Maelthra Magthere

L'école des Dragonniers.
 
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 Le retour d'une femme déchue [Libre]

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Carthana Banest
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MessageSujet: Le retour d'une femme déchue [Libre]   Mer 3 Sep - 17:09

J'ai aucun talent avec les titres è_é

Jeudi 17 mars, 13h37


Lorsque les arbres se firent moins nombreux et moins denses, lorsque les ombres furent moins épaisses et moins menaçants, Maelthra Magthere apparut enfin devant elle. C’était un château magnifique, voire même terrifiant, qui s’imposait de si loin. C’était le bastion des dragonniers, la forteresse qui abritait leurs espoirs. Espoirs qui seraient gâchés dans un futur plus ou moins rapproché, songea Carthana Banest. Elle serait l’outil de la chute de cette grande citadelle ; là où une armée avait récemment échoué, une seule femme réussirait. À chaque seconde, alors qu’elle marchait d’un pas rapide, le château grossissait, et en même temps elle réalisait l’ampleur de sa tâche. Ce ne serait pas facile, mais elle réussirait. Mais le but de sa présence en ces lieux devait rester un secret, un secret pour lequel elle devrait mentir avec tout son être. Ainsi, dans ce but, elle se composa un visage serein, très légèrement souriant, qui serait son masque pour les mois à venir. À présent, elle était redevenue l’infirmière joyeuse, douce et attentionnée que les occupants de Maelthra Magthere pensaient connaître. Ils l’avaient côtoyée sans jamais s’enquérir de son passé, et peut-être même ne l’avaient-ils jamais vue comme un être vivant. N’avait-elle été qu’une simple machine destinée à les soigner, dans leurs esprits? Mais si c’était le cas, pourquoi Alice Liebërt lui aurait-elle envoyé des fleurs en guise de remerciements pour l’avoir soignée?

"Qu’importe, tout ceci appartient au passé."

Carthana avait parlé à voix haute, comme pour mieux se rassurer, mais elle replongea aussitôt dans le silence, alors que l’école des dragonniers se faisait si grande qu’elle en sentait le poids sur tout son corps. Elle était presque rendue au hall d’entrée, à présent. Peut-être serait-il plus sage de rentrer par la fenêtre de l’infirmerie? Un rugissement quelque peu aigu, et très peu féroce, lui fit écarter cette possibilité. Elle se retourna, ayant reconnu la source de ce cri, qui en était un de joie et de soulagement. Regen, son étrange dragon multicolore, brillait de tous ses feux, et plongeait en piqué pour venir la voir. Quant à savoir comment il l’avait reconnue, ce serait un mystère pour toujours. Intuition draconique? Il atterrit quelque peu lourdement sur le sol, et tendit la tête en direction de sa maîtresse, un peu comme un chat désirant se faire flatter. Puis, voyant qu’elle ne réagissait pas, il s’avança un peu plus, et manqua la faire tomber en se collant sur elle, et en commençant à lui faire la conversation dans sa langue bien à lui. La traîtresse, surprise d’une telle démonstration d’affection, lui flatta la tête, tout en se demandant si une telle créature pouvait ressentir le contact d’une si petite main sur ses épaisses écailles. Apparemment, c'était le cas, car il émit un doux ronronnement de satisfaction.

"T’ai-je vraiment manqué à ce point?" le questionna-t-elle d’une voix qui contenait mal ses émotions. "Est-tu si heureux de me voir? T’es-tu vraiment inquiété de savoir comment j’allais, alors que je n'ai été absente que deux jours?"

S’il avait compris, Regen ne le laissa pas savoir, et continua de se faire câliner pendant une minute entière, avant de reculer, puis de déployer ses ailes. Il s’envola avec plus de grâce qu’il n’avait atterri, puis commença à faire des acrobaties dans le ciel, comme pour exprimer sa joie. C’était un véritable mystère, que cette créature. Alors que Regen amorçait son troisième piqué, Carthana sentit en elle un sentiment qui ne lui appartenait pas, et reconnut là l’esprit de son armure, l’ancien dragon Asteryan Dantes, qui lui signifiait son appréciation du fait qu’elle soit si attachée à son dragon, et aussi de la curiosité. Il désirait savoir s’il verrait d’autres de ses congénères, et parut particulièrement satisfait de recevoir une réponse positive. Sa présence se retira aussi subitement qu’elle était apparue, alors que l’esprit draconique retournait dans l’imposante armure de plaques qui protégeait Carthana. C’était cette armure qui cachait son cœur sombre aux yeux de tous, songea-t-elle, avant de recommencer à se diriger vers l’immense hall d’entrée. À chacun de ses pas, il y avait un petit claquement alors que les parties de son armure s’entrechoquaient, pas tout à fait comme celui qu’aurait produit le métal, et pas tout à fait comme deux morceaux de bois qui se frappent, mais plutôt entre les deux. Accompagnée par ce bruit rythmé, elle commença à monter les escaliers qui la mèneraient à l’intérieur. C’était un moment important : la première fois où elle était entrée dans ce château, c’était pour le protéger, et à présent elle y retournait pour en causer la chute.

Mais rien ne se produisit alors qu’elle passait les hautes portes qui menaient à l’intérieur du château, et elle retrouva cette ambiance chaleureuse qui régnait partout dans le château. Quelques élèves passaient, et certains lui lancèrent des regards intrigués tout en passant leur chemin, auxquels elle répondit par un sourire rassurant. En fin de compte, rien n’avait changé dans le château de Maelthra Magthere. Ce serait elle, Carthana Banest, qui apporterait le changement : l’atmosphère chaude et amicale deviendrait bientôt propice aux mensonges et aux soupçons, et les valeurs sur lesquelles était fondée l’école s’effondreraient. Ce ne serait plus alors qu’une question de temps avant que le reste ne suive…

Et pourtant, même avec ces sombres pensées en tête, l'infirmière parvenait à garder son air serein, tout en regardant, immobile, les quelques élèves qui passaient devant elle. Sur ses lèvres flottait un sourire léger, si calme, qu'on aurait été bien en peine de découvrir les ténébreuses intentions qu'il était destiné à camoufler.


Dernière édition par Carthana Banest le Jeu 4 Sep - 20:36, édité 1 fois
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Ëbène Hél'Sinisther
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MessageSujet: Re: Le retour d'une femme déchue [Libre]   Mer 3 Sep - 19:50







[Court, je le concois. J'ai parfois un peu de mal avec les débuts.
Je me rattrape généralement après =) ]



Une musique bien étrange planait dans l'atmosphère. Comme des voix diffuses et ensorcelantes qui venaient tour à tour assaillir l'air loud qui régnait dans la pièce. Ëbène était assise au bord de la grande fenêtre d'une salle vide, désertique, située presque au sommet de l'une des tours de Maelthra Magthere. Les pans de sa robe de velours violacée volaient aux quatre vents, légèrement mouvante sous sa pression invisible. Elle regardait l'horizon, simplement, aimant la vue qu'elle ne pouvait avoir depuis sa salle souterraine de nécromancie. Et puisqu'aucun cours ni personne ne vivait ici, sa venue en ces lieux n'était pas un problème. Là, elle pouvait songer longuement sans craindre d'être dérangée. De fil en aiguille, la Nécromante revisionna derrière ses yeux glacés ses premiers jours dans l'établissement. Sa rencontre avec quelques personnes, professeurs ou élèves, les endroits qu'elle avait pu découvrir, l'avenir qui allait s'étendre devant elle... Tout cela était flou, et cela la plongeait dans la perplexité. Fière de nature, elle n'aimait pas être vue dans cette sorte de torpeur, préférant ainsi prendre refuge dans un endroit où personne ne viendrait la déranger. Son dragon, Sèvhelsàng, volait non loin de la fenêtre où elle avait prit place, survolant les cieux avec toute la majesté de ceux de sa race. Sa louve, elle, était près d'elle, observant aussi l'horizon qui s'étendait devant ses iris, une méfiance naturelle transperçant son regard.

Cela faisait plus d'une heure qu'elle était là.
Se lassant de ce climat pesant, la Nécromancienne se redressa, lançant un dernier regard à ce qui s'élevait devant ses yeux, et sortit de la pièce à pas lents, sa Louve la suivant dans l'ombre comme toujours. A elle aussi, l'ambiance vide devait avoir réussi à la lasser profondément. Elles marchèrent côte à côte, comme conversant avec pour langue le silence, liées par des liens forts étranges et reconnus uniquement par les légendes Nordiques. Ëbène descendit les marches de la tour, gravissant tout ses étages depuis l'endroit où elle avait été se reposer en quête de solitude, et parvint dehors. L'air, lui aussi, était lourd, presque étouffant. La brume serpentait les chemins du domaine de Maelthra Magthere, y semant une once de mystère qui faisait toute la beauté des lieux. La Nordique adorait depuis toujours le brouillard, cet élément si secret et curieux à la fois qui soulevait toujours en elle la même admiration qu'autrefois. Elle arpenta ces mêmes chemins, marchant vers le hall d'entrée du château. Lorsqu'elle arriva jusqu'à la porte massive qui se trouvait être l'ouverture principale de la forteresse, elle regarda une dernière fois en arrière. Le Temps présageait une sensation de mauvaise augure.

Lorsqu'elle fut enfin à l'intérieur, elle analysa brièvement les lieux. Quelques élèves passaient, marchaient et disparaissaient dans d'autres pièces mitoyennes à celle ci. C'est alors qu'elle tomba sur quelqu'un qui lui, ne bougeait pas, stoïque au centre de la pièce, et ses yeux de neige laissèrent apparaître une certaine curiosité à son égard.

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MessageSujet: Re: Le retour d'une femme déchue [Libre]   Jeu 4 Sep - 21:34

Le ciel avait nappé un manteau de brume sur Maelthra Magthere. Perdue au milieu des vallons, en total paradoxe avec sa taille, l'école faisant pls que tout autre jour figure de piège. Un ingénieux mécanisme qui ce serait refermé sur les élèves en ne laissant d'aure choix que des remords qu'ils porteraient en véritable fardeau sur leur conscience durant bien des années. Tous étaient venus suivre un rêve ici, de même qu'une partie des professeurs. Devenir dragonniers, être reconnus par leur proche, voire même rendre ce monde meilleur en sauvant les dragons pour les idéalites. Venue ici pour fuir son passé, Alice se sentait à l'étroit entre ces pierres chargées d'historie. Il lui smblait que si l'attaque de l'Alliance avait isolé les élèvs mais crée des signes de connivence entre eux, ils faisaient désormais partie d'un groupe dont elle était exclue.

Quoiqu'on en dise, le sentiment d'etre rejeté pouvait être lourd à porter, et Alice en savait quelque chose. L'ombre des autres n'était pas agréable, principalement quand on savait qu'on n'était pas en droit de leur vouloir. La jeune fille jeta un regad hésitant devant elle, penchant légèrement la tête pour ôter de son champ de vision l'impressionnante pile de livres qu'elle portait. Au vu de la morosité ambiante, elle avait préfré si'soler et mettre un pied au sous-sol ce qu'elle ne faisait jamas au vu de l'absence de lumière. Mais aujourd'hui, c'était tout le ciel qui étalait cette morosité où la lumière dont elle avat tant bsoin était absente. C'est ainsi qu'elle avait choisi divers ouvrages sur les potions dans la bibliothèque, repéré quelques filtres intéressants et s'était décidée à faire un tour dans la salle de potions qui de toute manière n'était jamais fermée afin de permettre aux élèves de s'entraîne, avant de retourner à ses cours. Alice entreprenait de préparer ce dont elle aurat besoin puis aller en cours d'alchimie avant de revenir plus tard dans l'après-midi.

Une petite créature bleue à ses côtés se dandinait d'une démarche ressemblant à s'y méprendre à celle d'un canneton, à ceci près qu'il aurait eu une bien étrange apparence. Cette mignonne bestiole nétait aure que le familier de la phoenix, une sorte de djiin au comportement énigmatique. En ce moment même il avait décidé de se dandiner sur un mètre, puis sautiller un peu avant de dandiner de nouveau. Adorable au premier abord, très agaçant plus tard. En jetant un nouveu coup d'oeil, elle aperçu le visage serein de l'infirmière et elle accéléra un peu le pas pour la rejoindre.

Néanmoins, après avoir tenté de faire un geste vers le djiin pour lui faire comprendre d'être un peu moins bruyant, Alice se ravisa en voyant sa pile s'effondrer. Tout naturellement, elle avait oublié de prendre un sac pour transporter avec elle les ouvrages empruntés à la bibliothèque, et soutenir leur pile d'une seule main équivalu à la laisser s'effondrer. Suivant un réflexe tout naturel, elle bondit en avant pour cherche à rattraper les livres, au moment même où son djiin revenait affolé, ayant visiblement aperçu quelque chose capable de réveiler sa couardise face à plus gros que lui. La jeune fille fit un vif écart en avant, percuter quelqu'un vers qui deux ou trois ouvrages voltigèrent avant de se heurter. Emportée par son élan, elle avança d'encore quelques pas tandis que la pile continuait de se désagréger. Mais sa course se stoppa net, tandis qu'elle heurta ce qui lui sembla être un mur mais n'était en réalite qu'une armure.

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MessageSujet: Re: Le retour d'une femme déchue [Libre]   Ven 5 Sep - 6:17

[Les passages du texte qui sont méchants envers une quelconque entité sont le reflet des pensées de Carthana, et non des miennes Xd]

Ils ne la reconnaissaient même pas. Plusieurs de ces élèves qu’elle avait soignés avec tant d’attention la regardaient à présent comme si elle n’était plus qu’une étrangère. Mais étrangement, c’était eux qui avaient raison de ne pas la reconnaître : elle n’était plus la même, et ceux qui la verraient comme étant la Carthana d’antan auraient tort. Pour une rare fois, ignorance rimait avec vérité. Depuis longtemps, elle avait eu ce don, celui de modeler sa chair, de la reformer à sa guise pour devenir une nouvelle personne. Quatre fois seulement, elle s’était transformée de la sorte. La première fois avait été dans le cadre d’un affrontement avec un Alassea, une créature de l’ombre qui faisait partie de l’Alliance. La seconde avait été pour revenir à son état normal, et alors elle avait juré de ne plus jamais utiliser cette horrible métamorphose. Mais avec le temps, cette promesse s’était effritée jusqu’à ce qu’il n’en reste plus rien, et au cours de deux semaines, elle avait modelé sa chair es ses os comme s’il s’était agi d’argile, et avait ainsi recréé son corps. Et une fois de plus, elle avait fait cette même promesse, celle de ne plus jamais changer de la sorte. Ce n’était pas tant qu’elle ne voulait plus faire usage de ce mystérieux don, mais simplement qu’elle n’envisageait pas de survivre à la chute de Maelthra Magthere. Ce serait l’apogée de l’œuvre de sa vie, le coup de marteau destructeur qui mettrait fin à une existence passée à réparer. On se souviendrait du nom de Carthana comme étant celui de la plus mesquine des traîtresses, celle qui aurait soufflé le mouvement de résurrection des dragonniers. Elle serait un grand fléau, et entrerait dans les légendes, qui seraient racontées jusqu’à ce que plus personne ne sache si elle avait véritablement existé.

Mais alors qu’elle s’était transformée pour ce qui serait probablement la dernière fois de sa vie, il aurait été faux de dire qu’elle était méconnaissable. Plusieurs traits de son visage étaient restés les mêmes, et ainsi, à bien y regarder, on aurait pu croire qu’elle était quelque sœur ou cousine oubliée de la famille Banest. Seuls ceux qui la connaissaient mieux, cependant, la reconnaîtraient comme étant l’infirmière de Maelthra Magthere. Ces gens pourraient probablement être comptés sur les doigts des deux mains, peut-être même une seule, et parmi eux se trouvait Alice Liebërt, qui avait passé plusieurs jours à l’infirmerie déjà. Lorsque Carthana reconnut ce visage si familier, elle ne put s’empêcher de sourire de plus belle, car une partie d’elle se réjouissait de pouvoir revoir la phoenix, sans qu’elle sache vraiment pour quelle raison. Était-ce ce sentiment que ressentent deux vieilles amies en se revoyant? Probablement pas. L’excitation de rencontrer une personne qui la connaissait suffisamment bien pour percer son secret à jour? Non plus. Peut-être un mélange des deux? Quoiqu’il en soit, elle était heureuse de revoir Alice.

D’ailleurs, cette dernière ne paraissait pas particulièrement en bonne posture. Marchant derrière une pile de livres si haute qu’elle devait bien défier quelques lois de la physique pour éviter de se désagréger, la Niar était accompagnée par une bien étrange chose bleutée qui était la source d’un immense vacarme. Edward, songea sans aucun enthousiasme Carthana, en reconnaissant l’animal de compagnie surexcité de son ancienne patiente, une créature qu’elle aurait préféré ne plus jamais rencontré. Cette chose, un chien surexcité, et un enfant de quatre ans, avaient tous un point en commun : incapables de se contenir, ils lui faisaient tout simplement horreur. Ainsi, lorsque le petit djinn bleu se rapprocha d’elle, l’infirmière eut un léger mouvement de recul tout à fait involontaire, et son visage adopta une expression figée, quelque peu dégoûtée, qui s’estompa quelque peu lorsque la créature repartit en courant et en couinant. Mais il y avait pire. La pile de livres d’Alice avait décidé de se pencher vers l’avant, avant de changer d’avis et de foncer vers le sol. Dans la débâcle qui s’ensuivit, Carthana fit un pas vers l’arrière pour s’écarter du chemin de la catastrophe ambulante qu’était devenue Alice, mais ce ne fut pas suffisant. Les deux femmes se percutèrent avec assez peu de douceur, mais l’infirmière ne perdit pas l’équilibre pour autant, et une fois que le choc de l’impact fut passé, elle adressa un rictus ironique à la phoenix.

"Je ne t’aurais jamais imaginé perdre la face à ce point, Alice. Tu n’as rien de cassé?"

Si elle avait commencé sa phrase avec une pointe de moquerie dans la voix, elle l’avait terminée avec douceur, d’un ton qui indiquait très clairement qu’elle désirait vraiment savoir si tout allait bien. Constatant que la Niar n’était pas blessée, Carthana se désintéressa d’elle un instant pour adresser un regard à la ronde, réprimandant silencieusement du regard les quelques élèves qui s’étaient arrêtés, le sourire aux lèvres, pour observer le spectacle. Parmi ceux-là, cependant, une en particulier retint son regard : c’était une belle femme à la peau d’albâtre, qui dégageait une impression de froid, et qui était accompagnée du plus gros loup que Carthana ait jamais vue. Les deux formaient un couple qui semblait venir des plus lointaines plaines glaciales du nord, sans pour autant sembler hostiles. De fait, la femme semblait même quelque peu intriguée, tandis que le loup… Qui donc se serait enquis de savoir ce qu’un chien surdimensionné pensait? Certainement pas elle.

"Vous pourriez nous donner un coup de main pour ramasser ce gâchis?"

C’était une voix douce qu’avait employée Carthana en s’adressant à l’inconnue, car elle ne pouvait pas encore se permettre de se faire des ennemis. Pour l’instant, non seulement elle s’arrangerait pour convaincre tous les professeurs qu’elle était de leur côté, elle ferait également de même pour les élèves, alors il lui fallait commencer immédiatement. Après avoir adressé un sourire quelque peu énigmatique à l’étrange femme, la traîtresse mit un genou au sol, et entreprit de ramasser les livres qui s’étaient éparpillés un peu partout, comme s’ils avaient tenté de s’enfuir dans toutes les directions, mais s’étaient arrêtés au beau milieu du chemin de leur liberté. Un peu plus loin, un jeune homme s’était mis au travail, que ce soit par simple générosité, ou peut-être par intérêt, mais il traînait quelque peu, comme s’il voulait bien qu’on remarque qu’il commettait un geste de grande générosité. Enfin, tant que le djinn d’Alice ne se mêlait pas de la partie, tout irait bien…
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Ëbène Hél'Sinisther
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MessageSujet: Re: Le retour d'une femme déchue [Libre]   Dim 14 Sep - 14:47



Quelque peu interpellée par l'allure majestueuse de cette femme, Ëbène resta un long instant à l'observer, tandis qu'elle même semblait analyser les lieux alentours. Puis, ses yeux furent attirés plus loin dans la pièce, la où l'arrivée d'une jeune fille - sans doute une élève - l'avait tirée de ses interrogations. Elle portait une immense pile de livres dans ses bras, menaçant de s'écrouler au moindre mouvement indésiré. Dans l'ombre de la pièce, seuls ses yeux trahissaient cet étouffant manteau d'obscurité. Assise tranquillement dans un coin fort peu éclairé - pour dire qu'il ne l'était pas du tout - elle observait, le regard translucide perçant les ténèbres, la scène qui se déroulait. Calmement. Sans un geste. Avec une impassibilité déconcertante. Toute la vie de son corps semblait avoir pris place au coeur même de ce regard si charismatique. Elle analysa la nouvelle venue, toujours en quête d'éviter de faire basculer tout ses ouvrages. Une créature bien étrange dandinait à ses côtés, et Ëbène la scruta sans un mot, toujours enveloppée dans la pénombre, le sourcil froncé. Quel était donc cet animal à la fois bizarre et presque ridicule ? Sa façon de marcher laissait fortement à désirer. Sa Louve - elle en était sûre - devait aussi regarder attentivement ce petit être marcher à côté de sa supposée maîtresse, et Ëbène pouvait presque entendre son rire sarcastique percuter les parois de son esprit.

Sans grand étonnement, la Nécromancienne vit l'inévitable se produire. La pile lourde de livres pencha vers l'avant, et entraîna leur chute en créant un vacarme sourd contre le sol. La jeune fille avait percuté dans l'élan de sa maladresse l'armure imposante de cette femme étrange, celle qu'Ëbène avait observé en arrivant. Elles se connaissaient sans doute, car cette même personne appela la jeune fille par son nom. Alice. Encore une que la nécromante ne connaissait pas, du moins pour l'instant. Si le début de sa phrase avait eu une forme sarcastique, la femme s'était rattrapée par la suite sur un ton plus doux, surement pour ne pas froisser son interlocutrice. Elle avait observé la scène sans un mot, jugeant que s'immiscer au coeur de leur conversation aurait été impoli. Aussi se contenta t'elle de quelques regards, son visage apparaissant parfois dans l'ombre des lieux. L'infirmière de l'école observa un instant les environs, et posa ses yeux sur elle, décelant la forme de sa silhouette ombrageuse. Ëbène ne tiqua pas, et se demanda intérieurement si la femme allait l'interpeller, car ses yeux parlaient d'eux mêmes pour indiquer une certaine curiosité. Là encore, elle vit juste, et c'est la demande d'un service qui sortit de la bouche de l'inconnue.

Sa réponse fut un simple mouvement de tête, léger et concret.

La Nécromante se leva dans un geste lent, intriguée par quelque chose. Cette armure... Une énergie considérable se dégageait de cette matière fort peu commune, une puissance incroyable. Une force nécrotique, oui, elle aurait pu la sentir depuis les tours les plus reculées du château. Sans doute devait-elle d'ailleurs être la seule à pouvoir autant discerner cette puissance, puisqu'elle était elle même depuis bien longtemps grande magicienne nécromante. Mais comment décrire cette armure... Elle semblait forte et faible à la fois, protégée et particulièrement sensible à cette magie obscure. Imperméable aux autres, peut-être. Mais quoi qu'il en soit, Ëbène fut prise d'interrogations un long moment tandis qu'elle scrutait l'une après l'autre chacune de ses plaques épaisses. Après quoi seulement, elle se pencha pour aider les deux femmes à réparer le malheureux incident de la plus jeune. Elle conserva les livres qu'elle ramassa dans ses bras par politesse pour l'élève, ne voulant qu'elle ne trébuche encore une fois sous ce poid non négligeable. Par respect également pour ses deux futures interlocutrices, elle préféra se présenter.

- Mon nom est Ëbène Hél'Sinisther, j'enseigne ici les sciences nécromanciennes.

Son regard renvoya simplement la question aux deux femmes, dans le chuchotit continuel d'élèves qui circulaient autour d'elles.

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Alice Liebërt
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MessageSujet: Re: Le retour d'une femme déchue [Libre]   Mar 7 Oct - 22:48

Malgré le choc, Alice ne tomba pas à terre. Par chance, ou bien malchance, l'épaisse armure violette l'avait retenue. Quoique à choisir, le sol aurait peut-être été moins violent. Sans doute aurait-elle au moins pu amortir sa chute, tout du moins l'atténuer. Légèrement sonnée, Alice tourna vivement sa tête, réflexe purement adolescent afin d'éviter de rejeter ses cheveux en passant sa main. Le geste, s'il était en fin de compte plutôt puéril et très peu utile, avait au moins le mérite de faire sourire les quelques spectateurs qui auraient assistés au spectacle. Mais par chance pour la Niar, très peun d'élèves à l'horizon. Tant mieux, elle avait déjà assez honte de s'être cogné à ... à ... hum, ce pilier? Un bref coup d'oeil sur le sol qui renvoyait un reflet violet lui permit de comprendre que non, il ne s'agissait pas d'un pilier. Toutefois, la jeune fille dû hésiter plusieurs secondes afin d'être certaine qu'il n'y avait en effet aucun pilier de couleur violette dans le hall.

Alors qu'elle s'apprêtait à relever la tête, c'est dans une synchronisation presque parfaite qu'une voix familière lui fit lever la tête, achevant de confirmer qu'il ne s'agissait pas d'un pilier. Au milieu de stries dorées, mèches récalcitrantes qui s'étaient décidées à obstruer son champ de vision, Alice reconnut le visage de Carthana. Tiens, c'est vrai. C'était justement vers l'infirmière qu'elle s'était dirigée avant d'apercevoir en gros plan le sol et la voûte plus que temporaire des livres qu'elle avait tenté de transporter. Après quelques secondes d'hésitation, temps nécessaire à ce qu'elle comprenne exactement ce qu'avait voulu lui dire l'infirmière, la phoenix répondit à son interlocutrice, tout en se relevant avec bien plus de prestance qu'elle n'avait chuté.


- A première vue, je dirais que tout fonctionne.

Elle avait répondu sans être tout à fait sûre, aussi la blondinette s'empressa-t-elle de vérifier que comme elle l'avait dit, tout fonctionniait. Et cela semblait être le cas puisqu'elle ne décela pas de blessure nécessitant des soins. Juste une coupure qui disparaîtrait bien vite, d'ailleurs, il lui semblait que le sang coagulait déjà.

Bien évident, la première remarque de Carthana était passée tout à fait inaperçue. L'élève aurait été bien moins surprise de cette marque d'attention plutôt que de cette légère ironie, quelques soient les circonstances. Le ton ... affectueux... de l'infirmière l'avait étonnée. Non pas qu'elle ne reconnaisse plus la personne qui l'avait soignée plusieurs jours, mais plus simplement car on avait rarement accordée autant d'attention à ses blessures. Cette voix, presque maternelle, qui s'occupait d'elle était une situation bien étrange aux yeux de la jeune fille. Sa propre mère s'était-elle ne serait-ce qu'une fois souciée d'elle de la sorte? Non, sans doute.

En voyant Carthana et une femme qui lui était inconnue ramasser les livres jonchant le sol, Alice entreprit d'en faire de même. Après tout, il choisissait des ouvrages qu'elle avait empruntés, et même sur un geste aussi bégnin, elle se sentait déjà mal à l'aise d'être redevable. yant receuillis les livres les plus proches, elle se dirigea vers un élève qui avait lui aussi participé au ramassage des livres. Comme elle s'y attendait presque, il ne s'agissait pas d'un Niar. Après tout, elle savait que ç'aurait été trop beau. Les élèves de sa maison se souciaient bien peu de ce qui arrivait à leurs camarades.

Lorsqu'elle se retourna, elle chercha des yeux Edward, son petit djiin bleuté, qui semblait s'être caché. Oh, et puis, elle aurait dû s'en douter. Il n'avait jamais été particulièrement dévoué. En revanche, cette femme inconnue semblait l'être, bien qu'Alice ne l'ait encore jamais vue. Sans doute un professeur, pourtant, elle aurait dû se souvenir de son visage. Celui-ci, fin et marmoréen et marmoréen était entouré de boucles irisées qui semblaient bien être la seule présence de couleur de ce qui semblait être un très élégant masque. Pourtant, sans qu'elle sache exactement pourquoi, la phoenix éprouvait une répulsion aussi naturelle qu'immédiate envers cette personne. Simple intuition, cette femme au températement visiblement froid ne maîtrisait certainement pas un élément qu'elle aimerait côtoyer.

Instinctivement, Alice ne put retenir un léger mouvement de recul, simple ralentissement lorsqu'elle s'était dirigée vers l'inconnue. Non, quelque chose lui disait qu'elle aurait beaucoup de mal à l'apprécier, au vu de l'appriori qu'elle ressentait. Remarquant qu'elle tenait encore une partie de ses livres, de même que Carthana, la Niar ne demanda pas à les récupérer. Brusquement, l'idée de chuter une deuxi-me fois par la faute de cette pile de lvires un peu trop élevée s'imposait immédiatement à son esprit. Tandis que l'inconnue posait une question, simple politesse qui pourtant arracha un très léger mouvement de recul à l'élève, celle-ci coula un regard vers Carthana. Mais après quelques secondes écoulées, Alice comprit que malheureusement, l'infirmière ne se déouverait pas pour répondre à cette question.


- Alice Liebërt... préfète des Niar.

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Carthana Banest
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MessageSujet: Re: Le retour d'une femme déchue [Libre]   Lun 13 Oct - 5:50

Carthana n’aurait su dire ce qui l’intriguait le plus : le fait qu’Alice l’ait reconnue d’un simple coup d’œil, malgré tous les changements, ou encore l’absence de questionnement de sa part. L’infirmière, qui n’avait jamais été vêtue autrement que d’une robe –pire encore, c’était toujours la même–, se retrouvait à présent protégée par une épaisse carapace de ce qui aurait aisément pu passer, à première vue, pour du métal. Son air vigilant avait été remplacé par un autre, étrange, qui semblait allier un air suspicieusement satisfait à un regard perçant, qui semblait mettre à nu tout ce qu’il croisait. D’autres détails pouvaient également mettre la puce à l’oreille des observateurs, et le plus important était certainement que Carthana était armée. Jamais auparavant elle ne s’était promenée dans le château avec une arme sur elle : certes, elle avait des poignards dans son bureau, mais elle ne les sortait strictement jamais de là. Mais à présent, elle avait une lance, serrée dans un étui de cuir, un arme tout juste assez longue pour ne pas être encombrante, mais qu’on ne pouvait pas vraiment rater.

La surprise d’avoir foncé sur l’infirmière avait dû déstabiliser suffisamment Alice pour qu’elle ne remarque pas tous ces menus changements, qui, une fois mis ensemble, transformaient Carthana en entier. La phoenix répondit qu’elle allait bien, d’une voix pas trop convaincue, mais ce fut amplement suffisant pour satisfaire l’infirmière –là aussi, il s’agissait d’un grand changement.

"Je t’aime bien, Alice. Tu es une bonne personne."

La traîtresse avait beau avoir vendu son âme à de bien obscures forces, elle restait bel et bien humaine. Et en tant que tel, les personnes à qui elle s’était attachée lui importaient toujours. C’est pourquoi elle avait parlé en toute sincérité : la Niar était bel et bien une personne avec un bon cœur, même si elle ne le montrait pas toujours, et Carthana l’avait remarqué. Pourquoi ne pas lui faire savoir, alors?

La miraculée ne put s’empêcher de soupirer légèrement, lorsqu’Alice se détourna pour aller chercher ses livres. L’horrible petit animal surexcité, responsable de tout ce gâchis, s’était enfui comme un lâche. Mais il avait beau être détestable, il gardait quand même compagnie à sa maîtresse. Quant à l’autre femme, elle était accompagnée d’un énorme loup –la pensée qu’il s’agisse d’une femelle ne lui avait même pas traversé l’esprit– à l’allure princière. Et puis elle, Carthana, qui avait-elle pour lui tenir compagnie? Plus personne. Elle était seule, et sur ses épaules reposait l’écrasant fardeau de détruire Maelthra Magthere à partir de l’intérieur. Pourtant, cette considération la quitta bien rapidement lorsque la troisième femme se présenta. Ëbène… Un nom qui convenait très bien à une femme qui paraissait cacher tant de secrets derrière un visage loin d’être impassible. Il fallut un long moment à Alice pour répondre, et l’infirmière ne se rendit pas compte de la révulsion habilement dissimulée de la phoenix. Ëbène était nécromancienne, c’était tout ce qui l’intéressait à présent. Un murmure mécontent parvint à ses oreilles, et une rage sombre, mêlée à une terreur froide, s’empara d’elle. Mais ces émotions ne lui appartenaient pas, elle le savait bien, aussi ordonna-t-elle mentalement "Silence!" à l’esprit du dragon bleu qui hantait son armure. Les sentiments de peur et de colère se rétractèrent bien vite, la laissant à son intérêt qu’elle ne cherchait même pas à dissimuler. Ses yeux brillaient d’intérêt, et aussitôt qu’Alice se fut présentée, Carthana n’attendit que quelques secondes avant de se lancer :

"J’ai longtemps cru que la nécromancie était une partie vile et abjecte de la magie. Je croyais qu’il s’agissait uniquement d’un art destiné à propager la mort et à en retirer plus de forces… Oh, je me rends bien compte à présent combien ce point de vue est né de l’ignorance. Il y a tellement plus à la nécromancie que cela! C’est la magie noire qui détruit ; la nécromancie, elle, crée."

Carthana ne se contenait plus vraiment : elle s’était lancée dans un court monologue passionné, qui devait avoir mis la puce à l’oreille de ses interlocutrices. Déposant sur le sol les livres qu’elle avait ramassés –elle constata avec satisfaction qu’elle avait la plus grosse pile–, elle continua, parce que malgré ses paroles enflammées, elle ne s’était toujours pas présentée.

"Là où la magie curative s’arrête, la nécromancie commence. Il s’agit là de deux opposés. Mais ne dit-on pas que les contraires s’attirent? Je trouverai moyen de concilier ces deux magies, de trouver ce en quoi elles se complémentent. C’est ce que je me suis donné comme but, et j’aurai amplement le temps, entre deux de mes patients, de découvrir comment accomplir cette tâche! Mais je m’emporte, à un tel point que j’en oublie mes bonnes manières... Je me présente, Carthana Banest, infirmière. Je suis enchantée de vous rencontrer, Ëbène."

C’étaient de bien beaux mots, qui étaient en partie vrais. Si Carthana voulait distraire les défenseurs de Maelthra Magthere pendant quelque temps, elle aurait bien besoin d’aide, chose qu’elle pourrait aisément obtenir à partir de l’invocation. Seulement, ce genre de magie impliquait certains risques, notamment que l’être invoqué la dénonce, alors elle préférait se tourner vers la nécromancie. Une petite armée de zombies à peine capables de parler serait beaucoup plus utile pour ses plans. Et maintenant, elle avait trouvé l’excuse parfaite pour que, en tant qu’infirmière, elle puisse s’intéresser à la nécromancie sans attirer trop d’attention. Mieux encore, elle avait une raison toute prête qui convaincrait même les plus suspicieux, s’ils se faisaient trop curieux. Mais qui sait, peut-être pourrait-elle trouver quelque chose d’intéressant dans le mélange nécromancie-magie curative? Et si tel était le cas, les cobayes ne manqueraient pas à l'infirmerie.
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Ëbène Hél'Sinisther
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MessageSujet: Re: Le retour d'une femme déchue [Libre]   Sam 25 Oct - 19:15

    Son regard portait à présent en lui la curiosité de savoir qui elles étaient. Les deux femmes ne répondirent pas immédiatement, se renvoyant un regard pour décider de qui parlerait la première. Enfin, l'une, la plus jeune, voyant que son aînée ne le ferait pas à sa place, se dévoua et prononça son nom et son statut au sein de l'école avec une révulsion qu'Ëbène n'eut grand mal à distinguer. La force obscure qui rugissait tout naturellement en elle ne devait pas lui plaire, mais ça ne faisait rien, la nécromancienne était habituée depuis qu'elle était arrivée ici. Certains s'en moquaient et cherchaient plutôt à regarder au fond - ce qui était presque impossible avec une femme telle qu'Ëbène - quand d'autres préfèraient éviter, simplement, par peur ou par rejet des magies sombres. Alice, tel était son nom, était sans doute dôtée du pouvoir d'un élément plus calme et plus lumineux que le sien. Ëbène avait regardée la jeune élève un court moment, ne voulant sans doute provoquer en elle plus de malaise, et se tourna vers la seconde, qui avait entreprit un monologue d'éloges envers la magie nécromante.

    Dès le prononcement de son statut, Ëbène ne s'était rendue compte de la fascination qui avait prise cette femme, intérieurement curieuse de connaître les subtilités de la Science des Morts. Elle opposa la magie noire à la nécromancie, et eut sans doute raison de le faire. Bien qu'intimement liées dans la noirceur, ces deux magies étaient fort différentes, et souvent les gens les mettaient dans le même panier. Ëbène s'était souvent servie par le passé de magie noire, mais sans véritable interêt, car sa magie de prédilection avait toujours été la nécromancie, plus noble et presque jumelle de son esprit. Carthana, lancée dans la seconde partie de son discours, mentionna la magie curative comme étant la sienne. Les temps étaient-ils si sombres pour qu'une magicienne de soins ne soit réduite à l'allure qu'aurait eu un guerrier à l'armure si noire ? Etrange, mais cette contraste plu aux yeux de la nordique. Ainsi, Carthana voulait trouver moyen de concilier deux magies à priori opposées. Curieux... Mais après tout, c'était vrai, un point commun existait entre elles.

    - Il n'existe sans doute qu'un lien qui puisse rallier ces deux magies. La Vie. L'une la ravive quand l'autre la redonne, un lien peut donc parvenir à les unir. Comment reste la question essentielle, car la nécromancie, bien qu'ayant malgré elle cette part de lumière, sait aussi se montrer cruelle lorsqu'elle reprend la Vie et l'asservie tel un esclave. Le tout est de connaître, simplement, l'âme de la personne qui en use.

    Carthana était, comme elle l'avait dit, enchantée de la rencontrer lorsqu'Alice en était intérieurement gênée. Le contraire esquissa un sourire sur les lèvres glaciales de la nécromancienne. Elle offrit un regard à son fidèle animal, toujours lové dans les délices de la pénombre, les yeux percant l'obscurité pour discerner la scène depuis son début. Leurs esprits connectés, elles s'échangèrent une pensée complice mais néanmoins parfaitement impossible à comprendre pour les autres tant leur language relevait de celui du vent, indiscernable et inaudible.
    Puis, quand un silence s'installa entre les trois femmes, Ëbène s'enquit de le chasser.

    - Alice, au risque de provoquer une nouvelle maladresse, je propose de t'aider à porter tout ces ouvrages à l'endroit où tu te rendais avant de croiser nos chemins. Sauf si, bien sûr, ma présence te gêne.

    Petite remarque légère pour souligner le fait qu'elle avait sentie la révulsion de la jeune fille, elle l'avait dit sans méchanceté ni moquerie, mais il était clair qu'un nouvel accident était fort probable si elle repartait avec tout ses livres en main. Si la Niar était cependant trop irritée par l'obscurité de ses pouvoirs, il en serait été ainsi, mais pour l'heure, Ëbène attendit simplement la réponse.
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Le retour d'une femme déchue [Libre]
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