Maelthra Magthere

L'école des Dragonniers.
 
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 Soir de pleine lune. (PV: Idril, Morzan)

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Ëbène Hél'Sinisther
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MessageSujet: Soir de pleine lune. (PV: Idril, Morzan)   Lun 11 Aoû - 0:32



Mercredi 16 mars, 21h


    L'orage menaçait le ciel au dessus de Maelthra Magthere. Les nuages venaient progressivement faire l'invasion du ciel, masquant les étoiles porteuses d'espoir et de réconfort. Pourtant quelques unes des plus brillantes parvenaient à traverser le voile fin de ces nuées sombres, comme pour montrer qu'il y a toujours lieu d'attendre la rédemption. Le lac était paisible, son reflet lisse et sans aucune imperfection apparente. Il semblait garder dans ses eaux un infini de secrets, comme un océan d'arcanes impossibles à dicerner, demeurant fier et mystérieux pour ceux qui venaient flâner à ses côtés. Cela faisait maintenant un jour qu'elle était arrivée à Maelthra Magthere, et Ëbène y était allée, comme tout soir qui se respecte doit être agrémenté d'une promenade au clair de lune. Le bel astre se montrait parfois, sa lumière brisant les ténèbres nuageuses qui tentaient de voiler sa surface ronde. Soir de pleine lune, c'était l'occasion rêvée pour une jeune femme telle qu'elle de mettre à profit ses dons. De plus, comme le lac était désert à cette heure - et elle n'en fut pas surprise en arrivant - il lui était fort agréable de penser qu'elle pouvait être tranquille à pratiquer sa magie.

    Elle s'installa près de la rive, songeuse comme toujours, et plongea son regard de nacre à travers la surface des eaux mystérieuses, perçant son silence avec des yeux comparables à des lames. Lovée contre la mousse d'un chêne planté au bord de l'étang, elle ferma ses yeux, doucement, appréciant l'odeur de la nature et l'obscurité de la nuit. La nuit... Ëbène la comparait souvent à sa mère elle-même, porteuse de réconfort et de complicité, de rêves et de cauchemars qu'elle avait tentés d'oublier. Détentrice de pouvoirs également, puisque ses dons de Nuit Noire étaient décuplés une fois que la nuit tombait.

    Lorsqu'elle ouvrit ses yeux - éternels cristaux de glaciers -, le lac était toujours aussi calme, immuable. Pourtant, à force de méditation, la nécromancienne avait l'impression d'entendre l'eau murmurer, même s'il s'agissait de paroles parfaitement incompréhensibles pour ses nobles oreilles. Elle les écoutait, pourtant, employer ce dialecte étrange et subtil, comme un long charme ou une berceuse qui aurait voulu l'endormir à ses côtés. Ëbène souria, sans trop savoir pourquoi. Lorsqu'elle était seule, elle était bien plus ouverte à elle-même, laissait aller ses émotions. Cela lui était presque impossible en présence d'autrui, tant la confiance qu'elle portait aux autres était infîme. Son dragon était au dessus d'elle, parcourant le ciel non loin de sa chère maîtresse, comme pour l'assurer de sa présence rassurante. C'est son vol qui brisa le silence, le battement de ses ailes. Ëbène souria à l'ombre qui volait majestueusement, heureuse de voir que son dragon avait l'air de se plaire à parcourir de nouveaux espaces. Puis, c'est sa Louve des Glaces qui vint à elle, en tapinois. Elle n'était jamais bien loin d'Ëbène, ceux qui la connaissait le savait parfaitement. La louve au pelage aussi nacré que les yeux de sa maîtresse s'avança vers elle, dans la plus profonde des discrétions, et alla s'allonger à ses côtés, imitant Ëbène en observant la surface du lac et le reflet que la pleine lune y avait. Instinctivement, la nécromancienne la caressa avec amour, et la belle louve vint se nicher sous un pan du long manteau qu'elle portait, aimant se savoir dans ses bras.

    C'était dans ces moments là qu'Ëbène était heureuse, elle appréciait la solitude, peu habituée à une autre compagnie que celle de ses deux créatures. Toute proche du lac, elle plongea un doigt sous la surface plane, créant des ondes bruyantes qui se firent bien vite rattraper par l'un de ses sorts. Les rives du lac se gelèrent lentement, sous le toucher glacial d'Ëbène, qui retira son membre avant qu'il ne soit recouvert lui aussi par un voile de verglas. Puis, elle s'adossa à nouveau contre l'arbre, la louve à ses côtés, son sort rendant l'atmosphère plus froide et plus familière aux nouveaux arrivants.

    Mais alors qu'elle replongeait dans ses songes, elle entendit un bruit, et ses yeux s'ouvrirent subitement.



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Morzan Terinfiel
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MessageSujet: Re: Soir de pleine lune. (PV: Idril, Morzan)   Mar 12 Aoû - 15:42

Un bruit régulier, familier et agréable qu’est celui de l’eau qui se déverse et parsème gouttes et pensées pour l’individu qui sait l’écouter. Claire et pure, froide ou chaude à souhait, elle reflète craintes et sentiments, porte à une réflexion aussi intense que les conseils que pourrait offrir la nuit calme, à l’emprise chaleureuse. Adossé contre le mur froid de la salle des bains, la tête sous le pommeau de douche, les yeux fermés emplis d’un voile ténébreux similaire à celui qui cachait à présent l’astre solaire, l’Ombre se libérait de ses doutes incertains. Il resta un moment dans cette position, à ressentir chaque pulsation, tendant son ouïe jusqu’à définir la tonalité de chacune des gouttelettes, si infime soit-elle. Il finit par quitter cet état sensible à chaque vibration de l’atmosphère. La soirée étant peu avancée, alors qu’il parcourait les couloirs pour revenir à sa chambre, il croisa certains visages qu’il avait déjà aperçu au cours de la journée, mais nombreux lui étaient encore inconnus jusque là. Quelques-uns possédaient les particularités de son peuple, mais aucun n’appartenait aux amazones, ce qui ne l’étonna pas. C’était l’un des peuples qui avait le plus souffert de la guerre contre le tyran et son régime peu démocrate. Rares étaient les survivants et bien que cela l’affectait grandement, Morzan n’était pas celui qui en souffrait le plus. Il regagna le dortoir des Elwing sans un bruit. Il était quasiment vide. La plupart des élèves devaient être en train de dîner, de se rassembler aux bains à moins qu’ils ne tentent de dénicher un coin calme et isolé. Le prince, préférant encore la solitude à la foule, avait jugé bon de venir avant ses compagnons afin de ne pas être dérangé. Bien que l’heure ne soit pas tardive, le ciel avait déjà enfilé une teinte sombre qui lui était propre, de plus, le couvre-feu dû aux précédentes attaques obligeait les élèves à rester dans l’enceinte de l’école, ce qui laissait l’extérieur désert sauf la présence de quelques réticents au règlement.

Morzan avait eu une journée plus ou moins chargée. Après être arrivé et avoir passé un peu de temps en compagnie d’Idril, il avait visité toutes les pièces du château et s’était ainsi fait quelques repères qui pourraient lui être utiles en temps de guerre. La faim lui tiraillant quelque peu les entrailles, il s’était ensuite rendu au réfectoire et avait profité d’un repas complet et revigorant. Puis il avait cherché à se renseigner sur l’école et ses fondateurs et avait donc découvert la richesse que renfermaient la bibliothèque et ses multiples ouvrages. Il avait lu quelques récits concernant son peuple et s’était amusé de voir la différence entre les écrits d’un avis extérieur et la culture qui lui avait été transmise oralement. Les heures s’étaient succédées sans qu’il ne s’en rende compte. L’accueil lui avait paru propice pour recevoir son matériel d’étudiant et surtout son emploi du temps. Il avait fait le tour des enseignants et avait pu placer un nom sur chaque visage. Beaucoup d’entre eux étaient très jeunes, chose à laquelle le jeune homme ne s’attendait pas, de même pour les élèves. Ou peut-être était-ce lui qui était un peu vieux pour prendre des cours. Cette pensée l’avait fait sourire. Il avait attiré plus d’un regard en se baladant équipé de son armure avec sa capuche rabattue. C’est vrai que très peu de personnes portaient de quoi se défendre, visiblement du moins. Tous étaient là pour une raison précise, mais il était sûr qu’aucun n’était là pour la guerre. Il n’avait pas le droit de les embarquer là-dedans mais pourtant, il n’en avait pas le choix. La survie des peuples du Gwendir en dépendaient, peut-être même celle de tous les peuples.

Il laissa ces pensées dans une partie lointaine de son esprit et se concentra sur le sac qu’il avait gardé avec lui depuis le début de la journée et qui attendait maintenant son retour, posé sagement sur le lit du prince. Le jeune homme en retira l’œuf qui séjournait à l’intérieur, s’installa sur le rebord de la fenêtre et l’examina attentivement. La pièce n’était éclairée que par les rayons lunaires et permettait ainsi un sommeil profond aux garçons présents dans le dortoir. Morzan ne fit pas de bruit par respect et se contenta de scruter attentivement le précieux petit être qu’il tenait entre les mains. Le clair de lune reflétait parfaitement les contours légèrement rocailleux de l’œuf. La coquille était brûlante, couleur braise rougeoyante. Mais l’Ombre s’y était habitué. Et il pensait déjà connaître l’élément que son futur compagnon maîtriserait.

L’air semblait calme au dehors. Le prince remit l’œuf dans son sac qu’il rangea sous son oreiller en lui intimant silencieusement de ne pas bouger. Il sortit simplement vêtu d’une tunique sombre brodée de longs motifs dorés ainsi que son épée au côté. Le vent rugissait au loin, le ciel était couvert, il avait plu dans la matinée, pas étonnant que l’air soit frais, mais plus, l’atmosphère était pesante, étouffante…une tempête se préparait. Avec un peu de chance elle épargnerait l’école et ses résidents, dans un élan de bonne volonté. D’un pas leste, Morzan se dirigea vers le lac. Lorsqu’il atteint la rive, un frisson glacial parcourut l’ensemble de ses membres. Le climat s’était nettement rafraîchit. Un bruit particulier attira son attention et le fit lever les yeux. Il perçut les battements d’aile d’un animal, qui devait être suffisamment imposant pour produire un tel son. Probablement un dragon, qu’il discerna au bout de quelques secondes de concentration. Il n’était pas tout seul finalement. L’Ombre continua sa progression son regard parcourant le lac dans les moindres détails. Il tomba sur une jeune femme qui se trouvait à plusieurs mètres de lui. Adossé à un arbre au bord de l’eau, vêtue d’un long manteau, elle semblait attirer le peu de rayons lumineux qu’offrait la lune. Sa chevelure rousse contrastait sublimement avec sa peau d’une blancheur à faire pâlir les morts. Mais son visage demeurait inconnu pour le prince. Encore un. Il identifia l’animal niché à ses côtés. Une Louve des Glaces. Il avait eu l’unique occasion d’en voir une étant petit et c’était un évènement dont on se souvenait toute sa vie. La jeune femme semblait plus jeune que lui. A peine eut-il esquissé un mouvement qu’il sut que sa présence était découverte. Il s’avança prudemment et s’excusa d’une voix douce :

- Je m’excuse pour vous avoir dérangé. On pense toujours être seul par une nuit comme celle-ci.
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Ëbène Hél'Sinisther
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MessageSujet: Re: Soir de pleine lune. (PV: Idril, Morzan)   Mar 12 Aoû - 17:37



    Un mouvement. Un geste. Elle ne se tourna pas tout de suite, à l'entente de ce bruit inconnu. Pas assez discret pour ses oreilles. Le silence fut rompu comme par une lame tranchante et rapide, furtive et insoupçonnable. Mais la nécromancienne resta aussi immuable que la pierre ou la glace des montagnes du Nord.

    - Je m’excuse pour vous avoir dérangé. On pense toujours être seul par une nuit comme celle-ci.

    C'est sa belle louve au pelage de glacier qui tourna sa tête en première vers le nouvel arrivant, lui offrant d'abord un regard méfiant. Puis, percevant les origines du prince comme une effluve qui s'évaporait dans l'air, elle inclina avec noblesse la tête devant l'Ombre, qui, elle le savait, était d'un peuple allié à celui de sa maîtresse. En quelque sorte un signe courtois pour lui signaler qu'elle l'avait accepté. C'était un fait connu et légendaire, les Louves des Glaces étaient des créatures très polies lorqu'elles étaient en présence de quelqu'un qui ne leur paraissait pas hostile, à condition que ce dernier ne leur fasse preuve de politesse. Dans le cas contraire, la louve se voyait contrainte non seulement par notion d'honneur, mais également par fierté, d'abattre sauvagement celui qu'elle avait condamné. Morzan ne fit pas parti de cette catégorie, et la créature lui en avait donné un signe concret, si l'on connaissait la base des mythes qui circulaient autour de ces nobles bêtes du Nord.

    Et ce fut le tour d'Ëbène, d'un geste aussi calme que la surface gelée de l'eau, de tourner son visage vers lui. Elle offrit à Morzan des yeux curieux, ornés de méfiance, analysant sa silhouette à bonne distance. La Nécromancienne fut surprise de ne pas le voir frissonner à la sensation du climat, dont le sort glacial avait fait chuté la température. Les longs cheveux noirs du prince étaient sombres, et ses yeux rougeoyants paraissaient impénétrables, mais elle reconnut après quelques secondes son appartenance au royaume du Nord, et plus particulièrement à la noble caste des Ombres. Sa stature était noble, et sa peau pâle se voyait éclairée par les bienfaits de la lune. Il avait été discret en arrivant ici, mais Ëbène avait pu discerner ses pas dans la pénombre. Après tout, les Nuits Noires étaient un peuple apparenté à celui des Ombres, et certaines facultés s'appliquaient à elles aussi. Morzan resta un instant immobile, renvoyant le regard que lui portait la jeune Amazone. Elle ne le connaissait pas, mais il ne lui paraissait en rien hostile à sa personne. Et même si le sourire d'Ëbène s'était dissipé à son arrivée - réflexe qu'elle avait du mal à contrôler, elle se décida enfin à lui répondre, ayant écarté l'hypothèse du danger.

    - C'est ce que l'on dit, mais la solitude rencontre parfois sa soeur lors des nuits de pleines lunes.

    La jeune fille avait prononcé ces mots d'un ton posé, d'une voix aussi énigmatique que douce, regardant à nouveau le lac et ses brides qui s'étaient glacées en plein élan. Elle eut d'ailleurs un léger sourire en voyant comme le froid pouvait enchaîner certains éléments, et comme les ténèbres se mariaient si bien à la couleur du givre. Elle réfléchit dans son esprit. Ce jeune homme, était-il un élève ou bien un professeur ? Elle ne sut trancher entre les deux, tant la sagesse se mélangeait avec sa jeunesse. Mais au fond, cela importait bien peu. Il était là, voilà tout. Et bien qu'elle préférait généralement la solitude, elle se surprit à penser que s'enfermer dans son cocon n'était pas enviable, étant donné la place qu'elle occupait maintenant au sein de Maelthra Magthere. Elle ne put nier dans son fort intérieur être intriguée par ce jeune homme qui avait jugé bon de rompre son habituelle méditation nocturne. Peut-être aurait-elle aimé en savoir plus, mais à sa fâcheuse habitude, elle resta froide et distante, comme avec tout inconnu qui se présentait à elle. C'était une manie qui l'agaçait parfois, sans nul doute dûe aux ravages et aux stigmates que la guerre avaient creusés en elle, rongeant la confiance qu'elle était susceptible de vouer aux autres. La race des Amazones avaient été l'une des plus bafouées durant la dictature, et Ëbène en gardait un souvenir dévastateur, une blessure qui ne pourrait plus jamais se refermer. Elle ferma un instant les yeux en y repensant, sans se rendre compte qu'elle serra les poings jusqu'à faire saigner la paume de l'une de ses mains, à la fois envahie par la haine et son désir acharné de vengeance. Bien entendu, la tristesse se maria bientôt à sa colère, mais elle se retint formellement de laisser paraître une larme porteuse de cette dernière émotion, la perçevant comme une faille dangereuse à son bouclier de glace. Aussi, elle les ravala et les enferma au plus profond d'elle, légèrement craintive du fait que Morzan pu se rendre compte qu'elle les contenait - même si son adresse était surprenante. Sa sensibilité... Jamais Ëbène ne l'aurait laissée paraître à quelqu'un qu'elle ne connaissait pas. Seuls son père Fröst et ses deux compagnons animaux avaient le pouvoir de la voir gagnée par ce genre de faiblesse.

    Elle hésita à proposer au prince de se joindre à elle dans ses méditations, et tenta de reprendre ses esprits, l'esprit embrumé en quelques secondes par les souvenirs de la guerre. Ce n'était pas le moment de se laisser aller à ce genre de tentation. Mais après tout, en tant d'Ombre, peut être avait-il lui aussi quelques vestiges de cette dictature destructrice... L'Amazone tourna à nouveau ses yeux vers lui, en même temps que sa belle louve, dont le pelage était désormais porteur du sang vif qu'Ëbène avait négligé de voir. Lorsqu'enfin elle s'en rendit compte, elle mit sa main saignante dessus, essayant de masquer une nouvelle marque qu'un simple souvenir de guerre avait encore une fois laissé sur elle...




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Morzan Terinfiel
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MessageSujet: Re: Soir de pleine lune. (PV: Idril, Morzan)   Mar 12 Aoû - 21:14

Certains êtres sont très semblables aux humains. Certains animaux sont très semblables aux humains. Les liens qui unissent les humains entre eux sont similaires à ceux qui les relient aux animaux, plus qu’on ne le pense, bien plus. Les êtres qui nous sont chers sont comme une partie de nous même. Cela en est de même pour les animaux les plus intelligents, les plus sensibles à ce qui les entoure et les plus majestueux. Ce sont les plus rares, tout droit sortis des légendes anciennes contées par de nombreux peuples, mais aussi ceux qui nous on été accordé par nos proches. Lorsqu’on se trouve en compagnie d’un humain et de sa moitié animale, c’est aux deux êtres que l’on s’adresse, car il n’y en a qu’un seul en réalité. Ce lien diffère quelque peu et pas vraiment, cela dépend de quelle manière on l’aborde. Les liens entre les humains sont bien plus fragiles et instables que ceux avec les animaux. De même ces derniers sont plus agressifs et protecteurs, ils en deviennent plus vite dangereux pour ceux qu’ils jugent inconnus. Morzan gardait donc en vue aussi bien la jeune femme que la Louve des Glaces. C’est elle qui dévisagea le jeune homme en premier. Il se laissa détailler par de profonds iris mauves, chose peu commune qui n’arrivait que s’il le désirait. Il était loin d’être idiot et savait que cela était nécessaire. Aussi quand la Louve inclina la tête, il répondit par le même salut. L’Ombre portait beaucoup d’intérêt aux créatures mythiques qui peuplaient le Gwendir et même tout Veldri, ce n’était pas peu dire. Il contempla la créature avec beaucoup d’attention, son pelage d’un blanc pur et ses iris avaient un charme envoûtant. Tout comme l’aura que dégageait la jeune femme à ses côtés. C’était un honneur pour lui d’être ainsi reconnu par une telle créature. Bien sûr ce n’était pas un gamin émerveillé qui se tenait là comme la première fois qu’il avait rencontré une Louve des Glaces, mais un jeune homme d’un calme impassible et empli d’une sagesse peu comparable pour son âge.

Leurs regards se croisèrent et ils s’observèrent mutuellement. Morzan examina un long moment les prunelles de nacre de la jeune femme, d’abord surpris par cette couleur inhabituelle et quelque peu déstabilisante pour quiconque était facilement influençable, puis tentant de discerner ce qui s’y cachait. Elle avait quelque chose de familier. Le prince n’aurait su le déterminer. Elle lui rappelait étrangement son peuple mais il était convaincu qu’elle n’y appartenait pas. En revanche il était certain qu’elle était originaire du Gwendir, la présence de la Louve ne faisait que témoigner cette pensée. De plus le changement d’atmosphère lui était sans doute dû. Cela ne pouvait perturber aucun enfant des Terres du Nord. Elle semblait de grande taille pour une jeune femme et Morzan était en train de se demander si ce n’était pas une guerrière amazone. Il garda cette idée à l’esprit sachant qu’il n’était pas loin de la vérité quand retentit une voix teintée d’une ombre de mystère. Solitude…oui c’était bien le mot qu’il avait trouvé au fond de ses yeux. Un léger sourire naquit tout de même sur son visage, propre aux harmonieuses paroles qui répondaient aux siennes.

- Et elles se plaisent à converser sous le regard d’une eau pure et le reflet d’une lune pâle, assises du haut de la pénombre des cieux.

Elle ferma les yeux et le jeune homme la sut plongée dans de profonds songes. Son esprit se tourna vers le ciel de même que son regard. Il revint sur la jeune femme et l’animal et distingua au clair de lune un liquide rouge s’échapper de sa main et s’étendre sur la fourrure soyeuse de sa compagne. Elle devait être sous l’emprise de douloureux souvenirs pour ne pas s’en apercevoir immédiatement. Même s’il ne le vit pas il sentit leur regard se poser à nouveau sur lui alors qu’il était focalisé sur sa paume sanglante qu’elle tenta de dissimuler vainement. Il détourna les yeux pour les reporter sur le rivage, conscient qu’il ne devait pas faire attention à cette blessure, par politesse pour la jeune femme qui aurait sans doute préféré qu’il ne s’en aperçoive pas. Il attendit avant de réduire les quelques mètres qui les séparait et s’assit en gardant un peu de distance afin de laisser un minimum d’intimité entre elle et la Louve, comme s’il répondait à une invitation silencieuse. Aussitôt, une sensation pesante l’envahit sans l’atteindre pour autant. Elle émanait de la jeune femme telle des bribes de ténèbres chassant tout intrus. La noirceur glaciale qui l’accompagnait était particulière et facilement reconnaissable pour le jeune homme. Cette jeune femme semblait rongée par un sombre désir de vengeance, du moins c’est l’impression que ce sentiment donnait. Il hésitait à prendre la parole mais était pourtant désireux d’en savoir plus sur elle et la cause de son tourment. Sa curiosité venait probablement du fait qu’elle faisait partie des peuples du Nord, ce qui amenait les devoirs et la responsabilité du prince à ressurgir. Et pourtant quelque chose l’incitait à garder le silence. Il pouvait tout aussi bien se contenter de garder ses lèvres closes ou s’éloigner si sa présence dérangeait. Il repensa au dragon qu’il avait aperçu précédemment et en vint rapidement à la conclusion qu’il était lui aussi lié à la jeune femme. C’était un dragon adulte et peu nombreux étaient les élèves qui en possédaient un mature. Elle n’était donc pas n’importe qui pour avoir eu un dragon étant petite. Morzan s’en était douté de part la compagnie dont elle s’entourait et l’assurance imposante qu’elle dégageait. Elle l’intriguait de plus en plus. Il opta finalement pour donner des renseignements sur lui plutôt que de l’embêter avec ses questions.

- Mon nom est Morzan, Morzan Terinfiel.

Un simple moyen de savoir si son hypothèse était vraie, bien qu’il n’en doutait point. La brise se leva, paisible, plus chaude que l’air environnant lui-même. Le prince avait les yeux rivés sur la surface du lac qui lui semblait gelée. Une foule de questions s’accrochait inlassablement à ses pensées et il peinait à les écarter.
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MessageSujet: Re: Soir de pleine lune. (PV: Idril, Morzan)   Mer 13 Aoû - 15:41


    La guerre avait sans doute été l'évènement clé de toute sa vie. De cette certitude, elle en tirait une profonde mélancolie, mais également de fâcheux sentiments qu'elle avait du mal à renier. Colère, vengeance et haine étaient les trois grandes émotions qui s'étaient imposées en elle durant la dictature. Tristesse et nostalgie, du jour funeste où elle avait assisté aux rites funéraires de sa mère. De cette même femme, elle avait hérité la douceur des nuits d'été, la délicatesse des saisons et le calme intérieur. De son père, la rudesse de l'hiver, le froid des montagnes gelées et le tumulte des tempêtes. Forgée à partir des fondements mêmes de son passé, elle en avait tiré un caractère indiscernable et par dessus tout, totalement imprévisible. La douceur... C'était pourtant ce qu'elle préférait en elle, lorsqu'elle se savait aimable et bienveillante. Et pourtant, c'était ce trait de caractère qui était le plus difficile à voir pour les autres, qu'elle se forçait à cacher comme une blessure de guerre derrière un bouclier illusoire.

    Elle fut profondément soulagée de voir que le jeune homme ne prêta pas attention à sa blessure. Mais elle était loin d'être dupe, il l'avait remarquée. Et justement, Ëbène apprécia le fait qu'il l'ignore, perçevant ce geste comme une marque de respect à son égard. Cela l'intrigua encore plus. Tandis qu'il avait tourné les yeux vers l'étendue aquatique, l'amazone l'observa, jettant quelques regards furtifs pour tenter de déceler certains traits de son caractère à travers sa mystérieuse silhouette. Il paraissait calme, très calme, quelqu'un qui savait garder son sang froid avec adresse. Sa louve aussi le détaillait, ses deux iris violacés ne le lâchant pas des yeux. Il devait sans doute le sentir tant ce regard était hypnotique, perçant et profond. Lorsqu'il réduisit l'espace qui le séparait des deux êtres, ils ne tiquèrent pas, calmes comme à leur habitude, aussi impassibles que l'eau telle qu'elle était ce jour là. Il s'était assis non loin d'elles, gardant tout de même une distance respectable. Par politesse, sans doute, et Ëbène en fut presque surprise. Etait-il intimidé ? Non, ce n'était peut être pas ça, juste une notion de courtoisie qui intrigua fortement la nécromancienne. Il hésitait à lui parler, mais elle n'en sut strictement rien, aveugle face à l'impassibilité du jeune homme. A dire vrai, elle ne s'en rendit compte que lorsque le prince lui adressa enfin la parole. Il lui confia son nom, et Ëbène sut qu'il voyait cela comme le début d'une conversation. Elle n'en fut pas gênée, peut-être même au contraire, bien que ce sentiment de solitude perdura dans son fort intérieur.

    "Terinfiel"... pensa t-elle dans son esprit. Elle resta perplexe, n'arrivant plus à se rappeler où elle avait bien pu entendre ce nom. Mais il lui disait quelque chose, elle en était sûre. La nécromancienne resta quelques instants silencieuse, essayant de se remémorer l'instant où elle avait pu écouter la résonnance de ce nom. En vain, cela ne lui revint pas en mémoire. Aussi, elle l'ignora, hésitante, se demandant s'il était bon de répliquer et engager de façon partagée la discution. Lui inspirait-il confiance ? C'était fort possible, et cela la destabilisa quelque peu, n'étant pas habituée à ce genre de sensation vis à vis d'un autre. Loin d'être naïve, cela la poussait à être méfiante. Mais son état d'esprit était parfois très proche de celui de sa louve, aussi quand quelqu'un faisait de telles preuves de respect, cela la poussait à en faire de même. Son lunatisme exacerbé joua en la faveur de Morzan, décidant l'amazone à répondre à ses propres paroles.

    - Et je suis Ëbène, Ëbène Hèl'Sinisther.

    Sa voix douce et mélodieuse contrastait fortement avec la dureté de son regard, qui lui ne quittait pas ses nuances semblables à l'acier, malgré le bon vouloir de leur porteuse. Elle tenta de les chasser, mais rien n'y fit, ses yeux demeurèrent aussi rigoureusement glacés que le lac devant eux. Fort heureusement, les yeux du jeune homme n'étaient pas tournés vers elle à ce moment, et elle s'en réjouit en silence, car son regard était aussi sinistre que le nom qu'elle portait. Se maudissant intérieurement, les deux parties de son être se bataillaient dans un combat réduit au plus incroyable des silences. Pourtant, il était stupéfiant de voir comme elle était calme en surface. Si ses sentiments s'affrontaient dans une lutte acharnée chaque fois qu'un tel moment se présentait, son expression elle, restait curieusement immuable. Rien de ce qui se passait en elle n'aurait pu être vu par un oeil humain, ou tout autre peuple qui n'était pas particulièrement sensible à l'intuition. Le silence s'était installé un instant entre les deux êtres. Sans doute ne savaient-ils pas quoi répliquer. Pourtant, ils paraissaient tout deux en avoir envie.

    La Louve des Glaces, voyant que sa maîtresse avait répondu à l'être de l'ombre, se dit certainement qu'elle non plus ne percevait rien d'hostile, et prit l'initiative de se lever d'à côté d'Ëbène pour se diriger non loin, là où Morzan s'était assit en silence. Après un regard bien plus rapproché de celui du jeune homme - et d'autant plus destabilisant tant la profondeur était abyssale - elle marcha à pas lents vers le lac, fendant la glace des rives avec ses crocs pour regarder son reflet dans l'eau gelée par le verglas. Il lui arrivait de faire cela, des gestes dont seuls les plus érudits pouvaient connaître la signification. Ëbène eut un sourire radieux à la voir ainsi, comme en communion avec les esprits nocturnes ainsi qu'avec la lune refletée sur la glace. L'on disait que les nobles Louves de sa race avaient hérités de pouvoirs divins, mais rares étaient ceux qui connaissaient les enchantements que possédaient ces bêtes nordiques. Ëbène, elle-même, ne savait pas tout du pouvoir dont sa belle prédatrice était détentrice. Aussi, elle l'admirait simplement, tout les soirs depuis qu'on la lui avait confiée, avec passion et émerveillement.

    Les yeux d'Ëbène s'étaient tournés vers la lune ronde, et la lumière dégagée par l'astre rendit la nacre de son regard encore plus éclatante. Elle n'eut pas le reflexe de dire oralement ce qu'elle pensait au jeune homme, trait de caractère qui lui venait de ses origines Nuit Noire. Aussi profita t-elle d'un moment où il tourna de nouveau ses yeux rougeoyants vers elle, inclinant légèrement la tête comme sa louve l'avait fait, lui faisant signe d'approcher si tel était son désir.



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MessageSujet: Re: Soir de pleine lune. (PV: Idril, Morzan)   Jeu 14 Aoû - 23:39

La chaleur que dégageait la cheminée près de laquelle Idril s'était installée eut raison d'elle. Confortablement blottie dans un des fauteuils disposés dans la salle commune des Kiah'l, l'esprit de l'amazone oscillait entre conscience et rêverie, sa tête dodelinant au rythme des crépitements de la flamme vacillante. La lueur du feu se reflétait étrangement sur le visage pâle de la jeune femme, accentuant outre mesure sa dureté habituelle déjà intensifiée par la balafre qui parcourait sa joue gauche. La flamme dansait dans la cheminée, offrant des ombres changeantes sur les traits d'Idril, ce qui donnait l'impression qu'elle était plongée dans un état de réflexion intense. Or, il n'en était rien. Son esprit était libre de divaguer où bon lui semblait, sans être bridé à un sujet de pensées précis. La lassitude avait d'abord envahi son corps, puis petit à petit, elle s'était immiscée dans toutes les parties de son esprit. Le manque de sommeil était sans doute le facteur déclencheur de cet état de somnolence près de la cheminée ... L'amazone s'était sentie vidée de tout courage et de toute volonté, sans qu'aucun évènement particulier ne lui soit arrivé. L'accumulation des soucis avait sans doute atteint son paroxysme et avait eu raison de la princesse.

Un bruit sonore vint cependant la réveiller. Elle sursauta et mit quelques instants à comprendre que le livre qu'elle tenait sur ces genoux avait glissé en raison d'un mouvement un peu trop brusque. Elle quitta le fauteuil et ramassa l'ouvrage pour le remettre dans sa sacoche. Elle se dirigea ensuite vers les dortoirs pour y ranger le manuscrit sous son lit. Elle l'échangea contre son glaive qu'elle ceintura à sa taille. Elle passa un manteau de fourrure sur ses épaules non couvertes par son haut et quitta les dortoirs, puis la salle commune avec une seule idée en tête : retrouver Morzan.

Depuis ce matin, elle n'avait eu qu'une seule envie, celle d'être à nouveau en compagnie du prince des Ombres. Elle sentait monter en elle le poids du manque et savait que les retrouvailles écourtées du matin même y étaient pour quelque chose. Sa présence. Sa voix. Son odeur. Tous ces petits détails facilement oubliés, occultés, mais qui une fois retrouvés, amènent l'envie de retrouver l'être aimé pour le simple fait de sentir prêt de lui. Ils n'avaient pas encore pu parler de tout ce dont ils souhaitaient, pas encore pu rire comme ils le faisaient autrefois. Idril voulait rattraper le temps qui les avait séparé. Elle souhaitait retrouver les petits riens du quotidien qui charmaient tout son être. C'est ainsi qu'elle arriva dans le hall du château, se souvenant qu'ils avaient décidé de se retrouver près du lac. Elle poussa la lourde porte et sortit dans la nuit noire.

L'air était froid et humide, mais au moins, il ne pleuvait pas. La nuit était noire, sans un nuage. Les étoiles brillaient de tout leur éclat, tandis que la lune illuminait les environs de ces rayons blanchâtres. Idril huma l'air et regarda le ciel. C'était une soirée magnifique qui lui rappela les fois où son compagnon et elle sortaient pour observer les joyaux célestes. Elle reporta son attention sur les jardins et se mit en route. Elle traversa d'un pas leste le parc et ses alentours, pour finalement se trouver aux abords du lac. Elle se mit en quête de trouver Morzan, espérant qu'il n'avait pas eu un empêchement. Elle ne tarda pas à apercevoir sa silhouette assise à même le sol observant le lac ... où un fauve semblait se désaltérer. Intriguée, Idril avança à pas feutrés, se demandant si la bête était un compagnon du prince. Elle eut bien vite la réponse à son interrogation, quand elle vit que le jeune homme n'était pas seul. Une autre personne était assise en ces lieux, adossée à un arbre. La lumière offerte par l'astre lunaire permit à l'amazone de voir qu'il s'agissait d'une femme à l'allure jeune mais élégante. Elle s'arrêta en cours de route, hésitant à prendre part à cet échange presque silencieux qui se déroulait sous ces yeux. L'envie de se tenir aux côtés de Morzan était grande, mais elle n'avait pas l'intention de s'immiscer dans ses affaires, de peur de le déranger. Elle ne voulait surtout pas lui imposer sa présence, c'est pourquoi elle décida de rebrousser chemin, le coeur quelque peu lourd. Elle estima cependant qu'il était plus judicieux de les laisser en paix et s'apprêter à partir, quand quelque chose l'en dissuada ...



[ordre de passage : Idril - Morzan - Ebène ?]

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MessageSujet: Re: Soir de pleine lune. (PV: Idril, Morzan)   Sam 16 Aoû - 19:34

Des mirages tremblants, de simples illusions forment les nombreux obstacles qui barrent le chemin sinueux d’une vie. Un parcours semé de silhouettes troubles et d’ombres dansantes aux formes voilées et aux intentions masquées. Le mystère, l’imprévu et l’aventure jonchent les rues pavées d’un destin tortueux. C’est une pente ardue qu’il ne faut cesser de gravir si notre désir n’est autre que d’accéder au sommet. Toujours aller de l’avant, ne pas s’arrêter, ne jamais reculer…il y a des hauts et des bas. Cicatrices, marques, elles sont multiples et rappellent toutes le combat mené, à une condition, qu’on daigne bien les y aider…c’est l’un des rôles de la mémoire. La mémoire est capricieuse et cache ce qu’elle ne souhaite montrer malgré les demandes pour y accéder. Quand Morzan offrit son nom à la jeune femme, le silence qu’elle instaura lui apprit qu’il ne lui était pas totalement étranger… Mais il restait le fragment d’un rêve ressemblant à un souvenir lointain, un souvenir éloigné semblable aux bribes d’un rêve, impossible à déterminer. Elle lui répondit néanmoins en lui donnant le sien. L’Ombre ne sut définir si c’était par simple politesse ou par envie personnelle. Ëbène Hèl’Sinisther. Un nom qui lui apparaissait comme taché d’un lourd passé. Tant de dureté qui caractérisait son visage, c’en était presque impossible de lui donner un timbre de voix si suave. La rigueur, la solitude, une épaisse carapace qui se constitue et se renforce au fil du temps et de ses douloureuses épreuves. Elle en était pourvue et elle seule, hormis ses plus fidèles compagnons, en savait la raison. Chose qu’elle ne semblait pas prête à donner. Il en était conscient, la solitude avait été l’une de ses faiblesses il n’y a pas si longtemps, lorsqu’Idril était partie pour Maelthra Magthere.

Une présence interrompit le fil de ses pensées. La Louve des Glaces s’était levée et s’approchait du prince d’un pas souple et inaudible, elle aurait pu léviter à quelques centimètres du sol que la différence ne se serait pas faite sentir. Elle l’examina une nouvelle fois mais Morzan, qui avait détourné la tête vers elle, n’y prêta pas attention plus d’une seconde et la laissa opérer à son gré. Son regard retomba sur la surface cristalline du lac. La fine couche de gel qui le recouvrait ne semblait pas naturelle et scintillait d’une curieuse manière. Comme si les étoiles elles-mêmes étaient descendues du ciel pour venir délicatement se poser sur cette étendue de givre. La Louve vint perturber cet équilibre invisible. Elle s’empara de la beauté des lieux, fendit l’air et la glace d’un mouvement harmonieux et contempla son reflet donné par la pureté des cieux. Le jeune homme ne put que rester cois devant ce magnifique spectacle, un air admiratif peint sur ses traits sereins. Il se tourna vers Ëbène afin de découvrir son expression qui, il l’espérait, ne pouvait rester aussi dure devant une telle somptuosité. Elle avait sans doute l’habitude de voir sa compagne se fondre dans les éléments nocturnes. En revenant sur la Louve, Morzan songea que jamais il ne se lasserait d’un pareil émerveillement. Un éclat lunaire étincelait au fond des rubis du jeune homme, il ne manquait plus qu’une personne pour combler cet instant unique.

Une sensation particulière déferla en lui comme un torrent de chaleur bienfaisant et le saisit au cœur d’une main délicate. Une odeur précise l’imprégna rapidement et ravit ses sens. Une présence proche, à portée de voix, un manque et une envie identiques, Idril. Il savait qu’elle était là, tout son être réagissait à son approche. Elle s’était arrêtée et semblait hésiter à le rejoindre. Etait-ce la présence d’Ëbène qui la gênait au point de penser qu’elle le dérangeait ? C’est vrai, Morzan n’aimait pas être dérangé lorsqu’il était occupé. Il aimait être au calme et le rester. Mais s’il y avait bien une personne qui ne le dérangeait et qui ne le dérangerait jamais, c’était la princesse amazone. Et il n’y en avait qu’une. Le manque avait été constant toute la journée, et maintenant, ils pouvaient se retrouver. C’était la seule chose qu’il souhaitait. Un sourire naquit sur ses lèvres, sans qu’il en soit pleinement conscient, elle était venue, il n’en avait pas douté un instant mais la satisfaction de la savoir présente était plus forte que toute autre. Elle allait ainsi pouvoir rencontrer Ëbène. Le prince était sûr qu’elles pouvaient avoir des choses intéressantes à se dire, surtout si cette dernière était une amazone. Et la Louve des Glaces ne ferait que lui rappeler la richesse et la beauté de la plus rare faune du Gwendir. Puisqu’Idril hésitait à se joindre à eux, il allait devoir l’y inciter. De plus, il se devait de fournir une explication sur la raison de sa présence à la jeune femme, cela lui semblait plus poli et respectueux de sa part. Il reprit son sérieux tout en conservant une lueur de joie dissimulée au creux de ses iris. Il se tourna vers elle, plongea son regard grenas dans le sien qui semblait renfermer l’étendue de la puissance et le charme des neiges du Nord.

-J’attends une certaine personne, j’espère que cela ne vous dérange point. Elle ne devrait pas être très loin d’ici, à vrai dire, je pense qu’elle est toute proche.
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MessageSujet: Re: Soir de pleine lune. (PV: Idril, Morzan)   Sam 16 Aoû - 21:38


    Celui qui s'était présenté sous le nom de Morzan semblait s'enfermer lentement dans un songe, alors qu'il observait la belle prédatrice d'Ëbène se ressourcer près du lac. La magie qu'elle dégageait lui semblait conférée par la lune elle-même, qui faisait tendre la lumière de son poil jusqu'à la profondeur de sa propre lueur. Puis, quelque chose parut envahir le jeune homme. Ëbène n'en sut ni le fond ni la forme, si ce n'est qu'il paraissait rêver dans son fort intérieur, prit d'un coup par une sensation de chaleur et de bienfait. La nécromancienne resta perplexe un moment, se demandant ce qu'il pouvait bien ressentir. La Louve des Glaces releva sa tête d'un geste fulgurant, puis se retourna vers les deux êtres, fixant leurs arrières avec méfiance. Ses iris flamboyants décelèrent bien rapidement leur cible, une jeune fille qui se tenait non loin, apparement hésitante de venir troubler la paix qui s'était instaurée près du lac. La Louve parut même esquisser un léger grognement, afin d'avertir sa maîtresse de cette nouvelle visite. Ëbène adressa un regard à son animal, qui revint vers elle en silence, gardant toutefois ses iris rivés sur la jeune fille. L'amazone nocturne lui offrit un sourire, témoignant qu'elle l'avait sentie elle aussi. Le prince tourna ses yeux peints d'un rouge vif vers elle. Et lorsqu'elle entendit les paroles de Morzan, cela ne fit que confirmer ce qu'elle avait d'emblée deviné : Cette nouvelle arrivée n'était pas néfaste.

    - Soit. Elle ne me dérangera pas.

    Avait-elle répondu d'une voix toujours aussi douce, ayant senti cette arrivée bien avant la question du jeune homme. Elle avait prononcé ce qualificatif féminin avec assurance, sachant pertinement que c'était une femme qui se tenait derrière eux, à attendre une invitation concrète. Terinfiel... Terinfiel... Oui, voilà, elle se rappellait. La lignée royale des Ombres portait ce nom. Elle s'étonna elle-même de l'avoir oublié, mais n'en laissa rien paraître, secrète comme toujours. Il en avait toujours été ainsi pour Ëbène, le roi n'avait pas plus de valeur que l'un de ses sujets, si ce n'est qu'elle appréciait chez ces représentants la vaillance que l'on retrouvait parfois dans leur coeur, l'une des plus fortes valeurs du souverain. Aussi, elle n'en fut pas particulièrement affectée, et n'en tint aucun étonnement. Il lui était apparut aussi sobre qu'il lui paraissait maintenant qu'elle se souvenait du sens de son appellation. Le rang assigné à quelque chose n'a aucune importance en soi, c'est ce à partir de quoi un être est façonné qui lui donne toute sa valeur. Alors, si le coeur d'un souverain en était dénué, c'était simple, il ne vallait rien. Il aurait été bien trop aisé d'être supérieur sous prétexte d'être descendant d'une lignée dont le devoir était de guider un peuple, puisque certains rois étaient tout simplement des parjures, des traîtres et des moins que rien. Ëbène ne pensait pas du tout à Morzan en tant qu'exemple, mais à ces tyrans imbéciles qui s'emparaient du pouvoir par la traîtrise et la malfaisance, réduisant les peuples à l'esclavage et au silence ! Voilà pourquoi, pour l'humble nécromancienne, le titre de roi ne voulait absolument rien dire. Elle repensa à ce vaurien qui s'était emparé de sa terre natale, avait réduit les nobles peuples qui y avaient vécus durant des siècles à des fins atroces, les forçant à une fuite humiliante... sous la sordide menace de la peine capitale. Ëbène garda son calme, sachant que l'être qui s'était joint à elle dans ses méditations n'était sans doute pas ainsi - c'est ce qu'elle avait ressenti, ni la jeune fille qui allait bientôt se joindre à eux.

    La Louve des Glaces revint s'allonger près de l'amazone, réclamant l'affection qu'Ëbène ne tarda pas à lui offrir par quelques douces caresses. Elle attendit patiemment que la jeune fille du Nord - même si elle ne le savait pas encore - ne se décide à venir jusqu'à eux, un léger sourire parant ses lèvres, sans raison qui ne lui vienne à l'esprit. Cette nouvelle forme de compagnie avait l'air de ne pas lui déplaire, elle qui avait toujours été seule avec son passé. Elle pensait à toutes les choses qui allaient arriver maintenant qu'elle était à Maelthra Magthere, et c'était sans doute cela qui la faisait sourire. Un nouveau départ, en quelque sorte, mais toujours avec les douleurs dûes aux séquelles de la guerre du Gwendir. Et même si cela lui faisait mal, elle tenait bien évidemment à garder toutes ses douleurs, car c'était cela qui animait sa soif de vengeance, qui, un jour, lui apporterait la rédemption. Elle s'était jurée de retourner un jour dans les terres du Nord pour faire partie de ceux qui metteraient fin à cette infâme dictature, et ce jour là, elle était confiante, voyant déjà une victoire merveilleuse se dessiner derrière ses yeux clos. Une harmonie étrange planait dans l'air, et la nécromancienne avait fermés ses yeux de cristal pour mieux sentir la paix qui régnait en ces lieux nouveaux.

    - Qu'elle ne soit intimidée par ma présence, je ne suis pas aussi sombre que le laisse apparaître mon apparence.


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MessageSujet: Re: Soir de pleine lune. (PV: Idril, Morzan)   Dim 17 Aoû - 20:45

La jeune femme se tenait à peine à quelques pas du prince des Ombres et de celle qui l'accompagnait, si bien que lorsque la voix grave mais mélodieuse de Morzan s'éleva à nouveau, elle put distinctement saisir l'intégralité de ses paroles. Ces dernières firent naître un franche sourire sur le visage habituellement impassible de l'amazone. Elle estima que son ami avait dû sentir sa présence en ces lieux, ainsi que son hésitation, pour avoir formulé indirectement une invitation à venir le rejoindre. Reprenant sa route vers les deux jeunes gens, Idril put voir le fauve montrer une légère réticence à sa venue, un grognement peu vif mais bel et bien présent, avant de retourner auprès de celle qui devait être sa maîtresse. Cette dernière sembla encourager Idril à se joindre à eux, comme si elle savait qu'elle n'était pas loin. Or, s'il y avait bien un trait de caractère non présent chez la jeune femme, c'était la timidité, l'appréhension. La remarque la fit également sourire, mais elle ne décida pas de s'introduire auprès d'eux en relevant les propos de la jeune femme. Elle s'approcha d'un pas lourd mais leste, ne cherchant plus à dissimuler sa présence aux oreilles de ses futurs interlocuteurs.

Elle vint se mettre aux côtés du prince des Ombres, répondant à sa précédente remarque par un effleurement de sa joue par le bout de ses doigts engourdis par le froid. Son attention était cependant pour la jeune femme qui se tenait non loin de là, caressant ce qu'elle reconnut enfin comme une Louve des Glaces. Animal originaire du Gwendir, Idril n'avait tout de même jamais eu l'occasion d'en observer une, si ce n'est dans les livres. Lorsqu'ils étaient enfants et qu'ils étudiaient ensemble les créatures gwendiriennes, la jeune femme se souvint que Morzan lui racontait qu'il avait eu l'immense honneur de voir un de ces fabuleux êtres. Il était si heureux, enthousiaste et fier de cette rencontre que la petite princesse avait imaginé que ces animaux devaient être réellement extraordinaires. Et celle qui se tenait près de la jeune femme adossée à l'arbre ne devait pas faire exception ... Sa maîtresse quant à elle, semblait sereine. Son visage était impassible et ses émotions semblaient impénétrables. Elle avait néanmoins dans son physique quelque chose qui rappelait la dureté amazone alliée à la sérénité des Ombres. Elle dégageait naturellement une certaine prestance, et ce, sans qu'elle n'ait à bouger ou à parler. Idril décida finalement de rompre le silence :

Je ne souhaitais nullement vous déranger et j'espère que ma présence ne fera ombrage à personne.

Elle termina sa phrase en plongeant son regard d'émeraude dans les iris pourpres de Morzan. Les rayons lunaires leur donnaient un éclat singulier, reflétant davantage la flamme qui y luisait en permanence. La princesse lui adressa un sourire tendre, avant de reporter son attention sur la jeune femme. Elle ne se souvenait pas l'avoir vu auparavant. Était-elle nouvelle, comme le prince des Ombres ? Idril n'aurait su le dire. Elle pouvait très bien être professeur également. Le plus simple était encore de se présenter, ce que fit l'amazone :

Je suis Idril, dernière héritière de la lignée Calafas et princesse amazone des terres nordiques.

Contrairement à Morzan, la jeune femme indiquait clairement son rang dans sa présentation. Non pas pour mettre une barrière entre ses interlocuteurs et elle - ce qui était bien souvent interprété comme tel -, mais bien parce qu'elle était fière de ce qu'elle était. Elle avait hérité du statut de princesse, comme elle avait hérité de son nom et il lui semblait inhérent à ce qu'elle était. Malheureusement, cette information semblait souvent être mal perçue par ceux qui rencontraient la première fois la jeune femme. Alice en été l'exemple le plus récent, ce qui lui avait valu une profonde mésentente avec l'amazone ...

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MessageSujet: Re: Soir de pleine lune. (PV: Idril, Morzan)   Jeu 21 Aoû - 23:18

Le lac était devenu un havre de paix et d’harmonie. Un lieu calme et reculé propice à la méditation et à l’observation. La fraîcheur qui y régnait ramenait de nombreux souvenirs aux yeux du jeune homme. Dorénavant, il viendrait se recueillir ici lorsqu’il aurait besoin de tranquillité, de prendre une décision ou simplement pour se prélasser. Ëbène répondit positivement à sa requête, ce qui le sortit de ses songes mais il lui en fut gré, il sut par ailleurs que la présence d’Idril ne lui était pas inconnue, et ce depuis un moment. Savait-elle qu’il était le Prince des Ombres ? Oui, sans doute et cela ne semblait rien changer à son attitude, et probablement rien non plus pour ses pensées, vis-à-vis de lui. Chose qu’il apprécia, il n’aimait pas être jugé, valorisé ou décrié en fonction de son rang. Car un titre ne fait pas tout, c’est l’homme qui le porte qui fait la différence. Avant d’être un prince il était un Ombre, et avant d’être un Ombre il était un homme. C’était un honneur pour lui que d’être nommé prince et il savait qu’il devait se montrer à la hauteur et avoir suffisamment de mérite pour s’annoncer tel quel et alors pouvoir en être fier. Morzan n’avait pas mentionné son titre par manque de hardiesse et encore moins par honte, seulement parce qu’il ne le jugeait pas nécessaire, parce qu’il était comme les autres ici, un élève. Il n’en demeurait pas moins un prince avec des principes, des convictions, mais c’était un fait pour lui et pour peu d’autres. Suivant les diverses cultures, chaque perception d’un objet, chaque conception d’une pensée, d’un esprit, chaque vision sur le monde, est différente. C’est ce qui fait la beauté d’un peuple. C’est ainsi que l’Ombre voyait les choses.

Un mouvement furtif sur sa gauche. La Louve retournait calmement auprès de sa maîtresse, et Idril fit son apparition. La princesse vint se placer auprès de Morzan. Ils échangèrent un sourire et un bref regard, puis l’un et l’autre tournèrent la tête vers Ëbène. Il savait l’attention de son amie focalisée sur cette dernière. Elle semblait lui avoir fait la même impression qu’à lui, cet étrange et pourtant si habituel sentiment d’appartenance aux Terres nordiques. Les mots se firent absents quelques instants, laissant le temps aux deux jeunes femmes de s’observer mutuellement. Il ne sentit pas totalement concerné par les propos d’Idril qui résonnèrent peu après, même si ses yeux d’émeraude se posèrent sur lui et qu’elle lui offrit un magnifique sourire, auquel il répondit avec plaisir. Ses cheveux semblaient encore plus clairs au clair de lune qu’en plein soleil, ils reposaient paisiblement sur ses épaules ou tombaient dans son dos pour les plus longs. L’Ombre passa une main au travers, ils glissèrent souplement sur celle-ci sans lui opposer une quelconque résistance. Il la retira et laissa l’amazone se présenter. Donc elles ne se connaissaient pas, ce qui l’aurait étonné, mais sans savoir quand Ëbène était arrivée, impossible de savoir qui elle connaissait. Bref, il attendit plusieurs secondes avant de reprendre la parole, à son égard.

- Je m’excuse si ma curiosité vous paraît déplacée, mais j’aimerai savoir de quel peuple êtes-vous originaire ?

Il ne souhaitait pas particulièrement voir le silence s’éterniser et si les conversations allaient peut-être s’avérer manquantes, il préféra s’enquérir d’informations sur la mystérieuse perle de nacre qu’était Ëbène. Si celle-ci était en partie une amazone comme il le pensait, Morzan se demanda si elle serait la première qu’Idril rencontrait depuis que les rares survivantes de sa race avaient fui le continent, depuis qu’elle était arrivée ici.
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MessageSujet: Re: Soir de pleine lune. (PV: Idril, Morzan)   Ven 22 Aoû - 16:08


    L'Amazone Idril vint s'asseoir auprès de Morzan, et Ëbène ouvrit à nouveau ses yeux pour les plonger dans ceux de la nouvelle arrivante. Malgrés leurs nuances toujours aussi froides et glacées - d'autant plus accentuées par leur nacre insensible, son regard semblait s'adoucir face aux iris si familières de ses deux nouvelles connaissances. Elle reconnut immédiatement les origines d'Idril, dans ses yeux comme à travers son apparence générale. Elle la vit observer sa Louve, analysant sans doute la race à laquelle elle la supposait appartenir. Puis, leurs regards se croisèrent, et elles s'observèrent mutuellement de longues secondes. Le silence s'était imposé un moment, jusqu'au moment où Idril cru bon de se présenter. Lorsqu'elle énonça son rang, Ëbène ne tiqua pas le moins du monde, n'accordant aucune importance particulière au statut d'Idril. Elle sentit que souvent la princesse devait se voir accorder le mépris de certains à se présenter ainsi, mais la nécromancienne ne pensait pas de cette manière, parfaitement consciente qu'un rang pouvait être totalement inconciliable à la personne qui le porte. Aussi, elle n'en fut pas gênée, comme pour Morzan lorsqu'elle se souvint à quelle famille appartenait le nom de Terinfiel.

    Sa Louve des Glaces, quant à elle, regardait le lac depuis qu'elle avait regagnée place auprès de sa maîtresse, aussi immobile et sereine que l'eau glacée devant elle. Ëbène était particulièrement fière de sa belle prédatrice, honorée de l'avoir à ses côtés depuis le premier jour où l'on lui avait confiée. Cette race était si surprenante et si mystérieuse qu'il lui semblait la découvrir jour après jour, les secrets cachés dans ses iris violets paraissant ne jamais tarir.

    Quelques secondes après les dernières paroles d'Idril, Morzan reprit la parole, cherchant à mettre un nom sur ce qui l'intriguait. Il demanda des informations sur les origines de la nécromancienne, et cela ne l'étonna pas le moins du monde. Elle avait remarqué - ou plutôt senti - qu'il se posait cette question depuis son arrivée, et savait pertinement qu'il finirait par la lui exposer. Ëbène se redressa du tronc solide de l'arbre, afin d'observer la lune ronde au dessus d'elle, qui lui renvoyait ses doux rayons. Elle ferma ses yeux un court moment, comme ayant entendu un appel à travers le voile fin de la nuit, et les rouvrit, dévisageant l'astre mystérieux teinté d'une lumière profonde et impénétrable. Envoûtée par son halo immaculé, elle ne regarda pas le destinataire tandis qu'elle lui offrait la réponse qu'il attendait.

    - Je suis l'une des dernières Descendantes de la Nuit Noire, et Amazone Nordique des Terres du Gwendir, comme vous le supposiez, j'en suis sûre.

    Elle se surprit à avoir un léger sourire à leur attention, témoignant le fait qu'il était inutile de leur retourner la question. Tous deux étaient originaires des mêmes contrées que la nécromancienne, et ce fait une complicité toutefois presque indiscernable brillait dans les yeux d'Ëbène. Elle aimait les peuples nordiques, ceux dôtés du courage et de la témérité nécéssaires à la survie de leur mémoire, ceux qui n'hésitaient à se battre pour la cause et la survie de leurs races. Evidemment, elle savait que tous n'étaient pas ainsi, mais c'était l'impression qui lui venait de Morzan et d'Idril. Après tout, ils étaient bien venus en ces lieux pour quelque chose, surtout à l'âge qu'ils semblaient détenir. Bien sûr, Ëbène était elle-même très jeune pour être professeur, mais ses incroyables pouvoirs en matière nécromancienne avaient largement dépassés les espérances de cette école. Lorsqu'elle avait dû fuir sa terre natale avec son père, elle avait entendu dire qu'une école de dragonniers s'était édifiée, bien plus loin dans Veldri. Les dragons avaient suscités l'admiration et la fascination d'Ëbène depuis son enfance, depuis les jours lointains où elle jouait avec celui de son père jusqu'à celui où il lui offrit l'oeuf dans lequel avait vécut son bien-aimé Sèvhelsàng. Quand il était sortit, la joie avait été si indescriptible que cela n'avait jamais quitté son esprit, ce bonheur d'avoir un compagnon si mystérieux et si magnifique à la fois. C'est en souvenir de ce merveilleux moment qu'elle décida de venir offrir ses sombres connaissances aux élèves de Maelthra Magthere, les rares qui pourraient vivrent la même joie intense qu'elle. Et lorsqu'elle sut que certains cherchaient à leur nuire, ceux que l'on nommait l'Alliance, son choix fut entièrement scellé. Elle quitta le Gwendir pour venir leur apporter son aide, car même pour elle, les Terres du Nord étaient devenues bien trop dangereuses.

    Ëbène se leva, le silence ayant reprit quelques secondes ses droits, et le brisa d'un coup net, désirant sans doute raviver la conversation peu aisée qu'il y avait entre les trois enfants du Nord.

    - Quelque chose m'intrigue.

    Commença t-elle tandis qu'elle s'approchait du lac. Son long manteau traînait derrière elle, lui offrant une allure indescriptible, pleine de noblesse et de prestance, et le noir de ce vêtement contrastait fortement avec sa peau de glace. Ses cheveux roux détachés couraient le long du velours sombre, arrivant très largement jusqu'au point ou devaient être ses genoux. Ses yeux, profonds et énigmatiques, semblaient perçer férocement la surface figée du lac. Le tatouage noir qui ornait le coin de son oeil gauche brillait à la lumière de la lune, comme animé du pouvoir nocturne naturel des Nuits Noires. Il symbolisait son rang parmis cette noble race apparentée aux Ombres. Elle était l'une des trois Hautes Prêtresses, mais il lui avait parut inutile de le préciser. Les Nuits Noires n'avaient aucune reine, juste ces trois magiciennes, les grandes et seules représentantes du peuple. Ce chiffre avait été choisi en fonction de trois cycles lunaires importants - ceux où leurs dons obscurs se voyaient décuplés - : La Nouvelle Lune, La Pleine Lune et leur phase intermédiaire. Lorsqu'Ëbène parvint près de la rive - qui se gela à nouveau à son approche, recouverte de flocons et de givre - elle reprit à nouveau la parole, terminant sa réplique.

    - Pourquoi êtes-vous venus en ces lieux ? Je sais que la menace pèse de tout son poid dans les nobles Terres Nordiques, mais si vous êtes spécifiquement dans cette école, je suppose que ce n'est pas en vain.

    Lorsqu'elle eut finit, elle se tourna vers eux, plongeant ses yeux de ténèbres et de givre dans les leurs, quelque peu gagnée par l'inquiétude vis-à-vis de ce qu'ils pourraient lui apprendre sur sa bien-aimée terre natale.



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MessageSujet: Re: Soir de pleine lune. (PV: Idril, Morzan)   Dim 24 Aoû - 21:14

Lorsque l'amazone s'installa aux côtés de son ami de longue date, elle se sentit soulagée, rassurée, sans raison apparente. Le simple fait de sentir sa présence devait apaiser ses sens et son esprit. Tandis qu'elle observait sa nouvelle interlocutrice en silence, elle sentit la main de Morzan venir caresser sa chevelure. Elle ne broncha pas et se contenta de rester silencieuse, continuant à porter son regard d'émeraude tantôt sur la Louve, tantôt sur sa compagne humanoïde. Idril se décida finalement à se présenter, indiquant à la fois son nom, son rang et ses origines. Les traits de la jeune femme qui faisait face aux deux amis, restèrent impassibles et la princesse se demanda ce qu'elle pouvait bien penser. Elle ne répondit pas vraiment à son interlocutrice, car elle ne se présenta pas à son tour. Idril se mordit légèrement la lèvre supérieure dans un geste nerveux, pensant que sa présence devait la déranger puisqu'elle ne prenait pas la peine de lui parler directement. Ce fut seulement quand Morzan lui posa une question qu'elle daigna répondre, après quelques instants de mutisme. A l'ordinaire, la princesse aurait réagi au quart de tour, rabrouant celle qui lui faisait face et qui faisait preuve d'une espèce d'impolitesse vexante. Mais elle se contenta d'ignorer la réaction de sa congénère, sans doute parce qu'elle ne voulait pas mettre le prince des Ombres mal à l'aise ...

Ainsi, la jeune femme était elle aussi un enfant du Nord et qui plus est, une descendante des Nuits Noires, peuple mythique apparenté aux Nymphes. D'ailleurs, ne les appelait-on pas les Nymphes des Ombres ? Communauté recluse de femmes, les Nuits Noires ne constituaient pas un peuple à part entière mais nombreuses étaient les légendes qui contaient leurs pouvoirs. Elles étaient parfois les Dames du Soir qui illuminaient les étoiles pour éclairer les routes et protéger les voyageurs. Beaucoup de contes les assimilaient à des déesses mineures envoyées par Nix pour aider les Hommes à voir la Nuit comme un joyau et non comme une source de peur et de malheur. En réalité, Idril n'avait jamais rencontré quelconque représentante de cette caste. Mais elle avait tout de suite perçu des origines amazones dans ses traits. La réponse de son interlocutrice confirma donc son impression et un petit sourire naquit sur les lèvres de la princesse, heureuse de voir que d'autres amazones aient pu fuir la Terreur.

La jeune femme se leva et interrompit le silence qui s'était à nouveau imposé après ses paroles, précisant que quelque chose l'intriguait. Elle s'avança jusqu'au lac, telle une apparition. Idril ne put détacher son regard de cette demi amazone, tant sa beauté était enivrante et sa prestance, imposante. Elle semblait tout droit sortie d'un rêve et se fondait harmonieusement avec le décor nocturne. Sa voix suave résonna à nouveau, sortant Idril d'une impression de torpeur. Elle questionna les deux amis sur les motifs de leur présence à Maelthra Magthere. Lorsqu'elle se retourna vers eux, la princesse nordique put lire dans ses yeux de glace une lueur d'inquiétude. Idril détourna son regard de la jeune femme pour plonger ses yeux dans ceux de Morzan. Devaient-ils révéler leur projet à cette enfant du Nord ? Elle semblait digne de confiance, certes. Mais l'élève Kiah'l se demandait s'il était avisé de raconter trop de choses sur leurs intentions. Leur volonté de rallier les Dragonniers à leur cause n'était pas secrète, bien sûr. Morzan, tout comme elle, avait dû en faire part notamment aux fondateurs. Mais fallait-il également lui dévoiler le soutien de l'Alliance à Bennefoy ? Sachant Morzan plus avisé pour ce genre de choses, Idril se contenta de laisser son ami répondre aux interrogations de la demi amazone.

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Morzan Terinfiel
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MessageSujet: Re: Soir de pleine lune. (PV: Idril, Morzan)   Dim 31 Aoû - 10:31

Les Nuits Noires, de véritables phénix au travers du Gwendir, aussi représentées comme étant les enfants de la lune et de l’ombre. Leurs similitudes avec les peuples nordiques sont multiples mais incomplètes. Plus de récits que de preuves concrètes mentionnent leur existence. Mais il en avait une devant lui, bien réelle, et qui contemplait l’astre lunaire d’un œil émerveillé. Et pour cause, la lune était un mystérieux secret que très peu arrivaient à percer. La Louve des Glaces, postée près de sa maîtresse, semblait s’être complètement désintéressé d’eux pour se plonger à nouveau dans l’immensité abyssale des eaux noires. Un sourire, que le prince des Ombres discerna sous un reflet lumineux. C’était le premier qu’il observait sur les lèvres de la nécromancienne. Elle semblait retourner au fond de ses pensées, alors qu’Idril, près de lui, restait muette après avoir sourit quand à ses origines. Le silence malicieux, qui avait repris place en ces lieux depuis peu, fut chassé aussi rapidement par les paroles d’Ëbène. Elles restèrent en suspens quelques instants, palpables mais insaisissables, tandis que leur propriétaire s’aventurait auprès de la surface bleutée d’un lac assombri, se découpant de l’obscurité de part l’influence qu’elle avait sur l’atmosphère et l’assurance que dégageait l’ensemble de son être. Autant dire qu’elle impressionnait les deux enfants.

Malheureusement, cette lueur d’inquiétude qui traversa son regard ne serait-ce qu’une seconde ne passa pas inaperçue, tellement le contraste avec sa dureté glaciale fut stupéfiant. Et le prince ne pouvait que deviner sa demande. Deux emblèmes des peuples nordiques, réunis dans une école de dragonnier, loin des atrocités de la guerre qui sévit dans les Terres du Nord, mais pour quelle raison un prince ayant encore un peuple et une princesse une cause à défendre, laisseraient-il leurs semblables à des lieues pour venir se battre ici, auprès d’innocents qui n’ont probablement jamais connu la fureur d’une bataille !? Pourquoi ??
La présence d’Idril était nécessaire et avait été approuvée par les dirigeants des autres peuples encore debout face à la Terreur. Mais lui, quelle raison pouvait-il employer ? Celle de la volonté d’un roi mourant ? Une pitoyable excuse qu’il aurait facilement pu contrer, avec la détermination dont il savait pourtant faire preuve. Ce voyage avait été comme une fuite, il avait tenté de se prouver le contraire avec maintes réflexions, mais alors qu’une simple question allait lui être posée, c’est cette image qui obstruait son esprit. Ses responsabilités l’avaient amené à contrecœur, mais la décision d’un souverain ne pouvait être reniée, et qui plus est, s’avérait sans doute plus raisonnable que celle d’un prince, qui manquait de confiance et de recul. Alors la raison de sa présence ici n’était rien de plus qu’une nouvelle venant renforcer la tragédie qu’ils vivaient.

Il sentit quelque chose peser sur lui, ce n’était pas le poids de la culpabilité qu’il avait temporairement dissipé le matin même grâce aux dires de son amie, mais bien le regard de cette dernière qui préférait s’en remettre à sa décision. Il lut dans ses yeux d’émeraude une confiance potentielle qui pouvait être accordée à la nécromancienne, mais aussi l’incertitude. Une méfiance, forgée par le règne d’un traître, qu’il savait compréhensible, et dont il était aussi pourvu. Mais il ne pouvait cacher la véritable situation à une personne native de ces Terres maintenant usurpées, et qui manifestait de la préoccupation pour elles. De plus, elle ne paraissait pas être le genre à ébruiter tout ce qu’on lui racontait. Sa décision fut donc prise, elle avait le droit de savoir. Après tout les Nuits Noires étaient elles aussi menacées, même en étant un peuple minime et non reconnu de la hiérarchie gwendirienne, il fallait qu’un de leur membre soit au courant, par principe et par respect pour elles.

- En effet, notre présence en ces lieux n’est pas sans raison. Récemment, il a été découvert qu’une union entre l’Alliance et les troupes du Parjure est fortement envisageable. De nombreux faits la démontrent. Et leur cible commune est incontestablement cette école, qui regroupe les Dragonniers, le seul et dernier rempart de taille contre leur domination.

Envisageable, oui, même évidente. Leurs différents à présent mis de côté le temps d’écraser toute résistance, une fois ceci accompli, la division règnera et leurs idées respectives s’opposeront à nouveau, créant une autre guerre et une vague de chaos. Voilà ce qui était envisageable. Mais il fallait tenir, conserver précieusement tout espoir, l’envelopper d’une étoffe protectrice et ne le dévoiler qu’aux étoiles. Profiter de chaque instant en bonne compagnie et de chaque sourire sincère. Se rappeler des victoires, apprendre des défaites. Inutile de dire que c’était une situation facile, mais il fallait tenir. Morzan était là pour apprendre et enrichir sa résistance, parce que, comme son père l’avait si justement annoncé, c’est ici qu’il serait le plus utile. C’est ici qu’il pouvait aider, défendre son avenir et celui de tout Veldri. Aucun autre élève –hormis Idril- n’était là pour cela, et c’était la raison de sa présence ici.
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Ëbène Hél'Sinisther
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MessageSujet: Re: Soir de pleine lune. (PV: Idril, Morzan)   Lun 1 Sep - 22:58


    Les deux compagnons parurent réfléchir un moment, et Ëbène attendit sans ciller leur réponse. Quelque chose semblait peser sur eux, mais elle n'en fut pas étonnée étant donné la place qu'ils avaient tout deux dans la hiérarchie de leurs peuples. Les meneurs sont souvent assaillis par l'incertitude et les remords vis à vis des souffrances infligées à ceux qu'ils guident. Comme une dure représentation de la douleur générale, la leur devait être d'autant plus lourde à porter. Lorsque Morzan - après un regard échangé avec Idril - se tourna de nouveau vers la Nécromante, il prit la parole, ayant finalement choisi de lui avouer une vérité qu'ils tenaient à garder un minimum discrète. En vérité, Ëbène s'était quelque peu doutée de leur réponse commune, sentant la culpabilité qui s'échappaient d'eux comme une odeur dans l'atmosphère. Elle écouta les paroles de l'Ombre sans interruption, non seulement par respect mais aussi parce qu'elle tenait à y être attentive. Lorsqu'il eut fini, elle se tourna vers le lac, songeuse.

    Quelques secondes passèrent, où elle réfléchit, simplement figée dans ses pensées. Aussi droite et immobile qu'une statue de glace, la lune lui dédiait affectueusement ses pâles reflets. Dans une voix au timbre sombre accordé à la nuit qui avait déposé son voile, elle répliqua au précédentes paroles de Morzan.

    - Alors votre désir est de rallier les dragonniers à la cause de nos peuples... (Elle baisse les yeux, mais toujours tournée vers le lac gelé) Cette guerre n'appartient plus qu'à nous désormais, toutes les races de Veldri sont représentées et devront choisir leur camp. Nul doute que les dragons seront des alliés incomparables.

    Elle se tourna vers eux, les regardant à tour de rôle.

    - Mon dragon et moi nous sommes souvent battus contre certains parjures soutenant la Terreur, lorsque nous étions encore au Gwendir. Mais la menace était trop pesante, même pour lui, et je vous prie de croire que sa puissance a rarement été égalée. Dans cette lutte, tous les dragonniers devront nous suivre. Mon but s'accorde au vôtre, ma venue n'est dûe qu'à cette guerre et à la colère qu'elle a laissée en moi. Votre secret sera bien gardé.

    Elle avait incliné très légèrement la tête tandis qu'elle prononçait la toute dernière phrase, l'expression froide mais le regard sincère. Ses yeux laissaient transparaître sa peine mélangée à sa haine, mais en dissimulait habilement les fondements. Ils parlaient d'eux mêmes, affirmant indirectement qu'Ëbène était leur alliée dans la quête qu'ils s'étaient donnés. Cette cause était noble, et la Nécromancienne savait avec pertinence que les dragons seraient sans doute l'une des dernières chances pour sauver les peuples du Nord, dernier véritable rempart contre la domination de la Terreur. Mais les jeunes élèves de l'école... Elle n'avait pour l'instant aucune confiance en eux. Certains paraissaient croire que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, et elle ne doutait pas que certains d'entre eux allaient jusqu'à ignorer la présence de la guerre sur le nord de Veldri. Pourtant, chacun avait un but, c'était logique, mais elle demeurait sûre que rares étaient ceux qui étaient là pour la guerre. Cela n'était pas son cas, et elle était fermement décidée à le prouver, habituée depuis sa jeunesse à ce climat de tensions et de luttes sanglantes. Mais ainsi, deux représentants de peuples bafoués s'étaient aventurés jusque là, n'ayant perdu tout espoir. La vaillance des deux peuples auxquels ils appartenaient n'avait pas encore faillie, et Ëbène était convaincue qu'ils se batteraient jusqu'au bout, même si la mort était à la fin du chemin. Le courage paraissait inhérent aux deux compagnons, et elle fut ravie de découvrir qu'au moins deux emblèmes de races alliées ne s'étaient pas encore fait abattre par la Terreur, même si de lourdes stigmates semblaient leur peser.

    Un battement d'ailes se fit entendre, brisant le silence qui s'était imposé un court moment où tous restèrent plongés dans leurs pensées. Puis, une masse sombre qui masqua la lune un instant, jusqu'à ce que Sèvhelsàng n'apparaissent aux trois Enfants Nordiques, majestueux et voilant l'astre nocturne derrière ses larges ailes. Ëbène souria, certaine qu'il cherchait à attirer l'attention, orgueilleux qu'il était. Son dragon était sans doute la joie la plus intense qu'elle ait eue dans sa vie, et la simple pensée que certains voulaient mettre un terme au règne éternel de cette race la révulsait profondément. De lui, elle avait tiré une fierté s'en égale, sans doute la plus forte qu'elle possédait. En plein vol, ses écailles d'ébène scintillaient sous la lune ronde et complice, offrant une teinte de lumière obscure à son imposante carrure. Ëbène, comme sentant le désir de son dragon qui s'approchait à présent du sol, s'approcha davantage de la rive et se baissa, repoussant la traîne de son manteau derrière elle. Lorsque sa main se posa sur la surface déjà légèrement gelée du lac, d'épais flocons de givre s'échappèrent de sa main, parcourant le lac jusqu'à recouvrir partiellement son miroir d'eau. Là, Sèvhelsàng vint se poser, et ses pattes impressionantes finirent la sorcellerie de sa maîtresse en gelant le reste du lac, lui permettant de se poser tranquillement sans avoir à nager. Certes, ce dragon appartenait à l'élément aquatique, nul n'aurait pu dire le contraire, mais il préférait nettement les enchantements de la glace. Autrefois nager dans les océans qui bordaient les forêts où vivait le peuple Nuit Noire était sans doute l'une de ses occupations préférées, et sa dragonnière l'avait souvent accompagnée dans ses navigations, marchant sur la surface des eaux grâce à un miroir de glace qui se créait de lui même à l'approche de ses pas.

    Sèvhelsàng adopta une pose très altière face aux deux personnes qui lui étaient inconnues, conservant toujours une fierté déconcertante lorsqu'il était en présence d'autres que sa bien-aimée Ëbène ou sa fidèle louve. Mais, respectueux malgré son orgueil de roi, il prit garde à ne pas les gêner par son battement d'ailes taillé pour les vents de tempêtes, les rabattant doucement dans son dos. Face aux trois Enfants du Nord, il les analysa un long moment, détaillant leur silhouette mais sachant dès le premier coup d'oeil qu'ils étaient apparentés au peuple de sa dragonnière. La Nécromante se tourna vers ses deux nouvelles connaissances, préférant expliquer de façon claire la présence de ce dragon, même si, au fond, elle savait qu'ils s'en doutaient.

    - J'ai l'honneur de vous présenter mon fidèle dragon, Sèvhelsàng.



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MessageSujet: Re: Soir de pleine lune. (PV: Idril, Morzan)   Lun 8 Sep - 17:28

Après un accord tacite pris à la seule lueur de leurs regards respectifs, Morzan expliqua la situation à la jeune femme qui se tenait près du lac. Son timbre de voix était grave, sérieux. Presque effrayant. Et les paroles proférées ne l'étaient pas moins. Un silence morbide et malsain retomba sur les lieux quand la voix du prince se tut. Chacun semblait réfléchir de son côté à l'impact de tels dires. Idril avait eu le temps d'intégrer cette révélation, mais elle ne pouvait s'empêcher d'être parcourue par un long frisson d'effroi chaque fois qu'elle imaginait les dégâts que causerait une telle entente. Alliance et Terreur, unies ensemble pour faire régner le chaos. L'amazone ramena ses genoux contre sa poitrine et enserra ses jambes de ses bras, suite à une bourrasque de vent qui s'était brusquement levé. La descendante des Nuits Noires se tourna à nouveau vers eux pour répondre aux dires de Morzan. Elle leur expliqua qu'elle avait pris part à cette guerre, aux côtés de son dragon mais qu'elle avait elle aussi dû fuir le continent gwendirien. Idril eut un petit pincement au coeur, ayant secrètement espéré qu'être elle même dragonnier changerait la donne. Mais puisque les quelques maîtres dragons ayant vécu sur le continent nordique avaient visiblement dû quitter leur patrie, il leur faudrait trouver davantage de soutien. Tâche plus aisée par l'union de l'Alliance et de la Terreur, mais qui soulevait d'autres problèmes plus graves et plus difficiles à résoudre. Si l'aide des rapaces ailés et de leurs compagnons humanoïdes était presque gagnée d'avance, l'association des deux entités diaboliques devenait quelque chose de difficilement surmontable ... Idril détourna son regard de l'immensité glacée qui se dévoilait sous leurs yeux, pour plonger ses iris couleur émeraude dans ceux de la nécromancienne. Son trouble était nettement visible dans ses pupilles, malgré le masque imperméable qui gardait ses traits intacts, non soumis aux émotions. Un trouble non seulement apparenté au chagrin, mais également à la colère ou à l'amertume.

A ses côtés, Morzan semblait lui aussi perdu dans les limbes de son esprit tourmenté. Machinalement, la main de l'amazone se faufila jusqu'à la sienne pour y trouver chaleur, protection et réconfort. Geste furtif peu doté de sous-entendus. Idril ne cessa pas pour autant de fixer leur interlocutrice, dont elle ignorait toujours les fonctions. Elle s'apprêtait à lui demander si elle était une élève, quand un battement d'aile interrompit ses pensées. Elle leva la tête pour observer le ciel et vit une masse d'ombre imposante flotter au dessus d'eux, masquant l'astre lunaire. Il était fréquent d'entendre un dragon parcourir les jardins de Maelthra Magthere à tire d'ailes, mais la princesse ne s'y habituerait jamais. Elle levait toujours instinctivement les yeux au ciel pour apercevoir les rapaces ailés se livrer à un ballet aérien. Ils constituaient un spectacle dont elle ne se lasserait jamais. Elle suivit du regard le nouveau venu et vit qu'il s'approchait du lac, comme pour s'y poser. Près de la rive, la nécromancienne s'était accroupie, formant une couche de glace sur l'étendu d'eau. Le dragon finit d'accomplir l'enchantement et se posa sur le lac solidifié, tandis qu'une vague de froid et de brume semblait envahir les lieux. Idril frissonna, mais ne put détourner les yeux de la magnifique bête qui les jaugeait. Elle inclina légèrement le buste, tout en prononçant une phrase de salutations en langage ancien, apprise en cours les semaines précédentes. La voix de la jeune femme du Nord se fit à nouveau entendre, sensuelle et charmeuse, comme à l'accoutumée, pour présenter le nouveau venu. Sèvhelsàng. Le nom était à la fois mystérieux et envoûtant. Idril inclina à nouveau la tête, comme pour préciser qu’elle était heureuse de le rencontrer. Mais les mots n’étaient plus nécessaires en présence d’un tel être ...

La main libre de l’amazone prit le chemin de sa sacoche, pour aller caresser la coquille qui s’y cachait. En permanence chaud, l’oeuf ne devrait plus tarder à laisser apparaître son petit habitant. Idril le pressentait à chaque fois qu’elle entrait en contact physique avec lui, comme si le dragonneau lui transmettait des ondes télépathiques. Elle avait lu qu’un dragon - d’autant plus s’il se cachait encore dans son oeuf - ne pouvait communiquer avec son dragonnier qu’au bout de longues années d’entente mutuelle, mais elle était persuadée qu’il n’en était rien. Une sorte de lien s’était crée entre elle et le dragonneau dans sa coquille, bien qu’elle n’en parla à personne, sous prétexte qu’on la prenne pour une affabulatrice. Elle préférait garder secrète cette liaison dont elle bénéficiait. Son impatience grandissait au fil des jours, se muant en véritable désir de connaître ce petit rapace ...

Idril détourna son regard vers Morzan, un sourire sur les lèvres. En ces instants, elle retrouvait l’espoir et la détermination qui la caractérisaient si bien. En ces instants, son envie de se battre pour les siens et pour les autres peuples refaisait surface avec plus de fougue que jamais. En ces instants, elle se sentait prête à vaincre, comme si les menaces qui pesaient sur leur monde n’étaient plus aussi insurmontables ... Une sorte d’allégresse enivrait son esprit et son coeur. Comme une extériorisation de ce sentiment, sa voix, douce mais cristalline, résonna à nouveau.

Tant qu’il restera des Hommes et des Dragons pour croire en la Justice, la Loyauté et le Courage, ce monde ne sombrera pas. Il sera éternellement sous l’influence de puissances extérieures aux noirs desseins, mais jamais il ne basculera entièrement. ... Et j’estime que c’est le plus important aujourd’hui.

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MessageSujet: Re: Soir de pleine lune. (PV: Idril, Morzan)   Lun 13 Oct - 22:14

La réflexion est omniprésente chez l’être humain, qu’elle soit explicite ou implicite. Elle borde chaque parole originaire d’une pensée. Parfois plus intense que d’autres, elle prend quelques minutes au temps, afin d’accepter de nombreux mots. Ainsi, quand trois Enfants du Nord partagent un silence commun, ce n’est pas sans raison, c’est qu’ils partagent aussi une lourde vérité. Et quand cette vérité fut pleinement acquise, le silence put s’éloigner. Ce fut Ëbène qui le chassa la première. Cette femme apportait un soutien appréciable en vue des funestes évènements qui s’annonçaient, de même que son dragon qui l’épaulait. Sincère, elle ne parlerait pas de cette conversation. Morzan ne sut vraiment si le mot colère dans ses propos fut plus accentué ou si c’est lui qui le perçut plus vivement. Il songea aux toutes premières impressions qu’il s’était fait lorsqu’il avait croisé le visage impassible de la semi-amazone, ces dernières semblaient s’avérer justes, bien qu’il ait préféré avoir tort. Les affres de la guerre ne faisaient aucune exception. Et encore une fois il se rendait compte que leurs griffes venimeuses s’accrochaient à chaque vie.

Etait-ce l’espoir qu’il apportait en venant ici, annonçant la venue de deux représentants du peuple Nordique, ou bien cela révélait-il l’urgence dissimulée de leur situation ? Ces deux notions se ressemblaient tellement, et pourtant il se forçait à discerner pleinement chacune d’entre elle. Des pupilles de nacres et de celles d’émeraudes se détachaient un trouble similaire, aux causes multiples mais jointes. Le même se reflétait dans ses prunelles de grenas, où logeait aussi une détermination non feinte, qui prenait sa source auprès d’une main douce, enfouie au creux de la sienne. Une puissante vibration dans l’air brisa le flot de ces mêmes pensées, toujours les mêmes. Une créature mythique qui, d’après le regard qu’il s’attirait de la nécromancienne, semblait être lié à cette dernière. Elle se rendit au bord du lac, suivi par les yeux du jeune homme, et déposa délicatement une main sur la surface. Le gel qui s’en échappa gagna rapidement l’étendue d’eau, sur laquelle le dragon vint se poser prestement. Morzan se laissa détailler une nouvelle fois et l’observa à son tour sans trop d’insistance, de peur de paraître irrespectueux. Une carrure imposante, des écailles plus noires que le jais, presque impossibles à délimiter à travers cette pénombre, et qui, de plus, contrastaient fortement avec ses yeux d’une blancheur ténébreuse. Il dégageait une telle fierté qu’elle en était respirable, et l’Ombre ne pouvait manquer de le remarquer. Il imita la princesse qui s’inclinait et le saluait en paroles d’une mélodie impropre à leur langue actuelle.

Il rendit son sourire à Idril. Elle rayonnait en cette nuit nébuleuse, d’une plénitude qu’il aimait tant retrouver en elle, lorsque cette étincelle particulière s’allumait au plus profond de son regard. Il la sut déterminée et prête à affronter n’importe quel obstacle. Maintenant c’était à lui d’être à la hauteur. Et tandis que sa voix résonnait clairement, il but ses paroles comme un élixir redonnant force et courage, la volonté de se battre et d’y croire.

-Et chaque Homme et Dragon, capable de croire en ces valeurs peut accomplir de grandes choses.

Morzan se tut, ne trouvant rien de plus juste à ajouter aux dires de son amie. Beaucoup d’exceptions pouvaient venir contredire ces paroles, l’esprit est tellement changeant qu’il ne peut être complètement défini. Mais ces songes tortueux étaient à présent loin derrière lui. C’était plutôt la curiosité de l’avenir brumeux qui se dévoilait progressivement sous leurs pas que chaque minute faisait avancer., qui envahissait la perle de ses pensées.
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Soir de pleine lune. (PV: Idril, Morzan)
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