Maelthra Magthere. Autant physiquement que moralement. Idril soupira légèrement et ferma les yeux en se calant à l'arbre. Si elle avait pensé que la lutte contre les rangs de l'Alliance n'était pas de son ressort, il en était désormais tout autre. Si ces infâmes créatures cherchaient à s'unir avec le tyran Bennefoy, les vaincre devenait une de ses priorités. Instinctivement, elle glissa sa main dans sa sacoche pour caresser du bout des doigts la coquille chaude de son oeuf. Elle ne pouvait pas véritablement l'expliquer, mais elle sentait une espèce de lien se tisser entre elle et ce petit être qui se cachait derrière la coquille. D'ailleurs, elle était persuadée qu'il naîtrait bientôt. Elle en était profondément convaincue.

Ce fut la pluie qui réveilla ses sens et son esprit. Elle fondit sur les deux compagnons sans qu'ils n'aient eu le temps de l'esquiver. Froide et implacable. Morzan se releva, l'eau ruisselant déjà sur son visage. Il ne cessa d'afficher son sourire, tout en proposant une main pour aider Idril à se relever. Cette dernière attrapa le bras de l'Ombre, souriant à son tour, comme si la pluie n'avait point altéré leur humeur. De nouveau à sa hauteur, elle répliqua à sa proposition :

Toujours aussi protecteur.


Elle aimait parfois le taquiner sur ce trait de caractère, qu'elle aimait particulièrement quoiqu'elle en dise. Sans rien ajouter, elle se mit à courir dans la direction opposée au château, pour retrouver Alzan qui s'était éloigné quelque peu de l'endroit où ils s'étaient installés. Elle ne tarda pas à le retrouver, la monture ayant répondu rapidement aux sifflements de sa maîtresse. Elle se hissa sur son dos et le fit regagner l'endroit où elle s'était tenue quelques instants auparavant avec Morzan. La pluie lui fouettait le corps. Ses longs cheveux blonds étaient désormais trempés et se collaient sur son visage et son cou. Elle n'avait plus vraiment l'air aussi charmant. D'ailleurs, elle esquissa un sourire amusé quand elle vit que son compagnon n'avait plus aussi fière allure que les instants précédents. Sans se départir de son air enjoué, elle tendit un bras vers le prince pour l'inviter à monter derrière elle, tandis que la pluie ne cessait de tomber :

Je vous emmène, mon Prince ?

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MessageSujet: Re: Retrouvailles [PV Idril] [FINI]   Lun 11 Aoû - 0:46

La guerre est un évènement affreux, qui change plus que l’esprit. Elle laisse ses lourdes empreintes, physiques et morales. En plus d’être douloureuse, elle est indéfinie et peut se prolonger pour de longs temps. La bataille qui avait eu lieu la nuit précédente avait dû secouer nombreux de ses participants, et la princesse amazone s’était sans doute installé au premier rang afin de mener les opérations et organiser une résistance de poids. Ils révisaient leur plan à présent, qui savait pour combien de temps et d’après le visage grave d’Idril, mieux valait que ce soit le plus tard possible. Pourtant, une part du jeune homme avait hâte d’en découdre, tapie dans l’Ombre et les rêves. Elle souhaitait prendre sa revanche plus que tout et sommeillait paisiblement au fond de son être. Elle attendait patiemment que son heure vienne, que les combats fassent rage et que la fureur sanglante de la bataille lui donne le pouvoir. Que ses hurlements débordant de haine et de colère se déchaînent sur ses assaillants, que ses griffes mortelles entaillent la chair et les os, qu’elles brisent toute volonté de vivre. Que les ennemis tombent sous ses crocs puissants, que les cadavres s’enchaînent sous ses pas imposants, que son regard meurtrier incarne la Mort elle-même et que le massacre s’ensuive et perdure éternellement. Qu’elle puisse enfin assouvir sa soif de vengeance permanente… Un désir égoïste que le prince barricadait en son fort intérieur, inconsciemment, et incapable de le faire disparaître complètement. Sa raison et son devoir l’emportaient suffisamment et ne laissaient aucune faille à cette envie de carnage, ce fléau destructeur ; pour l’instant du moins. Si précise et maligne, elle étend son emprise d’une marche féline jusqu’au cœur du jeune homme. Morzan se tut, ses idées conformes aux paroles de son amie, il n’avait rien à ajouter.

Quand il se releva, il ne sentit pas immédiatement le poids lourd autour de son cou. Mais quelques secondes suffirent, son sac en bandoulière n’était plus tout léger. Le petit être qui s’y trouvait ne pesait pas sa taille contrairement à son gantelet de griffes, fait d’un métal plus léger. Il devait d’ailleurs le mettre au chaud rapidement, pas sûr qu’il supporte la pluie plus longtemps. Les propos d’Idril qui vinrent s’ajouter aux siens lui rappela qu’il n’en avait pas fini avec elle sur ce sujet-là. Il n’eut pas le temps de riposter qu’elle courait s’enfoncer plus profondément dans le parc. Morzan ne tiqua pas. Il attendit calmement qu’elle revienne, chevauchant adroitement Alzan. Il saisit d’une poigne ferme la main qu’elle lui tendait et monta sur le cheval blanc, derrière la princesse, après avoir donné sa réponse.

Avec plaisir Princesse.


Confortablement installés, ils se dirigèrent tous trois vers les écuries. Ils descendirent de la monture devant un box libre. Morzan, qui se sentait déjà bien alourdi par sa tenue trempe et collante, regarda avec tendresse son amie s’occuper de son compagnon quadrupède. Il attendit patiemment qu’elle ait fini, il ne dit mot et ne proposa pas d’aide, c’était son cheval pas le sien. C’était une forme de respect vis-à-vis d’Idril. Il resta ainsi à la contempler, laissant ses pensées errer dans les recoins de son esprit. Il s’imagina ainsi, tous deux à dos de leur propre dragon, survolant le Gwendir et ses étendues de plaines à l’herbe fraîche et verte, ses paysages chaleureux et son calme serein. Un air qu’il est bon de respirer, revigorant et non suffoquant. Une atmosphère dégagée ni étouffante ni pesante. Il se promit de faire de cette chimère une réalité. L’idée qu’il ne pourrait pas la tenir ne lui vint même pas. Pourtant les temps de guerres étaient bien présents. Le jeune homme lâcha un soupir silencieux. Il sentait approcher le moment où les deux amis allaient devoir se séparer, leurs retrouvailles achevées. Le moment qu’il redoutait. Mais ils ne pouvaient pas rester ensemble toute la journée bien que cela ne lui aurait pas déplu. Il avait quelque chose à faire et ce malheureusement devait être sans la compagnie d’Idril. Il s’approcha d’elle quand elle fut libre et lui demanda, en essuyant sa joue parsemée de fines gouttelettes.

Que comptes-tu faire à présent ?


Il n’attendait pas une réponse particulièrement détaillée, à vrai dire ce n’était pas la question exacte à laquelle il pensait. Il était simplement désireux de savoir quand serait leur prochaine rencontre.
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MessageSujet: Re: Retrouvailles [PV Idril] [FINI]   Mar 12 Aoû - 17:06

Lorsque Morzan se hissa sur le dos d'Alzan, l'esprit de la princesse amazone fut assailli par une foule de souvenirs. De nombreuses fois, ils avaient foulé les terres de leurs royaumes respectifs ainsi installés sur le dos d'une monture, au grand désespoir de leurs parents. Ces instants étaient précieux pour la jeune femme et elle ne douta pas instants qu'ils l'étaient aussi pour son compagnon. Ils étaient le souvenir d'une vie autrefois ponctuée par l'innocence et l'insouciance, bien éloignée de l'existence qu'ils menaient aujourd'hui. La pluie cessa de tomber, comme pour accompagner l'allégresse qui habitait le coeur de l'amazone. Elle savoura pleinement cette petite chevauchée, lui remémorant combien les instants passés avec ceux que l'on aime sont éphémères mais délicieux.

Lorsqu'ils arrivèrent aux écuries, les deux amis mirent à nouveau pieds à terre. Idril emmena Alzan dans un box vide et s'afféra à le panser, tandis que Morzan restait quelque peu en retrait. Tout en lui tournant le dos pour soigner sa monture, la princesse esquissa un sourire. Comme si le temps ne les avait jamais séparés, ils étaient à nouveau réunis pour les petites choses du quotidien. De leur quotidien. Morzan savait que s'occuper de son cheval, cadeau de sa défunte mère, procurait un plaisir particulier à la jeune femme. Elle lui fut tacitement gré de ne pas chercher à l'aider. Lorsqu'elle eut fini de nettoyer son compagnon à quatre pattes et de lui remplir sa mangeoire, Idril revint vers le prince des Ombres. Il s'approcha à son tour et parcourut du bout des doigts la joue de son amie pour faire fuir les dernières gouttes de pluie qui s'étaient attardée sur sa peau diaphane. Il lui demanda ensuite ce qu'elle comptait faire. L'heure de leur séparation était arrivée et Idril aurait préféré passer la journée avec lui plutôt de vaquer à ses occupations habituelles. Mais cela était impossible. Avec un air malicieux, elle répondit :

Je crois que je vais commencer par aller changer de tenue.

Sa robe beige était littéralement trempée et donc, peu confortable à présent. Son programme se résumerait à aller prendre un bain avant d'aller en cours. Elle passerait probablement voir Carthana, si son emploi du temps lui permettait. Elle n'avait pas encore eu l'occasion d'aller discuter avec l'infirmière depuis la grande bataille. La jeune femme devait ressasser de mauvaises pensées et Idril s'inquiétait un peu pour elle. Elle n'en fit cependant pas part à Morzan et préféra se mettre à ses côtés, avant de lui retourner la question :

Et de ton côté, que vas-tu faire ?

La réponse lui semblait évidente, ignorant que son compagnon avait déjà reçu son oeuf et le nom de sa maison. Elle estima qu'il irait certainement régler ces questions administratives et qu'on lui ferait visiter le château. En somme, il aurait le droit à une journée on ne peut plus ennuyeuse. Idril se remémora alors son arrivée en ces lieux et son accueil par la fondatrice Nymphalis. Puis sa rencontre avec le personnage singulier qu'était le fondateur Zaknafein et l'obtention de son oeuf. Non, finalement, cette journée n'avait pas était ennuyeuse. Elle avait découvert avec émerveillement la richesse du château, la splendeur des décors ... Et surtout, elle avait pu apercevoir pour la première fois de son existence de véritables dragons, faits de chairs, de nerfs et d'os. En définitive, elle changea son jugement : Morzan ne passerait sans doute pas une mauvaise journée.

Idril avança jusqu'à la porte des écuries et regarda à l'extérieur. Il était temps pour eux de se séparer, même s'ils ne s'étaient retrouvés que depuis peu. La jeune femme se retourna pour regarder à nouveau Morzan, son sourire nettement moins enjoué que les instants précédents. Avec une petite dose de regrets dans la voix, mais assez bien dissimulée, elle entama :

L'heure de nous quitter approche.

Elle fit quelques pas vers son compagnon et prit ses mains entre les siennes. Elle plongea son regard d'émeraude dans les pupilles vermeilles du jeune homme et resta ainsi quelque seconde à les contempler, fascinée par leur éclat. Puis, se ressaisissant, elle lui demanda :

Retrouvons-nous ce soir, veux-tu ?

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MessageSujet: Re: Retrouvailles [PV Idril] [FINI]   Ven 15 Aoû - 19:34

Bien que le monde soit plein de souffrance, il est aussi plein de victoires. (Helen Keller)
De grandes victoires qui affectent tout un peuple, tout un monde. Des victoires plus profondes et moins visibles mais toutes aussi importantes. Des victoires physiques comme morales. Celles qui remontent notre détermination, celles où naissent les exploits les plus prodigieux et d’où viennent les guerriers les plus valeureux. Un objectif que l’on s’était fixé et qui se voit accompli, c’est une victoire de plus. Une promesse tenue, un rêve réalisé, toutes des victoires personnelles, comme le fait de retrouver une personne qui nous est chère. C’est une victoire aussi de pouvoir la serrer dans ses bras, de lui dire ce qu’on pense, simplement sentir qu’elle est présente, qu’elle n’est pas une illusion sortie de nos rêves remplis d’espoir. L’espoir. C’est une énorme victoire que de le voir s’enflammer à nouveau, briller de multiples éclats et remporter une bataille. L’espoir luisait d’une lumière éclatante dans le cœur de l’Ombre depuis qu’il avait retrouvé Idril. Il lui devait tellement. Qui d’autre mieux qu’elle aurait pu ranimer cette lueur vivace qui logeait habituellement dans les iris du jeune homme…

Passer le reste de sa journée avec la princesse, cela était impossible malheureusement. Il sourit à sa plaisanterie et réfléchit quelques instants afin de formuler la réponse à sa question suivante. Il ne pouvait pas lui annoncer tout bêtement qu’il allait peut-être rendre visite à l’infirmière pour s’enquérir d’informations sur un certain type de poison. Et ce justement car il avait été blessé lors d’un combat qui plus est équitable. A moins qu’il ne demande l’aide d’un professeur ayant quelques connaissances sur ce sujet. Il aurait le temps de s’interroger sur la question plus tard dans la journée. Ce fut d’ailleurs une pensée qui ne quitta son esprit que lorsqu’il se coucha.

- J’ai besoin de repères. Je vais tenter de me familiariser avec les lieux. Je dois aussi passer à l’administration pour ne pas être totalement inculte en ce qui concerne l’école. Il faut que je récupère mon emploi du temps et que je me renseigne pour les cours. Enfin, cela risque d’être une première journée assez chargée…

Sa voix et son sourire doux restèrent immuables lorsqu’il énonça tout ce qui lui était venu à l’esprit. En réalité il avait hâte de découvrir ce que recelaient le château et ses environs, surtout la volière qui s’avérait une destination extrêmement tentante pour le prince. Il comptait l’explorer dans son intégralité, mais savait qu’il n’en aurait certainement pas le temps. La compagnie de la princesse aurait été plus que plaisante mais se morfondre n’arrangerait rien au fait qu’elle resterait de toute manière absente. L’amazone s’éloigna vers l’entrée des écuries et Morzan sentit une pointe de regret lui piquer le cœur. Il acquiesça à ses paroles avec amertume. Elle revint vers lui et enserra ses mains refroidies non seulement par la pluie mais par la tristesse de la voir à nouveau le quitter, même s’il savait que ce n’était que pour une courte durée. Leurs regards se croisèrent à nouveau, comme de nombreuses et ce fut l’amazone qui rompit le silence.

- Je t’attendrai près du lac.

Le jeune homme ferma les yeux lorsqu’elle quitta les écuries.


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