Maelthra Magthere

L'école des Dragonniers.
 
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 Poésie par jour de Pluie [libre]

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Idril Calafas
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MessageSujet: Poésie par jour de Pluie [libre]   Dim 24 Aoû - 12:10

Dimanche 20 mars,
14h45




Au dehors, l’orage grondait. Le vent s’était levé soudainement, le ciel s’était obscurci et les sombres nuages déversaient à présent leurs flots sans épargner la moindre parcelle du domaine de Maelthra Magthere. Le tonnerre s’était également ajouté à ce sinistre tableau, apportant la touche finale au déluge qui se jouait à l’extérieur. Idril contemplait les jardins du château par la fenêtre du dortoir des jeunes filles Kiah’l, soupirant d’ennui. Elle avait prévu de faire une balade avec Alzan et de s’entraîner un peu à la pratique de la magie, mais il n’était plus question de mettre un pied dehors par ce temps. Après avoir attrapé sa sacoche où l’oeuf de Dragon qu’on lui avait confié était installé, elle descendit à la salle commune et soupira de plus belle en voyant la multitude d’élèves qui s’y trouvaient. Un vacarme insupportable résonnait à ses oreilles et elle ne supporta plus longtemps de rester enfermée entre quatre murs à écouter ses petits camarades rire, crier et s’amuser. Elle sortit de la maison commune des Kiah’l et arpenta les couloirs de l’école, en quête d’une quelconque occupation digne d’intérêt. Il faisait si sombre à l’extérieur que les Dames de Soie avaient été obligées d’allumer les chandelles et torches fixées aux murs pour qu’il y ait un semblant de clarté dans l’enceinte du château. Une ambiance glauque régnait à présent en ces lieux, si on exceptait le chahut des élèves ...

Machinalement, l’amazone se dirigea vers la partie de Maelthra Magthere qu’elle préférait : la Bibliothèque. Sa déception fut grande quand elle vit que la pièce était bondée et naturellement bruyante sans la présence de la bibliothécaire. Pas question d’entrer et de se retrouver assiégée par la tumulte. Avec un air bougon, Idril rebroussa chemin. Elle passa par différentes pièces qui auraient pu être sources d’intérêt, mais à chaque fois, elle préféra s’éloigner en raison du grand nombres de personnes. Visiblement, tous étaient comme elle et ne savaient pas quoi faire par un temps aussi mauvais. A force de parcourir les dédalles du château, la princesse arriva dans sa partie ouest ; partie qu’elle n’avait pas beaucoup l’occasion de visiter. En effet, les matières qui y étaient dispensés ne l’intéressaient pas ou avaient tellement d’intérêt qu’elle les pratiquait depuis son plus jeune âge, et il n’était donc pas utile de se rendre en cours pour apprendre des choses que l’on savait déjà ... C’est donc avec curiosité qu’elle se déplaça dans cette partie du château. Son intérêt fut soudainement éveillé quand elle vit une grande porte qui portait un écriteau annonçant la salle de Magie Lyrique. Elle n’avait pas le souvenir d’avoir entendu ce nom pour une matière et elle décida de pousser la porte pour assouvir sa curiosité...

Son émerveillement fut grand quand elle vit l’intérieur de la pièce. Elle était particulièrement vaste et naturellement éclairée. Idril s’avança et découvrit avec stupeur qu’il y avait là toute sorte d’instruments : des harpes, des flûtes, des cithares, des tambourins et bien d’autres qu’elle ne connaissait pas. En s’enfonçant dans la pièce, elle fut enchantée de voir son instrument de prédilection : un clavecin. Elle s’approcha et ses doigts effleurèrent le bois clair et orné de motifs floraux. Un petit sourire satisfait naquit sur les lèvres et elle s’installa sur le banc recouvert de velours destiné au claveciniste. Il y avait fort longtemps qu’elle n’avait pas pratiqué. Depuis la mort de sa mère en réalité. Par le passé, elle jouait presque tous les jours, accompagnant sa mère qui s’adonnait au chant. Idril chantait aussi parfois, mais elle préférait écouter sa mère qui avait une voix plus douce, plus mélodieuse. Après sa disparition, la jeune fille ne joua presque plus. Elle avait perdu le goût et l’envie de faire naître des sonorités, son humeur trop morose pour le faire.

Elle posa ses doigts sur le premier clavier et caressa doucement chaque touche, sans les presser. Puis, elle appuya sur plusieurs d’entre elles pour vérifier les accords du clavecin. A première vue, il semblait en état de fonctionner correctement. Idril fit quelques notes et un flot de souvenirs et de mélodies revinrent à son esprit. Elle ferma les yeux quelques instants, comme pour se concentrer. Elle les rouvrit et sourit de plus belle. Ses doigts glissèrent sur les touches avec une rapidité déconcertante et un air depuis longtemps oublié se fit à nouveau entendre...



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La mélodie avait été maintes fois jouée par la princesse et cette dernière n’avait visiblement pas perdu son habilité à manier l’instrument, même si elle ne s’était pas adonnée depuis longtemps à cette pratique. Les sons résonnèrent dans la pièce, provoquant un véritable concerto malgré l’unique claveciniste. Bientôt, la voix de la jeune femme s’éleva, en accord avec les vibrations des cordes de l’instrument. Une chanson en langage ancien que sa mère avait l’habitude de lui chanter lorsqu’elle était enfant et qu’elle ne pouvait trouver le sommeil. La voix d’Idril était plus cristalline qu’à l’ordinaire. Plus mélodieuse et plus douce également. Les sonorités se mêlèrent aux notes pour former un tout des plus harmonieux :

      Os iusti meditabitur sapientiam
      Et lingua eius loquetur iudicium
      Beatus vir qui suffert tentationem
      Quoniam cum probatus fuerit accipient coronam vitae
      Kyrie, Ignis Divine, Eleison
      O quam sancta, quam serena, quam benigna, quam amoena
      O castitatis lilium


Idril était tellement absorbée par ce qu’elle faisait qu’elle ne vit, ni n’entendit ceux qui l’observaient depuis le pas de la porte. D’ailleurs, elle aurait vraisemblablement cessé de jouer si elle avait su qu’on l’écoutait ...



paroles de Lilium - générique d'elfen lied

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Ëbène Hél'Sinisther
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MessageSujet: Re: Poésie par jour de Pluie [libre]   Dim 24 Aoû - 13:41


    Le Silence. La nécromancienne avait toujours eut un grand respect pour lui, un élement qu'elle avait invoqué à maintes reprises au cours de sa vie. Lui seul était capable d'offrir paix spirituelle, méditations fructueuses et harmonie absolue. Ëbène s'était rendue dehors juste avant que le ciel ne se pare d'un noir de corbeau. Une pluie diluvienne vint bientôt se joindre au cortège d'obscurs nuages, mais elle n'avait pas bougé, jugeant que le château était trop bruyant pour elle. Elle avait profité du ciel gris et blanc qui l'avait précédé, à la pluie légère et fine, mais prédisant déjà le tumulte orageux qui n'aurait su s'attarder de déchirer la voûte céleste. Elle resta droite, debout et immobile, attendant que les éclairs ne déchaînent leur fureur, non loin de ses yeux électriques. La pluie ne la dérangeait pas le moins du monde, et bien au contraire, elle aimait se trouver sous son siège ténébreux à respirer l'air de la colère divine.

    Elle les avait vus. Les éclairs vifs et rapides qui frappèrent le sol tout près, et avait esquissé un sourire de bonheur en offrant son regard translucide au ciel. Les nuages étaient devenus noirs et instigateurs de malheur, mais elle décida de rester encore un moment, voulant profiter des jours tranquilles tels que celui ci, où elle pouvait se rendre aux jardins ou au lac sans croiser personne. Seule avec elle-même, comme autrefois. Pourtant, elle avait bien du voir quelques personnes, qui si elles ne couraient pas pour s'abriter, devaient aimer comme elle entendre les tambours de l'orage. Le vent déchaîné la ramena à de lointains souvenirs... dans lesquels elle fut plongée jusqu'à sa propre perdition. Elle aimait les instants comme ceux ci... Seule, elle parlait avec le ciel lui-même, conversant avec ses orages et ses tempêtes. Il en était ainsi depuis des années. Les éclairs, magnifiques héritiers du noir céleste, frappaient le sol tout près, tambours inaudibles animés d'une rage inconnue mais néanmoins implacable. Son beau dragon était là, lui aussi, jamais bien loin de sa dragonnière. Il volait simplement au dessus d'elle, adorant voguer dans le ciel orageux, à travers les éclairs et le vent brutal qui s'était levé ce jour là. Il était magnifique, encore plus noir que les nuages qui brillaient d'une lueur étrange. Ëbène versa des larmes de joie en revisionnant derrière ses paupières closes les plus beaux moments de sa vie, ne craignant pas d'être aperçue dans ses marées de mélancolie tant la pluie était intense. Pleurant des flots insensibles qui se perdirent dans le vent violent de ce dernier jour de semaine.

    C'est alors qu'elle entendit quelque chose. Ou plutôt, qu'elle crut entendre quelque chose. Comme un son, trop diffus au début, mais qui se précisait à mesure de concentration. Ses yeux s'ouvrirent d'eux mêmes, rivés sur le sol, en quête de déceler qu'elle en était la provenance. Elle se tourna vers les murs du château, et, refermant ses paupières en silence, elle écouta, se plongeant à corps perdu dans la mystérieuse mélodie. Les oreilles comme ensorcelées par un charme ancien qu'elle semblait avoir oublié, elle vit, comme à l'intérieur des murs, un tambour immatériel. Des notes. Cela faisait bien longtemps que sa seule musique avait été le silence, et elle fut enchantée d'entendre la symphonie qui se répercutait dans l'un des murs sombres de la bâtisse. Elle marcha jusqu'à l'une des portes du domaine, et se mit en quête de suivre les flots musicaux que ses nobles oreilles avaient le don de percevoir. Elle dut malheureusement passer par sa salle de nécromancie pour y déposer son manteau, entièrement trempé par la tempête du dehors. Bien que le reste soit humide aussi, elle ne s'enquit pas de se changer intégralement, espérant que le musicien ne s'arrête pas de jouer tandis qu'elle marcherait jusqu'à lui. Elle se vêtit simplement d'un corset et d'une jupe de velours sombre. Puis, tout en nouant ses cheveux rapidement, Ëbène regarda un instant sa Louve des Glaces, endormie près de l'unique baie vitrée de la salle. Elle partit seule, la laissant dans ses songes à sa guise, car un autre rêve l'appellait, plus loin dans le château.

    La nécromancienne traversa les couloirs, suivant le son qui parvenait jusqu'à son ouïe exacerbée, et comprit enfin d'où il venait. La salle de Magie Lyrique. La porte qui s'élevait à présent non loin d'elle. Un clavecin... Oui, elle s'en serait doutée. Elle s'approcha à pas lents, et poussa l'entrée qui n'était encore qu'entrouverte. La musicienne était tournée vers son clavecin, dos à la nouvelle arrivante, et s'imprégnait de sa musique avec confort et nostalgie. Ëbène resta sur le pas de la porte, et l'observa jouer une composition qui lui était alors totalement inconnue, néanmoins agréable à l'écoute. Elle l'avait reconnue, c'était cette jeune fille avec qui elle avait conversé au lac, il y a quelques jours de cela. Puis, la demoiselle nommée Idril se mit à chanter, se croyant sans doute seule avec elle-même. Sa voix était suave, et se maria à l'harmonie des notes. Ce n'est que lorsqu'elle acheva son premier morçeau qu'Ëbène lui adressa la parole. Elle avait voulut attendre l'achèvement de la mélodie, par respect pour celle qui l'avait composée.

    - Vous jouez à merveille.

    Dit-elle d'une voix très douce, ne voulant lui faire de mauvaise surprise.



Dernière édition par Ëbène Hél'Sinisther le Mar 28 Oct - 15:05, édité 1 fois
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Lenä Helagund
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MessageSujet: Re: Poésie par jour de Pluie [libre]   Mar 26 Aoû - 0:01

« Des flammes encerclaient Lenä. Elle n’avait aucun moyen de lutter contre ce brasier menacent. Un rire tronituant résonna autour d’elle. Puis, de grandes ombres s’élevèrent, toutes aussi hideuses les unes que les autres. Elles riaient de Lenä, la pointant de leurs doigts sombres et vaporeux. Soudain, deux silhouettes blanches apparurent au milieu des flammes. C’était ses parents. Ils lui demandèrent de les suivre, d’attraper leurs mains, afin de l’aider à franchir les flammes. Lenä tendit sa main, mais elle était trop loin. Ses parents disparaissaient peu à peu dans le gigantesque brasier. La jeune amazone leur suppliait de revenir, de ne pas l’abandonner… Mais les silhouettes s’évaporèrent. Lenä fut prise de stupeur. Les ombres poussèrent un cri aigu et fondirent droit sur la jeune fille, qui hurla de frayeur… ».

L’amazone se réveilla en sursaut, tremblotante et trempée de sueur. Encore un cauchemar. Ceux-ci rythmaient sans cesse ses dernières nuits. Devait-elle y voir un songe ou simplement de vieux souvenirs enfouis, seule Rhéa le savait. Brusquement, un éclair déchira le ciel obscur, suivit d’un crac assourdissant qui fit trembler les fenêtres de l’enceinte. Le dortoir était vide. Lenä supposa que la majorité des élèves devaient se trouver soit dans la Salle Commune soit à la bibliothèque. Que pouvait-on faire d’autre par un temps pareil à part étudier ou discuter entre amis… Etudier, elle l’avait fait, mais s’était assoupie. Le fruit de sa lecture était pourtant passionnant, mais la jeune fille n’avait pas encore pu retrouver le sommeil perdu : entre les heures de cours et celles de rattrapage, elle n’avait pas vraiment eut le temps de se reposer. Quant à discuter avec des amis, encore fallait-il en avoir… En effet, Lenä était arrivée il n’y a que quelques jours à l’école. Et vu son caractère, elle n’avait encore adressé la parole à personne. Pourtant, plusieurs jeunes filles de son dortoir avaient tenté de converser avec elle, mais Lenä, d’une timidité maladive, ne réussissait qu’à murmurer quelques mots avant de s’éclipser dans son coin.

Elle se leva de son lit, passa un linge frais sur son visage et alla s’asseoir près d’une des fenêtres du dortoir. La pluie tombait drue à l’extérieur, tel un rideau brumeux qui masquait le paysage au loin. L’orage continuait de gronder. Lenä ferma un instant les yeux, et se rappela sa récente arrivée dans l’école. Dès son entrée au château, on lui avait remis un œuf de dragon, un emploi du temps, un bref descriptif des cours, et un plan. Puis on l’avait emmenée à la bibliothèque afin de lui donner une liste succincte de livres à lire pour l’aider au mieux dans son année scolaire. On l’avait ensuite conduite dans la Maison Elwing, qui serait sa demeure pour le restant de sa scolarité. Les jours qui suivirent son arrivée passèrent sans encombre. Elle assista à ses cours, rencontra ses professeurs, étudia… Bref, vécue telle une étudiante disciplinée et enclin à réussir.

Des gargouillis provenant de son estomac la ramena à la réalité. Elle n’avait pas beaucoup mangé à midi, et cela commençait à se faire ressentir. Malgré les horaires strictes des repas, elle tenta une visite discrète à la cantine, dans l’espoir d’y trouver quelques fruits ou gâteaux secs. Lenä sortit des dortoirs, glissant l’œuf dans sa petite sacoche de cuir, et se dirigea vers le réfectoire, avec l’aide de son plan. Après s’être trompée deux ou trois fois de direction, elle arriva enfin au bout de son périple. L’endroit était désert. Le personnel avait terminé son service depuis quelques heures à présent. Lenä ne risquait donc pas d’être interrompue dans sa chasse au « trésor ». Elle se déplaça à pas feutrés au centre de l’immense pièce. Où pouvait-il cacher les restes ? La jeune fille jeta un rapide d’œil autour d’elle. C’est alors qu’elle aperçut une magnifique corbeille où des fruits appétissants l’y attendaient. Je suppose que cette corbeille est à notre disposition, sinon ils ne la laisseraient pas en évidence…, se dit-elle intérieurement. Elle attrapa alors une pomme, et y croqua à pleine dent. Une fois son frugal repas terminé, elle quitta le réfectoire, repue. Une petite balade digestive s’impose… Lenä rangea le plan dans sa poche, et se laissa guider au hasard dans les couloirs de l’école.

C’est alors qu’elle fut attirée par un son doux et agréable. Elle ne savait pas exactement dans quel bâtiment elle se trouvait, mais peu importait. Le son l’attirait telle abeille vers du pollen. Lenä aperçut une silhouette féminine dans l’embrasure d’une des portes du couloir, justement celle d’où venait la musique. Elle s’avança discrètement jusqu’à la femme. Celle-ci ne semblait pas l’avoir vu, trop inspirée par la musique qui émanait de la pièce, où se tenait justement une autre personne. Le son était si beau, la voix si émouvante, qu’ils lui rappelèrent les chants de son peuple. Une larme perla au coin de son œil…

Vous jouez à merveille, dit la femme à la musicienne. Lenä ne put qu'affirmer les dires de sa voisine.

Oui, vous avez raison, elle joue à merveille...
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Idril Calafas
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MessageSujet: Re: Poésie par jour de Pluie [libre]   Mar 26 Aoû - 18:54

Tandis que les deux jeunes femmes venues à la rencontre du musicien qui avait charmé leur ouïe, restaient sur le pas de la porte, Idril continua sa mélopée de plus belle, ignorant qu'on l'observait. Il fallait avouer que les spectatrices étaient particulièrement silencieuses, ne voulant surtout pas interrompre la claveciniste et que cette dernière était légèrement en phase de transe, ne prêtant plus attention à ce qui l'entourait. Seuls le contact des doigts sur les touches de l'instrument et les vibrations de ses cordes semblaient atteindre l'esprit de la princesse dont la voix chantonnait toujours les paroles de l'antique mélopée. Insaisissable. Elle semblait hors du temps et de l'espace, ne faisant plus qu'un avec l'instrument, comme si elle avait mis toute son âme dans cette chanson. Depuis combien de temps était-elle là, à jouer ainsi ? Elle n'aurait plus su le dire ... Il y avait tellement longtemps qu'elle n'avait pas pratiqué. C'était un réel plaisir que de ressentir les notes produites. Elles charmaient tous ses sens, la laissant dans un état de stupeur mélancolique ...

Puis, ses doigts cessèrent doucement de chercher le contact du clavier, tandis que sa voix baissait progressivement de tons, jusqu'à ce que le silence reprenne ses droits ... Comme lorsqu'on ouvre les yeux après un sommeil léger, Idril sortit brutalement de son état de torpeur et revint parmi les occupants de Maelthra Magthere, lorsqu'une voix derrière elle se fit entendre. La princesse sursauta violemment, encore trop bercée par l'écho des notes qui résonnait dans sa tête, avant de se retourner vivement. La surprise fut à son comble quand elle vit que non pas une mais deux personnes se tenaient devant l'entrée, la congratulant pour sa performance. Rare étaient les fois où Idril rougissait. Habituée aux flatteries de la Cour, elle avait pris l'habitude de conserver une attitude posée et distance face aux nobles qui cherchaient à s'attirer ses bonnes grâces. Mais aujourd'hui, les deux jeunes filles qui se tenaient dans l'embrasure de la porte d'entrée et qui la complimentaient sur sa prestation, étaient tout sauf des nobles prêts à tout pour les faveurs d'une Reine ... C'est ainsi que les joues de l'amazone se teintèrent légèrement de rouge. Elle croyait réellement être seule et éprouvait une certaine gêne à savoir qu'on l'avait écouté, tandis qu'elle se mettait à nue grâce à la musique. Cependant, elle reprit contenance rapidement et dévisagea ses nouvelles interlocutrices. La descendante des Terres Noires avec qui elle avait conversé quelques jours plus tôt se tenait là, dans toute sa beauté naturelle, malgré ses longs cheveux trempés et son allure quelque peu débraillée. Derrière elle, une jeune fille frêle se tenait en retrait. Idril ne se souvenait pas l'avoir déjà vu et supposa qu'elle était nouvelle, Mais vu la timidité qui se reflétait naturellement sur son visage, elle pouvait être une élève arrivée depuis longtemps, mais si discrète que l'élève Kiah'l ne l'ait pas remarquée ... Idril entreprit de répondre à ces nouvelles venues, d'une voix plus grave et moins doucereuse.

Vous m'avez surprise. Je ne pensais pas être écoutée, ni observée. Je dois avouer que c'est assez embarrassant ...

Un demi-sourire se dessina sur son visage, malgré ses dires. Elle détourna son regard d'émeraude pour porter son attention sur l'instrument auquel elle tournait le dos désormais. Elle appuya sur deux touches, avant de diriger son regard à nouveau vers les deux jeunes femmes. Elle expliqua alors, en guise de réponse aux compliments qu'elles lui avaient adressé.

Il s'agit là d'une musique traditionnelle de mon pays. Elle est souvent utilisée dans les temples qui parsèment ses terres. La chanson, quant à elle, est une ancienne mélopée que me chantait ma défunte mère, quand je n'étais encore qu'une enfant ... Elle aimait beaucoup me bercer par ces paroles.

Une petite nostalgie l'envahit et elle ressentit un petit pincement au coeur. Deux ans s'étaient écoulés depuis la disparition de sa mère, mais Idril pensait encore souvent à elle. Une complicité très puissante avait unie la mère et la fille, et la princesse avait eu énormément de difficultés à faire son deuil. Aujourd'hui, elle réussissait à parler d'Ardentia sans pleurer ... même si l'évoquer restait une chose difficile pour Idril.

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Ëbène Hél'Sinisther
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MessageSujet: Re: Poésie par jour de Pluie [libre]   Mer 27 Aoû - 0:13



(Musique d'ambiance)


Découvrez Danny Elfman!



    Alors que le timbre de sa voix tentait de ne pas effrayer la musicienne, elle fut elle-même prise par surprise, mais n'en montra rien hormis son léger pivotement vers la voix qui s'était élevée. La nécromancienne découvrit, non loin derrière elle, une jeune fille à l'air fort timide dôtée d'un visage témoignant une fragilité de poupée, néanmoins très agréable à regarder. Elle l'observa quelques secondes, perplexe, étonnée de ne pas l'avoir sentie approcher. Elle n'apprécia d'ailleurs pas du tout cette idée de s'être plongée dans la mélodie jusqu'à en perdre ses propres sens. Et bien qu'elle fut légèrement agacée sur le début, son regard s'était adouci lorsqu'elle reconnut l'origine que dissimulait le visage de celle qui avait appuyé ses paroles. Une fois qu'elle eut finit de l'analyser brièvement, elle se tourna à nouveau vers Idril, qui avait répondu à leur remarque commune. Ses joues légèrement rosées par l'embarras firent naître un léger sourire sur les lèvres d'Ëbène. L'Amazone se tourna à nouveau vers l'instrument dont elle avait fait résonner la voix, et, faisant retentir deux notes supplémentaires, elle fit face aux deux femmes qui l'avaient complimentées. Elle précisa qu'il s'agissait d'une musique traditionnelle de son pays, accompagnée par le rythme de paroles que sa mère lui chantait lorsqu'elle n'était encore qu'une enfant.

    - C'est magnifique.

    Ëbène eut un léger sourire à la fois douloureux et compréhensif, voyant immédiatement la pointe de tristesse dissimulée qui s'emparait d'Idril, la perçevant comme si elle eut été explicite. Elle était parfaitement apte à comprendre ces sentiments là, comme beaucoup d'autres Amazones avaient dus sans doute voir leurs parents assassinés. Elle se demanda un instant si la jeune fille - qui était encore derrière elle à ce moment - avait elle aussi connu ce genre de tragédie, mais quelque chose en elle lui disait que oui.

    La musique jouée par Idril avait dû réssusciter un infini de souvenirs douloureux en elle, car Ëbène avait pu remarquer la fierté de cette dernière, et l'imaginait mal montrer ce type de faiblesse. Comme une lutte acharnée qui livre bataille au plus profond du coeur, c'est ainsi que certaines personnes cherchent à dissimuler des évènements passés trop durs à laisser s'exprimer. Un violent torrent de sentiments contorsionnés à l'intérieur d'une âme, réduite à des hurlements silencieux qui arrachent et déchirent l'innocence. Ëbène, elle, était ainsi. Elle avait été elle aussi autrefois incroyablement proche de sa mère, et sa mort avait été l'une des plus lourdes séquelles de son existence. Anwen avait été une femme à l'effigie de la beauté nocturne, et son décès n'avait jamais quitté l'esprit de sa fille. Elle s'était haïe ce jour là, car en l'ayant vengée avec tant de cruauté elle avait toujours pensé que sa mère n'aurait pas été fière d'elle, et c'est bien cette idée qui lui faisait le plus mal.

    Se trouver dans cette salle ranima en elle la flamme des souvenirs. Elle avait répondu à Idril par un sourire, et cela lui paraissait suffisant, aucune parole n'était nécéssaire car ses yeux parlaient d'eux mêmes. Elle eut également un léger sourire à l'intention de la jeune fille derrière elle, ne voulant paraître impolie par une ignorance involontaire. Lorsqu'elle entra dans la salle, nul doute que ses deux iris exprimaient à eux seuls un émerveillement sans nom. C'était une salle magnifique et lumineuse à souhait, où des dizaines d'instruments étaient disposés avec soin aux quatre coins de la pièce. Elle la parcourut du regard, faisant quelques pas pour découvrir toutes ses parties, un sourire étrangement sincère parcourant ses lèvres. La musique... Oui, les Nuits Noires aimaient beaucoup cela. Elles en jouaient parfois au clair de lune, lorsque l'astre venait leur conférer ses talents et sa clairvoyance. D'autant qu'elle se souvienne, toutes celles de son peuple qu'elle avait eut le privilège de rencontrer avaient toujours été de brillantes cantatrices, certaines porteuses de voix lumineuses et d'autres de timbres sombres propices à la mélodie sempiternelle des drames. La harpe était leur son préféré, celui de sa tante également. Mais pas le sien. Celui qui avait toujours fasciné Ëbène était celui que sa mère lui avait apprit à manipuler depuis sa tendre enfance, et dont elle avait souvent joué lors de célébrations nocturnes. Elle se remémora toutes les fois où elle avait pu faire résonner les mélodies de sa mère sous l'oeil lunaire, lorsqu'elle tomba sur l'un d'entre eux. Un violon.

    Le silence régnait en maître dans la pièce, elle n'aurait pas entendu une troupe d'élite passer tant les souvenirs accaparaient son esprit. Instinctivement, elle parcourut du bout des doigts la surface lisse et soyeuse du bois de l'instrument, se délectant de ce simple toucher avec délice et nostalgie. Elle avait fermé ses yeux pour mieux se rappeler... Son violon - qui avait été aussi celui de sa mère - avait été brisé quelques heures avant la mort de sa détentrice, comme annonciateur de ce qui allait se produire. Etait-ce la Déesse de la Nuit qui avait voulue la prévenir ? Elle l'ignorait, mais la lourde chute de l'instrument sur le sol de pierre lui revenait parfois dans ses songes. La nécromancienne resta un instant à contempler les reflets luisants du bois poli, y laissant l'empreinte invisible et douloureuse du passage de ses doigts. Mais, stricte avec elle-même, elle s'empêcha de laisser couler ses larmes, à la fois tiraillée par la colère et la tristesse ...


Dernière édition par Ëbène Hél'Sinisther le Mar 28 Oct - 15:06, édité 1 fois
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Lenä Helagund
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MessageSujet: Re: Poésie par jour de Pluie [libre]   Jeu 28 Aoû - 21:26

La musique se tut tel le doux bruissement de l'eau d'une source qui se tarit. Lenä aurait bien continué à écouter ce chant si gracieux. Elle n'avait entendu de son aussi magnifique depuis bien des saisons. En réalité, depuis que la terreur s'était installée sur son continent natal. En effet, le peuple dont elle était originaire était auteur de superbes chants comme celui qu'elle venait d'ouïr... Les mélopées du peuple amazone étaient en général adressés à la déesse Freyja, créatrice de cette race.

La jeune fille ferma une demie seconde les yeux et se revit à une de ces longues cérémonies religieuses où tout le beau peuple amazonien avait été convié. Le temple avait été redécoré pour l'occasion : de grandes tentures de soie s'étendaient tout du long de l’immense nef ; quelques étendards, dotés de l'écusson royal, avaient été suspendus à des colonnes ; des bougies et de l’encens avaient été disposés à chaque entrée du temple ; au sol, des pétales de rose avaient été jetées lors de l’arrivée de la Souveraine ; et une poussière d'or flottait dans les voûtes, dont les arcs s'élevaient dignement vers le ciel. Le temple était méconnaissable, et reflétait merveilleusement bien toute l’adulation, l’amour et la fierté que pouvaient ressentir le peuple à l’égard de leur Déesse.
En première ligne de cérémonie, place de choix puisque c’était à cet endroit que l’on était au plus près de Freyja, se trouvait la famille royale, les Calafas, composée de la Reine Ardentia et de son unique fille, Idril. Ensuite, venaient les membres les plus proches de la Reine (Conseillère, Chef des armées, Précepteurs...), les nobles puis les (vils) courtisans. La prêtresse se tenait quant à elle près de l'autel, les mains levées vers le ciel. Après quelques prières, elle avait ordonné à ces novices qu'ils débutassent les psaumes. Ensuite, ce fut toute l'assemblée qui clamèrent en coeur les chants dédiés à leur divine bienfaitrice, la toute-puissante Freyja...

Quand Lenä rouvrit les yeux, elle s'aperçut qu'on l'observait. Sa voisine la fixait d'un regard indescriptible. La jeune amazone en fut troublée. Cela la rendait assez mal à l'aise, d'autant que identité de celle-ci lui était inconnue. Cependant, étant nouvelle élève à Maelthra, cela n'étonnait guère Lenä de ne connaître le nom de cette dernière. Néanmoins, le visage de la femme était si beau et froid à la fois que Lenä vit en elle une sorte de sirène : elle pouvait paraître douce et être dangereuse à la fois. D'ailleurs, une grande puissance émanait de cette mystérieuse personne... Au bout de quelques secondes, les iris de neige de son observatrice se détournèrent vers la musicienne. Lenä en fit de même.
A l'instant même où son regard se posa sur celle-ci, son coeur fit un bond dans sa poitrine. Le temps se figea autour d'elle. Quelques paroles complètement inaudibles sortirent de sa bouche, béante.

Non c'est impossible... juste impossible. Elle, ici? Par la barbe d'Odin, dites-moi que je rêve!

Face à elle, assise devant son clavecin se tenait... la princesse amazone, Idril Calafas. Celle-ci ne semblait pas avoir reconnu une des siennes. Lenä en eut un pincement au coeur. Idril expliqua à ces auditrices que le chant qu’elle avait interprété lui venait de son pays natal, et qu'elle avait eu pour habitude de le chanter en compagnie de sa feue mère. Une vague de tristesse déferla sur le visage de la princesse. Lenä ne pouvait que comprendre sa peine. Ne tenant plus, coutume oblige, les jambes de Lenä se dérobèrent sous son poids et elle se retrouva en position de révérence. Se trouvant idiote dans cette posture, elle se sentit obligée de se justifier.

Princesse Idril, c'est une joie de vous savoir vivante...

La voix de Lenä se brisa et des larmes coulèrent sur le plancher de la salle silencieuse. Sa sensibilité l'avait prise au dépourvue...
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MessageSujet: Re: Poésie par jour de Pluie [libre]   Sam 30 Aoû - 18:31

La voix de la jeune professeur de nécromancie tira Idril de sa rêverie. Un simple compliment, qui ne s'éternisa pas des heures. Néanmoins, quand la princesse plongea son regard d'émeraude dans celui de son interlocutrice, elle put y lire de nombreuses choses que sa bouche n'avait pas évoquées. Cette dernière s'étira en un sourire sincère et compréhensif, mais Idril détourna les yeux. Elle n'aimait pas qu'on prenne pitié d'elle. Même si elle était convaincue que ce n'était pas l'intention de la jeune femme, elle ne pouvait s'empêcher de l'interpréter comme tel. Tandis qu'elle caressait les touches du clavier, se délectant de leur texture si douce, si particulière, elle sentit une des jeunes femmes entrer dans la salle et flâner d'instruments en instruments. Elle vit alors que c'était Ebène qui s'était rapprochée, apparemment captivée par un instrument à cordes : un violon. Elle semblait déconnectée du monde, plongée dans les méandres de ses souvenirs, tout comme l'amazone l'avait été quand elle s'était laissé transportée par les notes du clavecin. Elle détourna à nouveau les yeux de la nécromancienne pour reporter son attention vers l'autre jeune fille. Les yeux de la princesse s'écarquillèrent de surprise quand elle l'aperçut dans une posture familière, celle de la révérence. Et sa stupeur fut d'autant plus grande en entendant ses paroles et surtout son nom. Certes, en l'observant mieux, on reconnaissait les traits caractéristiques du peuple amazone. Mais qui était-elle pour reconnaître la princesse ? Sa voix se brisa et des larmes coulèrent sur son visage délicat. Elle semblait tellement démunie. Comme la plupart des amazones encore en vie, elle devait avoir vécu des expériences difficiles. Sa vie avait dû être brisée par la Terreur ... N'importe qui se serait précipité pour aller réconforter cette petite poupée vivante, pour la prendre dans ses bras. Elle semblait si fragile ...

Idril se leva prestement, enjamba le tabouret de claveciniste et se dirigea avec fougue vers sa compatriote. Au lieu de l'épauler et de la consoler avec douceur, la réaction de la princesse fut plutôt violente. Elle saisit la jeune femme par les épaules et la redressa avec peu de ménagement. Son visage n'arborait aucun son sourire, et son regard était dur, froid. Avec une voix rude, contrastant avec celle qui avait résonnait quelques instants auparavant, elle interpella sa congénère sans prévenance aucune.

Debout, descendante de Freyja. Relève-toi maintenant et cesse de te morfondre. L'heure n'est plus aux larmes, mais à la reconstruction. Bat-toi pour l'honneur des tiens. Garde tes souvenirs, mais ne vis plus à travers eux. Debout, maintenant, fière amazone.

La princesse avait énoncé tout ceci d'une voix quelque peu autoritaire et le visage de son interlocutrice semblait encore plus pâle qu'avant. Idril n'était pas tendre avec les autres, ne supportant plus de voir ces visages emplis de tourmente. La jeune fille était l'une des siens, et son chagrin faisait ressortir le poids de la culpabilité sur les épaules de la princesse, lui rappelant soudainement qu'elle n'avait pas été à la hauteur pour les protéger. Comment affronter les peurs de cette enfant de Freyja, alors qu'elle n'avait pas pu le faire autrefois ? Le royaume resplendissant des amazones n'était plus que ruine, son peuple terrassé par l'ennemi. Et qui en portait la faute aujourd'hui, bien qu'elle ait expliqué à Morzan que ce n'était pas leur faute ? Idril, bien évidemment ... Elle ne pourrait jamais occulté complètement ce sentiment de honte qui resurgissait à chaque fois qu'elle avait le bonheur de retrouver un des siens. Au lieu de profiter de la joie qu'une telle rencontre pouvait procurer, elle préférait s'éloigner, tant le déshonneur se faisait sentir pour cette amazone de sang royal. Tout son être se sentait humilié, souillé quand elle avait connaissance des tourments de son peuple. Elle n'était pas à la hauteur. Elle ne l'avait jamais été. Elle ne le serait jamais ...

Ses mains lâchèrent leur prise, à savoir les épaules de son interlocutrice. Elle ferma les yeux une seconde ou deux, puis les rouvrit brutalement. Une ombre étrangère luisait à présent dans les pupilles de la princesse. Elle contourna la jeune femme, sans un sourire et se dirigea vers l'entrée de la pièce. Sans un regard en arrière, elle ajouta :

En réalité, la princesse Idril n'est plus ...


Par ces termes, la jeune femme sous-entendait à ces interlocutrices qu'une princesse sans royaume ne pouvait exister. Elle s'était toujours présentée comme la princesse amazone des terres gwendiriennes, mais à quoi bon usait d'un titre qui n'a plus aucune valeur ? Elle restait, en son for intérieure, celle qui combattait pour restaurer la gloire du peuple de Freyja ... mais, en définitive, elle prit enfin conscience qu'elle n'avait plus rien d'une princesse ...

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MessageSujet: Re: Poésie par jour de Pluie [libre]   Dim 31 Aoû - 17:55


    Ses visions du passé se stoppèrent à l'instant précis où les premières paroles de l'Amazone dont le nom était inconnu retentirent, comme un tambour diffus aux mots impossibles à discerner. Sa voix avait été très faible, elle n'avait parlé que pour elle même mais il avait parut à Ëbène qu'elles résonnèrent tel un gong inaudible dans le coeur de la pièce. Une sensation très étrange, bien qu'elle n'eut pas l'avantage de comprendre ce qu'elle avait pu dire. Ses yeux s'étaient ouverts d'un coup, et tandis qu'elle retirait ses doigts fins de l'objet musical, elle se tourna légèrement vers ses deux congénères, le coeur insoupçonnablement alourdi. La Nécromante reprenait peu à peu l'usage accru de ses sens, perçevant les nouvelles paroles de la jeune Amazone comme l'aurait entendu les oreilles implaquables d'un prédateur. Elle avait reconnu le rang d'Idril, l'ayant sans nul doute déjà croisée auparavant. Puis, ses larmes coulèrent, flots incompréhensibles qui jaillirent comme d'intarissables fontaines hors de ses yeux. Avait-elle revu en l'espace d'une seconde la détresse dans laquelle se trouvait son peuple, à l'heure même où elle conversait ? Ou avait-elle simplement des liens avec Idril ? Ëbène n'en sut rien avant la réaction on ne peut plus stricte de l'Amazone. Elle s'était levée d'un bond en direction de Lenä, aussi fragile que l'aurait été une poupée à la peau de porcelaine, et entama un discours à la fois fougueux et autoritaire, voulant remettre cette jeune fille dans le droit chemin.

    Pleurer aux yeux d'autres n'avait plus lieu d'être en ces temps de troubles, Ëbène l'avait apprit à ses dépends. Cela ne semblait pas être le cas de l'Amazone, qui n'arrivait à stopper les larmes amères qui jaillissaient d'elle, meurtrières et imprévues. La Nécromancienne regarda cela d'un oeil froid et impassible, il était à présent inutile de pleurer le malheur des Terres du Nord, car cela ne l'aiderait aucunement. Et tant que la tristesse parlait il était impossible d'avancer sans faillir pour marcher vers la liberté, c'était ainsi qu'Ëbène concevait les choses. Aussi resta t-elle très naturelle, légèrement irritée face à la réaction de Lenä. Mais certains étaient plus fragiles que d'autres, et cela, elle était capable de le comprendre. Tandis qu'Idril lui rappellait les fondements mêmes du peuple amazone, Ëbène écoutait simplement ce qu'elle disait, restant par respect dans le silence jusqu'au dénouement de ses paroles. Fierté... Oui, c'était le mot qui brillait dans les yeux d'Idril, elle avait pu le voir. La fierté était l'une des armes les plus implaquables, elle avait le pouvoir de dissimuler dernière son masque altier toutes les douleurs et toutes les peines, sans qu'on soupçonne parfois son existence. Les Amazones avaient dûes souvent revêtir un tel apparat en ces temps obscurs, et Ëbène était sans nul doute détentrice de l'un des plus résistants. Idril semblait être la porteuse de tourments on ne peut plus sombres. Se croyait-elle responsable des malheurs qui pesaient sur tout son peuple ? Elle était leur princesse, et il était normal qu'un tel sentiment ait fait son apparition au sein de son esprit. Pensait-elle être incapable de sauver les Amazones, qu'ils finiraient tous par périr tandis qu'elle était ici, seule et loin des siens ? Oui... C'était bien ça, Ëbène en était sûre, même si la voix d'Idril avait été des plus rudes et des plus convainquantes. On cache souvent bien des choses derrière de simples mots, la Nécromancienne le savait et ne portait pas une grande confiance face aux simples paroles.

    Idril lâcha prise, comme alourdie par le poid de ses dires, et contourna sa congénère en direction de l'entrée, le visage aussi froid que la glace de son pays. Mais sans se retourner, elle ajouta une dernière phrase, qui ne surprit pas Ëbène. Tôt ou tard l'on finissait toujours par avouer ce que l'on s'évertue à cacher. Idril, cette jeune fille si fière de nature, avait comme laissé son titre derrière elle un instant, comme tombé sous une charge émotionnelle trop lourde.

    - Aucun d'entre nous, malgré tout ce que l'on peut dire ou montrer, n'est fait de pierre. Notre peuple n'est pas encore tombé, et ne tombera jamais tant qu'il en restera pour combattre sa cause. Vous êtes princesse, Idril, et la grande Freyja le veut ainsi. Si votre titre est tombé derrière vous, alors vous reviendrez plus tard à votre peuple sous un autre... Mais certains se souviendront à jamais de celui que vous avez porté.



Dernière édition par Ëbène Hél'Sinisther le Mar 28 Oct - 15:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Poésie par jour de Pluie [libre]   Lun 1 Sep - 17:06

Les larmes de Lenä ne cessaient d'inonder le vieux parquet de la salle. L'amazone se sentit submergée par tous ses souvenirs qu'elle avait tentés d'enfouir au plus profond d'elle-même, en vain. Elle avait mal. Mal au coeur, mal à l'esprit, mal dans son âme... Lenä avait l'impression de n'être plus qu'une enveloppe de chair qui continuait de vivre par la force divine. Freyja ne souhaitait pas la voir mourir, du moins pas pour l'instant.
Au fond d'elle-même, malgré la souffrance, une petite flamme avait repris vie. Celle de l'espoir. En effet, elle avait retrouvé une des siennes, et qui plus est, la Princesse des Amazones! L'unique personne qui pouvait à présent faire renaître leur royaume disparu.

Agenouillée à terre, Lenä s'imagina de tendres retrouvailles. La princesse accourrait, la serrerait dans ses bras et la réconforterait. Toutes deux pleureraient de joie d'être en vie. Ensemble, côte à côte, elles feraient renaître les Plaines de Fazor, telles qu'elles étaient à l'apogée du royaume amazone. Mais le scénario que s'était imaginé Lenä n'eut absolument pas lieu. Ce ne fut qu'un rêve... naïf.
En effet, quand l'amazone releva la tête, elle vit Idril s'approcher à grands pas. Elle marchait d'un pas décisif et droit. Soudain, Lenä se sentit soulever en l'air. La princesse la tenait par les épaules. Sa poigne de fer serrait sa frêle silhouette. Surprise Lenä n'osa plus bouger ni même prononcer un seul mot. Le visage d'Idril était sévère et froid, totalement différent de celui qu'elle arborait avant la chute du royaume.

Les paroles de la princesse furent sèches et directes. Tous les mots qu'elle prononça furent comme des petits poignards qui s'enfoncèrent dans le coeur de Lenä. Elle se sentit humiliée et vexée dans tout son être. La honte la plus retentissante de sa vie s'abattit sur elle en quelques secondes. Au fond d'elle-même, elle savait éperdument qu'Idril avait raison. Mais les royales paroles étaient tellement douloureuses pour la petite Lenä qu’elle ne put les concevoir comme bienfaisantes... A présent elle ne pleurait plus. Mais une boule nouait sa gorge et son teint palissait à vue d'oeil. Un tas de pensées envahissait son esprit. La tirade d'Idril avait déclenché en Lenä une remise en cause de son identité même. Ma sensibilité m'est traître... Je ne mérite pas d'être amazone. Je ne mérite pas d'être une de tes filles Freyja, ni même un de tes soldats, Princesse.

Idril la lâcha soudainement et se dirigea vers l'entrée. Lenä avait les jambes en coton, prêtes à s'écrouler au moindre instant. Elle fixait le vide de la salle, éblouie de temps à autre par les éclairs qui déchiraient toujours le ciel sombre. C'est alors qu'Idril prononça de bien bouleversantes paroles, qui éveilla remord et pitié dans le coeur de Lenä. Une nouvelle voix, jusque là éteinte, s'éleva dans la pièce. C'était celle de la jeune femme inconnue, qui se trouvait à présent près d’un violon, au milieu de la pièce. Durant toute la scène, celle-ci était restée en retrait. Elle tenta de résonner et réconforter Idril sur son titre royal. Sa sagesse et sa conviction en « son » peuple et sa princesse soulevèrent en Lenä quelques soupçons sur son identité. Elle en était persuadée, la jeune femme aussi était une amazone ou du moins à moitié. Mais ce détail ne sembla pas l’interloquer. En effet, elle était trop éprouvée pour réagir à cette découverte.

Le silence était retombé dans la pièce. Trop honteuse de son attitude, Lenä préféra quitter les lieux, les yeux baissés vers le sol. Elle sortit de la pièce et fit quelques pas dans le couloir. Puis elle se stoppa, et revint vers Idril. Elle retira alors une fleur de ses cheveux et la posa aux pieds de l'Amazone.

Toutes les fleurs naissent, bourgeonnent, fanent et disparaissent. Toutes sauf une...Vous. Car vous êtes l'Eternelle Fleur de Freyja, celle qui ne périt jamais.

Lenä tourna les talons, et repartit dans les couloirs sombres de Maelthra...
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MessageSujet: Re: Poésie par jour de Pluie [libre]   Dim 7 Sep - 14:04

La voix d'Ebène retentit avec douceur, contrastant avec la violence des propos de la princesse amazone. Ses dires semblaient voués à redonner confiance à Idril, confiance en son titre et confiance en l'avenir. La jeune femme à la beauté enivrante était dotée d'une sagesse que ni Idril, ni la petite Lenä possédaient, pourtant toutes du même âge -ou presque. La princesse esquissa un sourire, avant de voir l'amazone fragile se faufiler vers le couloir, revenir sur ses pas et déposer une fleur à ses pieds, tout en prononçant des paroles complaisantes. Idril ramassa la fleur, la huma et sentit une vague de remords la submerger ... Elle se précipita vers la petite Lenä, la prit dans ses bras et s'excusa de la véhémence de ses paroles. Elle la berça tendrement pour consoler sa tourmente, ses larmes ayant décidé de couler à nouveau. Une scène certes idyllique ... mais qui ne se déroula jamais.

Lorsque la nécromancienne parla avec douceur, mais non pas sans fermeté, pour convaincre la princesse qu'elle ne devait pas renoncer à ce qu'elle était, cette dernière esquissa un demi-sourire amer. Qui se souviendrait d'elle ? Et surtout, de quelle façon ? N'était-elle pas la descendante de la plus estimée des Reines et qui pourtant avait conduit le peuple amazone à sa perte ? N'était-elle pas celle qui n'avait pas su protéger les siens de la folie destructrice du Parjure ? N'était-elle pas celle qui avait fui son propre royaume pour trouver refuge chez les Ombres ? N'était-elle pas celle qui, enfin, avait quitté le continent gwendirien pour le Veldri ? Alors, s'il y avait des personnes pour se souvenir d'une telle princesse, quels seraient leurs sentiments à son égard ? Elle était faible, même si elle s'efforçait de donner une image contraire de ce qu'elle était vraiment. Elle était effrayée en pensant au passé comme à l'avenir. Même Morzan ignorait à quel point elle se sentait perdue, désespérée et coupable de son sort et de celui de son peuple. Personne n'avait conscience du degré de la peine qui habitait son âme et son corps, tant son visage était fermé. Ses traits n'évoquaient rien, si ce n'est la froideur et la fierté. Était-elle la digne représentante des amazones, après tout ? Elle n'était même plus capable de réconforter ceux qui lui livraient leurs sentiments profonds, comme l'avait fait Lenä. Elle n'était pas comme Morzan, elle n'avait ni sa patience, ni sa bienveillance. Elle était austère et glaciale. Elle n'était devenue que l'ombre d'elle même, une véritable machine de guerre dont le seul but était de tuer le Tyran Bennefoy, incapable de ressentir compassion ou pitié. Elle avait cherché à devenir plus puissante, s'entraînant toujours plus et oubliant pour ainsi dire le principal : l'amour des autres.

Lenä la dépassa à son tour, tandis qu'elle s'était arrêtée sur le pas de la porte pour écouter la demi amazone. Sa détresse était immense, sa honte encore plus. Même si le but premier de la princesse avait été de lui faire prendre conscience que les pleurs ne servaient plus à rien désormais, son intention n'avait jamais été de blessé la petite poupée blonde. Elle avait voulu lui ouvrir les yeux, non l'humilier. Mais Idril était incapable de prendre en compte le fait que chaque être est doté d'une force mentale différente de la sienne. Néanmoins, même si elle ressentit une pointe de remords en voyant la frêle silhouette se fondre dans l'obscurité des couloirs, elle ne se laissa pas submerger par ses sentiments. Inutile de se rendre coupable une fois de plus, son esprit était déjà assez encombré par de sinistres pensées. Elle fut surprise de voir sa congénère revenir sur ses pas, pour déposer une des fleurs qui ornaient sa chevelure aux pieds de sa princesse. Sa voix, encore toute tremblante, récita un vers improvisé flattant l'ego de la jeune femme. Idril ne sourit pas et Lenä tourna les talons. La princesse se baissa et ramassa pour prendre entre ses doigts longs et fins la fleur. Elle la huma et ses narines furent charmées par les fragrances qui s'en dégageaient. Elle posa sa main - et donc la fleur - sur son coeur, tout en baissant la tête et en ferment les yeux, comme si elle présentait des excuses silencieuses à sa compatriote. Elle retrouverait cette créature de Freyja, elle lui rendrait sa fleur et elle ferait comme si rien de tout cela ne s'était jamais passé. Elle tâcherait de défaire le masque qu'elle endossait depuis trop longtemps, celui qui dissimulait habilement les émotions qu'elle ressentait. Elle rouvrit les yeux et sans adresser un nouveau regard à la nécromancienne, elle s'enfonça dans la pénombre des couloirs de Maelthra Magthere, le coeur lourd et l'esprit chargé. Elle n’avait plus qu’une envie, celle de se blottir dans les bras du prince des Ombres ...



[désolée du retard ... T_T]

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MessageSujet: Re: Poésie par jour de Pluie [libre]   Lun 27 Oct - 18:28


    Lorsque son monologue fut achevé, la jolie et légère amazone nommée Lenä s'engagea à son tour dans un discours improvisé, de légères phrases visant à flatter la princesse. Blessée, humiliée par les propos de cette dernière, sa voix avait été tremblante et ses paroles aussi frêle que l'était son corps à cet instant, incertain et presque effrayé. Elle avait honte de son attitude, avait secrètement espéré une réaction moins forte de sa bien-aimée princesse, mais il n'en fut pas ainsi, et Idril était restée fidèle à elle-même. Véhémente et directe, ses dires à elle avaient beaucoup secouée la frêle amazone. C'était sans doute ainsi que se devait d'être la représentante d'un peuple aussi bafoué qu'était celui des amazones. Froide, dure et inflexible. Ou alors c'était un bouclier nécéssaire lorsque l'on était dans une telle position, et Ëbène n'en fut pas surprise le moins du monde. Deboussolée par les forces de son Passé, Idril se perdait dans ses pensées, dépassée par la situation dans laquelle était son peuple. Son amour pour lui était grand, la nécromante pouvait le sentir, mais l'impuissance qui se manifestait tel un torrent en elle semblait encore plus forte que sa passion et son désir de le protéger. Un chaos insondable s'était sans doute creusé dans son esprit au fil des années, commençant à perçer la surface de son courage et son impassibilité. Pourtant, sa volonté était grande, et Ëbène ne douta pas que cette dernière ne se revèle plus forte que tout les sentiments négatifs qui émanaient d'Idril.

    Lenä, cette jolie petite poupée bléssée par la fougue aussi naturelle que vive de la princesse, avait déposé l'une des belles fleurs ornant ses cheveux à ses pieds, tel un hommage qui accompagna ses douces paroles. Idril resta froide, et n'eut pas le moindre sourire pour elle, car sans doute était-elle trop assaillie par ses noires pensées pour lui porter une marque d'affection. S'en voulait-elle d'avoir été de pierre face à sa congénère ? Peut-être, mais si telle était la vérité, alors comme sa peine elle s'efforcait de le dissimuler. Une fois Lenä partie, gênée par le précédent discours d'Idril, celle ci senti les douces effluves dégagée par la fleur, avant de la poser sur son coeur. Un regret s'était logé en elle. Sans offrir un regard à la mortuaire magicienne, la princesse s'engouffra dans les sombres couloirs de Maelthra Magthere, sans nul doute éprouvée par ce qu'il venait de se passer.

    Ëbène resta un instant, songeuse, les yeux à présent rivés sur le sol. Elle écouta un long moment le son splendide du Vide qui s'était instauré, particulièrement respectable et beau à voir dans une salle où le règne du Silence ne devrait pas avoir lieu d'être. Ses paupières closes, elle redessina derrière les évènements depuis son arrivée en ces lieux nouveaux, si différents de ceux qu'elle avait connu jusqu'alors. Puis, ses yeux se rivèrent sur le violon, derrière elle, qui mendiait ses regards. Elle le caressa comme elle l'avait fait plus tôt, du bout des doigts, avant de s'en saisir. Délicieusement lové contre elle, la Nécromante se souvint de la joie d'enfance qu'elle avait eut à jouer des heures entières de cet instrument. Prenant dans sa seconde main l'archet posé tout à côté, rythmée par les dons du passé, les notes fluides du violon adoptèrent la résonnance mélancolique de ses pensées.



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